CHAPITRE IX. a l
déjà bien étendues par elles-mémesy et qui à leur tour en-supposent quelquefois d'autres.
a L'histoire, la littérature et les langues, voilà ^ non pas sans doute des parties de bibliographie , mais des études qu'il faut avoir commencées avant delà cultiver et qu'il faut poursuivre en la cultivant. Elle en suppose les éléments, elle doit en aider le progrès.
« Ainsi l'ouvrage que j'entreprends, quoique élémentaire lui*méme, quoique plus destiné à propager les connaissances bibliographiques qu'à les agrandir, ne peut cependant être utile qu'à ceux qui ont suivi la plupart des cours dont l'instruction de la jeunesse se compose, mais surtout les cours de langues anciennes, de belles-lettres et d'histoire... »
a Voici, continue M. Daunou, l'idée que je me fais d'im cours de bibliographie....
a La partie technique doit renfermer des notions précises sur les principaux procédés typographiques ,*t]es explications claires de tous les termes usités en bibliographie.
« La partie historique doit offrir et distribuer, dans l'ordre des siècles, les principaux faits de l'histoire des peuples, des lettres et de l'imprimerie. •
« La partie systématique enfin a pour objet la classification des livres : elle doit présenter toutes les divisions et sous-divisions du cours lui-même.
«En effet, après ce troisième préliminaire, j'arriverai immédiatement à la description des livres, et, suivant la classification dont j'aurai
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exposé le système, je décrirai d'abord les livres de bibliographie, puis ceux qui composent sept grandes classes intitulées, Belles^le tires ^ Histoire, Philosophie^ Arts^ Médecine^ Jurisprudence, Théo^ logie; enfin ceux qu'on peut réunir pour Former des collections qui tiennent à la fois de ces sept classes et qui leur servent de suppléments. Un court traité des manuscrits terminera l'ouvrage. »
Après avoir envisagé les objets principaux et accessoires d'un cours de bibliographie, sa méthode et ses caractères, M. Daunou examine quelle doit être l'utilité d'un tel cours.
a Je sais, dit-il , ce que la petitesse de certains détails bibliographiques et des travaux de quelques bibliographes peut inspirer de prévention contre ce genre d'étude. On peut croire que des hommes si profondément occupés des enveloppes de l'instruction ne sauraient l'être assez de Tinstruction elle-même; et comme on voit qu'ils touchent ou parcourent beaucoup plus de livres qu'ils n'en lisent, on doit être enclin à les soupçonner de n'en étudier presque aucun. Mais je pense que cette censure, souvent tout à fait injuste , est encore trop sévère quand elle n'est pas sans fondement.
« Je ne parle pas de ces hommes qui semblent ne rechercher et n'entasser des livresque pour les soustraire aux gens de lettres, et qui transforment leurs riches bibliothèques en de fastueux et inutiles tombeaux, ne permettant à personne d'en faire l'usage dont ils s'abstiennent euxmêmes. Je ne parle pas non plus de ces amateurs
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magnifiques qui ne jouissent qu'en communiquant; possesseurs des plus fécondes sources de Tinstruction , ils n'y savent trouver pour leur compte que l'objet d'un vain amusement ou d'une ostentation puérile : ce goût-là , pourtant, parmi tant de goûts futiles, est peut-être le plus innocent; il suppose au moins de l'estime pour les lettres , de l'affection pour ceux qui les cultivent, et puisqu'il rend la richesse iributaire du génie, des talents, des arts, il mérite d'être compté parmi les circonstances qui animent et récompensent les progrès. Mais je soutietis que, pour l'ordinaire, le goût des livres prend un caractère plus raisonnable et plus grave , soit en général dans les hommes de lettres , qui tous l'éprouvent plus ou moins selon que leur fortune leur permet de s'y livrer, soit spécialement dans ceux que leurs professions ou leurs penchants consacrent aux études bibliographiques. J'ai déjà dit comment d'elles-mêmes ces études se rattachent à des connaissances du plus haut intérêt ; et il suffit de quelque impartialité pour reconnaître que c'est en effet comme le centre d'une érudition estimable et d*une critique judicieuse que la bibliographie se présente dans plusieurs ouvrages dont elle est rx)bjet principal... »
Puis, l'auteur termine ainsi son Discours préliminaire.
c( Les honîimes les plus célèbres dans l'histoire de l'esprit humain ont recueilli beaucoup de lumières avant d'en répandre. Us n'ont été les précepteurs de leurs contemporains qu'après avoir
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été les disciples des âges précédents. Aristote, Cicéron , Pline, Bacon y Leibnitz , Voltaire avaient fait d'immenses lectures. Aucun . d'eux n'a été l'élève d'un seul maître. Nous voyons même que les écrivains qui se sont concentrés avec génie dans un seul genre ont possédé du moins toute l'érudition de la science ou de l'art qu'ils cultivaient. C'est en étendant les connaissances qu'ils avaient acquises qu'ils sont devenus illustres, et utiles, et non pas redoutables ^ si ce n'est pourtant à l'erreur. Quant aux hommes dun seul livre, pour parler comme le proverbe, ou n'en rencontre guère qui soient formidables autrement que par beaucoup d'ignorance et encore plus d'obstination; dispositions qui, à vrai dire, sont quelquefois deux puissances bien capables d'inspirer quelque effroi.
«c Les derniers volumes de cet ouvrage ne contiendront qu'un simple catalogue bibliographique, accompagné, selon l'importance des articles, dénotes, d'analyses ou de descriptions, et suivi de tables chronologiques et alphabétiques des auteurs. Les premiers volumes offriront des considérations historiques et littéraires sur tous les genres de livres qui devront entrer dans le catalogue. »
On voit, par ces fragments du Discours préliminaire du Cours de bibliographie y 'comment M. Daunou envisageait un pareil ouvrage. Il en résuma les parties, dans le Mémoire sur la classi* ficntion des livres dune gronde bibliothèque, qu'il lu(, comme nous lavons déjà dit, a la classe des