‹ Documents biographiques sur P.C.F. DaunouChapitre 43 sur 136 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

ajoute en effet : ce Nous avions cru devoir recher^ cher d'abord quelles étaient les limites naturelles de la loi dont nous avons à vous présenter le projet, et nous avons aperçu ces limites dans les droits individuels que la constitution vous ordonnait de respecter. Nous nous sommes dit : Liberté de l'éducation domestique; liberté des établissements particuliers d'instruction. Nous avons ajouté : Liberté des méthodes instructives ; car dans l'art de cultiver les facultés de l'homme , il existe un nombre presque infini de détails secrets qui sont tout à fait inaccessibles à la loi, non-seulement parce que dans leur extrême délicatesse ils n'ont point encore., si j'ose ainsi parler, d'expression dans l'idiome du législateur ; non-seulement parce qu'à l'égard de ces détails^ la fidélité ou la négligence des maîtres serait trop peu apparente, et qu'il n'est pas bon que la loi prescrive ce dont l'exécution ne pourrait pas être surveillée, mais surtout parce qu'il ne faut point consacrer et déterminer par des décrets, des procédés qui, entre les mains de fonctionnaires habiles, peuvent s'améliorer paF l'expérience de chaque jour. »

D'après le système de cette loi , il devait être établi dans chaque canton une ou plusieurs écoles primaires, dont les instituteurs devaient être nommés par les administrations de département, sur la présentation des administrations municipales. L'objet de l'enseignement comprenait la lecture, l'écriture , le calcul et les éléments de la morale.

Il y avait une école centrale par département.

L'enseignement y était divisé en trois sections. Dans la première section^ il y avait un professeur de dessin^ un professeur d'histoire naturelle ^ un professeur de langues anciennes , et facultativement, un professeur de langues vivantes; dans la deuxième section, un professeur d'éléments de mathématiques, un professeur de physique et de chimie expérimentales; dans la troisième section, un professeur de grammaire générale, un professeur de belles-lettres, un professeur d'histoire et un professeur de législation.

Les écoles spéciales étaient destinées à l'enseignement supérieur et à celui des connaissances nécessaires pour l'exercice des professions libérales.

V Institut national j qui couronnait ce vaste système d'éducation publique, était partagé en trois classes, subdivisées elles-mêmes en plusieurs sections. Les trois classes étaient : i ° celle des sciences physiques et mathématiques; a® celle des sciences morales et politiques; 3® celle de la littérature et des beaux-arts.

Nous dirons, dans les chapitres suivants, quelle part Daunou prit aux travaux de l'Institut.

Ce qu'on aura dé la peine à croire^ lorsqu'on a connu surtout les habitudes paisibles et toutes studieuses de Daunou, c'est que, comme membre du comité de salut public, il fut spécialement chargé de la direction des affaires de la marine : le commissaire du pouvoir exécutif, Piedon de Beaupréau, qui remplissait les fonctions de ministre de ce département, avait été placé sous ses

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