‹ Documents biographiques sur P.C.F. DaunouChapitre 46 sur 136 · CHAPITRÉ VI · texte numérisé non relu

CHAPITRÉ VI

mes par un très-grand nombre d'assemblées électorales. M. Daunou^ pour sa part, réunit vingt-sept nominations % et il fut placé dans le Conseil des Cinq-Cents.

Ce conseil ouvrit ses séances le 4 brumaire an iv. Daunou fut appelé immédiatement à Talonneur de le présider le premier (6 brumaire. — 28 octobre 1795).

Lorsque les deux conseils furent constitués, il s'agit d'organiser le directoire exécutif. C'était là une grande épreuve d'où devait dépendre la confiance que l'on aurait dans le nouveau gouvernement. Nous allons encore à cet égard emprunter les paroles de M. Mignet, parce que nous les savons conformes à la vérité. « L'attaque de vendémiaire était toute récente, et le parti républicain, redoutant surtout la contre-révolution, convint de ne choisir les directeurs que parmi les conventionnels, et de plus, parmi ceux qui avaient voté la mort du roi. Quelques membres des plus influents, du nombre desquels était Daunou, com^ battirent cette opinion qui limitait les choix et qui conservait un caractère dictatorial et révolutionnaire au gouvernement ^ ; mais elle l'emporta. Les

> Par les départeinents suivants : Côtes-du-Nord , Orne, Saône-* et-Loire, Sarlhe, Mont-Blanc, Cantal, Charente, Côte-d'Or, Illeet-Vitaine, Seine-Inférieure, Haute-Saône, Gard, Gironde, Seine* et-Oise, Finistère, Dordogne, Maine-et-Loire, Gers, Hérault, Meurthe, Aube, Calvadps , Lot-et-Garonne, Seine , Bas-Rhin, Pas-de-Calais , et Rhône.

> Thibaûdeau atteste aussi ce fait : « li y avait eu ia veille, dit-il, un diner au comité de salut public , où s'étaient réunis Daunou, Sieyès , Louvct , Berlier, Jean Debi7 , etc. , pour concerter une

conventionnels ëlus furent la Révellière-Lépaux , investi d'une confiance générale à cause de sa conduite courageuse au 3f mai • de sa probité et de sa modération; Sieyès, la plus grande réputation de l'époque; Rewbel, qui avait une grande activité administrative; Letourneur, l'un des membres de la commission des Cinq dans la dernière crise; et Barras , porté pour ses deux bonnes fortunes de thermidor et de vendémiaire. Sîeyès, qui n'avait pas voulu faire partie de la commission législative des Onze, ne voulut pas non plus entrer dans le Directoire. On ne sait si ce fut calcul ou antipathie insurmontable pour Rewbel. 11 fut remplacé par Carnot , le seul des membres de l'ancien comité qu'on eût ménagé à cause de sa pureté politique et de sa grande participation aux victoires de la république. Telle fut la première levée de directeurs ^ »

Nous ajouterons que Daunou, qui avait émis l'opinion , dans la commission des Onze, que l'on pût être nommé directeur à trente-six ans, qui aurait même voulu que l'on pût l'être à trente, si sa modestie ne lui eût fait craindre qu'on pût croire, dans le cas où il énoncerait cet avis, qu'il songeait à lui*, car il n'avait alors que trente-quatre ans,

liste. Ils y avaient porté tout ce qu'il y avait de plus exagéré dans la Montagne. Daunou ne Tadopta point. Elle ne passa pas. » Mémoires sur la Convention et le Directoire^ t. II , p. i.

I Hist. dé la Révolution , p. 548.

> Un autre membre de la commission des Onze fut moins modeste, car lorsqu'on discutait l'âge de quarante ans pour les directeurs, il lui échappa de dire : Mais je n'en ai qu> trente-huit!

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