CHAPITRE IV. 6l
heurs d'un demi-siècle? Disons , toutefois, qu'en ces déchirants spectacles, une chose au moins consolait l'humanité en l'honorant, c'était le courage des victimes. Tant d'injustices et d'atrocités faisaient jaillir avec éclat la fierté naturelle à l'homme; un dévouement magnanime s'y revêtait de formes assorties aux âges, aux sexes, aux caractères; l'innocence périssait avec une sensibilité douce ou avec une calme sérénité, et la vertu s'abimait avec orgueil dans ce gouffre de carnage. »
M. Daunou n'a jamais pu croire qu'un si effroyable régime ait été de nature à rendre à la patrie un service quelconque. Loin de penser, comme quelques historiens modernes , qu'il en était résulté pour la France la conservation intacte du territoire, il était profondément convaincu que si ce règne de sang, ces désordres de l'administration , ou plutôt cette absence de toute administration, les rapines qui en étaient la suite, se fussent prolongés de quelques mois, la pation courait à sa ruine la plus complète.
Mais ces excès mêmes étaient trop opposés au caractère national, pour que l'heure de la délivrance tardât à sonner, et , en effet, le 9 thermidor vit arriver la chute de Robespierre et de ses horribles satellites.
6a DOCUMENTS BIOGRAPHIQUES.