‹ Documents biographiques sur P.C.F. DaunouChapitre 47 sur 136 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

n'augura pas favorablement du personnel du Directoire. La Rëvellière, sans doute, était un homme honnête et doux, mais il avait peu de portée dans les idées. Barras était de moeurs dissolues; Rewbel et Letourneur n'avaient pas déployé une bien grande capacité, Quant à Carnot, savant de premier ordre, ce n'était point une tête politique. 11 était à craindre que le pouvoir exécutif, confié à des hommes de cette trempe, n'eût pas l'homogénéité de vues ni l'ascendant nécessaires pour la consolidation d'un gouvernement nouveau; l'avenir a prouvé qu'il ne s'était pas trompé.

Daunou continua, au Conseil des Cinq-Cents, les efforts qu'il avait faits à la Convention pour assurer la marche régulière de la révolution, et la maintenir dans de justes limites. Mais l'entreprise était difficile , car ce faible gouvernement était incessamment ballotté au milieu des agitations auxquelles les partis se livraient autour de lui en cherchant à le renverser.

Nommé commissaire du Conseil des Cinq-Cents aux archives, M. Daunou lut, dans la séance du 3 pluviôse an iv (^3 janvier 1796), un rapport sur l'établissement d'une bibliothèque à l'usage du Corps législatif.

Principal auteur des lois constitutionnelles de cette époque, c'est à lui que les ministres recouraient dans les cas où l'application de ces lois leur présentait quelques difficultés. Le même motif lui fit faire, au Conseil des Cinq-Cents, un rapport sur deux référés du tribunal de cassation (séance

du 7 pluviôse an iv. — 37 janvier 1796), et un autre rapport sur une difficulté relative à la couiposilion de l'administration centrale du département de la Lozère (séance du 1 8 prairial. — 6 juin inéme année).

Daunou avait eu à souffrir des excès révolutionnaires de 1 793 ; emprisonné pendant quatorze mois, dévoué à une mort certaine si cette hideuse tyrannie se fût prolongée de quelques jours, il n'en sentit pas moins qu'il fallait de la modération après la victoire. Il s'opposa, comme nous l'avons dit, autant qu'il le put, aux réactions qui suivirent le 9 thermidor* Étant allé en congé à Boulogne, quelques mois après sa rentrée à la Convention, il y avait vu ses anciens partisans s'éloigner de lui, parce qu'il blâmailr hautement les persécutions que l'on faisait subir aux hommes qui étaient accusés d'avoir trempé dans les excès dont on venait d'être si heureusement délivré. Cette tiédeur que lui montraient ses compatriotes ne put altérer les dispositions de son âme si calme et si énergique. Constamment il s'opposa aux. mesures qui devaient frapper ceux qui l'avaient persécuté hiiméme. 11 ne tarda pas à trouver une occasion publique de manifester ses sentiments à cet égard.

Presque immédiatement après leur réunion, les conseils furent saisis de diverses propositions relatives à l'abrogation d'une loi du 3 brumaire, qui excluait des fonctions publiques les parents d'émigrés et ceux qui, dans les premières assemblées primaires, avaient provoqué ou signé des mesures contraires aux lois. Une autre proposition

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