CRAMAHÉ À DARTMOUTH
Québec, 13 décembre 177.
MizorD.—Je transmets ci-incluses à Votre Seigneurie des copies de deux pétitions signées par quelques-uns des anciens sujets de Votre Majesté résidant ici et à Montréal. Ces pétitions m'ont été présentées le 4 courant et je vous envoie en même temps copie de ma réponse datée du 11 de ce mois.
Il y a environ six semaines ou deux mois, un nommé M. MceCord venu du nord de l'Irlande, qui s’est établi ici peu de temps après la conquête et réussi à se créer dans le commerce en détail et surtout par la vente de liqueurs spiritueuses une très raisonnable aisance, a convoqué les principaux habitants protestants de cette ville dans une auberge, leur a proposé de demander une Chambre d’assemblée, de nommer onze membres pour former un comité qui devait étudier la manière de faire cette demande et préparer et régler pour eux tous les détails de cette question.
Ce comité dont M McCord a pris la direction a tenu plusieurs réunions et a adopté finalement le projet de transmettre une pétition au lieut.-gouverneur en Conseil et sur le refus de ce dernier, de s'adresser à Sa Majesté ; ce comité avait au préalable écrit à des concitoyens de Montréal pour les engager à appuyer la pétition.
Archives Canadiennes, Q. 10, p. 20-21.
? Archives canadienne, @. 10, p. 22.
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DOCUMENTS CONSTITUTIONNELS DOC. PARLEMENTAIRE No 18
M. MeCord s'est efforcé durant l'été et aussi
depuis la formation d'un comité, d'induire les Canadiens à s'unir aux
anciens sujets pour demander une Chambre d'assemblée ; il s’est servi à cette fin de tous les arguments dont il a pu disposer et s’est
adressé à un gentilhomme canadien de cette ville pour obtenir une traduction française du premier projet de pétition qui a été préparé, Les Canadiens de Québec et de Montréal craignant que j'intention des promoteurs du projet ne fût de les pousser de l'avant afin de faire agréer leur demande et de leur refuser ensuite leur part de privilèges, refusérent leur concours. Cependant les négociations à cette fin furent conduites de telle manière et les publications! de M. Maseres furent répandues avec une telle habileté qu'ils se crurent obligés de faire quelque chose, sans trop savoir « lieu aux pétitions qui ont été envoyées en Angleterre.
Il est à propos de faire remarquer que parini les signataires des ne sen trouve pas plus de cinq qui peuvent être proprement et que quatre de ces derniers ne disposent que de vale ceux qui possèdent des maiscns dans les villes de dans la campagne tenues du roi ou de seigne vance, est au-dessous de trente.
Dans ma réponse, * j'évite soigneusement de discuter le faire remarquer l'irrégularité de leur conduite. part et de les empêcher de transmettre leur pétition autrement que par la voie régulière, j'ai cru dans l'intérêt du service de Sa Majesté que ce moyen était le plus sûr. Or, je leur ai promis de transmettre à Votre Seigneurie le mémoire qu’ils ont l'intention de présenter à Sa Majesté. Une fois la chose accomplie et après qu’ils se seront un peu calmés, il; seront mieux disposés à accueillir ce que j'aurai peut-être l’occasion de leur communiquer privément à cet égard.
Toute cette affaire dériontre suffisamment la nécessité vernement de cette province le pouvoir dont il a besoin Pour agir avec diligence, Les Canadiens sont maniables et soumis, mais il y a lieu de craindre qui si l’état de choses actuel se prolonge il en résulte de mauvais effets.
À l'égard des Canadiens, la confirmation des lois concernant la propriété et les droits d'héritage, qu'ils désirent ardemment, leur donnerait he
aucoup de satisfaccion à tous et aurait pour effet de les attacher à la personne ïoye de Sa Majesté et au gouvernement.
omment, ce qui donna
deux pétitions, il appelés francs tenanciers urs insignifiantes, Le nombre de Québec et de Montréal ou des fermes urs en vertu du paiement annuel d’une rede-
sujet de la pétition et de Afin de prévenir toute excitation de leur
de transmettre au gou-
J'ai l'honneur d’être avec le plus profond respect, de Votre Se issant et le plus humble serviteur,
H. T. CRAMAHÉ
Comte de Dartmouth,
l'un des principaux secrétaires d'Etat de Sa Majesté.
igneurie, le plus obé-