‹ Documents concernant l'histoire constitutionnelle du Canada, 1759-1791 [microforme]Chapitre 299 sur 517 · EDOUARD VII, A · texte numérisé non relu

EDOUARD VII, A

Pour ma part, depuis mon retour dans cette province, j'ai dû regretter pour de boun raisons, d'avoir recommardé l'introduction de l'acte d'habeas corpus et des lois criminelles anglaises, Ces lois dont. on s’est fait une arme contre l'Etat, requièrent un esprit } plus élevé et une plus grande fidélité au prince qu'on en peu attendre de la populitio d'ici qui s'arroge le droit de diriger en toute occasion. Pour rendre cette coloni à la Grande-Bretagne, ce qui est certainement possible, il faut y réintroduire |: criminelle français et tous les pouvoirs dont jouissait son gouvernement.

Nos communications avec les autres provinces sont entièrement interceptées e1 courons le risque de nous voir priver de l'argent nécessaire pour défrayer les dép: ordinaires et extraordinaires requises ici pour le service, car à cette saison de l'a les courtiers de change et ceux qui font le commerce, ont l'habitude de se procut montants d'argent considérables de New-York et de Philadelphie, endroits avec lesque! nous n'avons pas de communications. Le gouve’nement bénéficierait beaucoup de l'envo de quinze ou vingt mille livres aussitôt que possible, car celui-ci doit perdre considerahle ment par suite des taux peu élevé du change qui semblent devoir baisser tous les jours Serait-il possible d'obtenir une partie de ce montant en pièces d’un dollar et l'autre partie en petites pièces d'argent, car ces pièces devenues très rares dans la province, v seraient très utiles.

Je suis avec beaucoup de respect et d'estime, de Votre Seigneurie,

le plus humble et obéissant serviteur,

GUY CARLETON

Comte de Dartmouth, l’un des principaux secrétaires d'Etat de Sa Majesté, 8 juin.

P.S. Depuis que j'ai écrit ce qui précède, j'apprends que les rebelles sont retourne: pres de Saint-Jean où ils ont établis leurs quartiers et qu'ils ont à leur disposition

sloop du roi et la goélette du major Skene bien armés ainsi que plusieurs bateaux. Bien que je n’aie pu encore connaître exactement leur nombre et leurs intentions, il y à lisi de croire, d'après les renseignements incomplets obtenus jusqu’à présent, qu'ils sont plus nombreux que lors de leurs premières incursions,

CRAMAHE A DARTMOUTH!

QUÉBEC, 21 sept. 1772.

Mizorp, —Je suis peiné de transmettre à Votre Seigneurie la désagréable n° d'un événement regrettable survenu au commencement de ce mois. En appren: proche de l’armée des rebelles, le général Carleton est parti en hâte pour Mont: sept courant les rebelles sont débarqués dans les bois près de Saint-Jean c: repoussés jusqu'à leurs embarcations par un parti de sauvages campés à cet Ceux-ci ont fait preuve de beaucoup de courage et de fermeté lors de cette renc:

lArchives canadiennes, Q 11, p. 249. Cette lettre et celle du juge en chef He y, publiée c fournissent deux versions sur les conséquences inattendues de l’Acte de Québec. Dans l'int: Dartmouth croyait, d'après l'assurance que lui en avait donné Carleton, qu'il y avait lieu de <a] Québec pour la protection des intérêts britanniques sur le continent dès que les lois françaises de gonv ernement français seraient rétablis et que la noblesse et le clergé auraient re trouve cendant ;'aussi lorsque la crise se produisit à Boston iléerivit à Carleton le 1° juillet 1775 la Louauté et la fidélité de ses sujets canadiens ct sur leur aide pour supprimer la rébellion ;

plaisir de Sa Majesté qu ‘immediatement après avoir reçu cette lettre vous vous occupiez dc for de 3,000 Canadiens, si vous n'y vouez pas d'empéchement, pour servir dans l énfanterie légrre, séparé ou conjointement avec les autres Say t de Su Muÿesté, tel que vous le jugerez le plus op} avoir pris l'avis du général (r Q Après avoir de Gage des nouvelle se nc M mantes, Dartmonth t de à : es dés trouvé à propos que le nombre de recrues qu'il a été proposé de lever au | Canada, soi doublé te de Su Majesté que Le nombre de 3,000 hommes que vous avez été autorisé à lever par ma lettre 4 soit porté à 6,000 ; et pour cette raison j'ai donné des ordres en vue d'obtenir une augmentation pro} d'armes, d' habillements et d'équipewents, Q 11. p. 152.

DOCUMENTS CONSTITUTIONNELS 435 DOC. PARLEMENTAIRE No 18

s'ils ctaient restés attachés à notre cause, il est probable que la province n'eût pas couru de danger cette année, mais après avoir constaté l'aversion des Canadiens en général à prendre les armes pour la défense de leur pays, ils se sont retirés et sont restés inactifs.

Après leur défaite, les rebelles se sont retirés à l'ile aux Noix d'où ils ont continué

qu'à dernièrement à faire sortir quelques détachements et à envoyer de nombreux émissaires pour débaucher les Canadiens et les sauvages déjà bien préparés par les cabales et les intrigues des deux dernitres années ; et ces émissaires se sont acquittés de leur tâche avec trop de succès, Nous savions que les rebelles avaient été renforcés, et même considérablement, je suppose, Puisqu'ils se sont montrés en grand nombre près de Saint- Jean, dimanche dernier au soir. Où et quand sont-ils débarqués, et que s'est-il passé depuis? Les renseignements à ce sujet sont incomplets, car si je suis bien informé, les comiiunications avec les forts de Saint-Jean et Chambli sont complètement interceptées,

On 4 eu recours sans succès à tous les Jnoyens pour amener le paysan canadien au sentiment de son devoir et l'engager à prendre les armes pour la défense de la province, Mais justice doit être rendue à Ja noblesse, au clergé et à la plus grande partie de la bourgeoisie qui ont donné de grandes preuves de zèle et de fidélité au service et fait de grands efforts pour faire entendre raison aux paysans infatués. Quelques troupes et un ou,deux vaisseaux de guerre auraient, suivant toute apparence, prévenu cette défection générale.

Quelques-uns des anciens sujets du roi se sont joints aux rebelles et il est à désirer que tous ceux qui ont de la sympathie pour la cause de ceux ci, eussent suivi leur exem. ple : notre situation n’en serait que plus sûre. Vous trouverez ci-jointe la copie d’une lettre de l’un d'eux, qui a été interceptée 1, J'apprends que quelques Canadiens se trouvent avec les Bostoniens sur toutes les routes,

Le vaisseau auquel cette lettre sera confiée, doit partir de bonne heure demain et je n'ai pas le temps d'écrire longuement. Nous ne pouvons compter que sur quatre-vingts hommes des recrues du lieutenant-colonel Maclean, sur vingt hommes des fusilliers et une milice composée d'habitants de ]n ville pour défendre celle-ci et réparer les brèches des fortifications. Le général Carleton qui est encore à Montréal, n'a pas reçu un mot de vous depuis le 15 avril et il est aussi sans nouvelle du général] Gage depuis le 3 juillet dernier,

J'ai l'honneur d'être avec le plus grand respect, de Votre Seigneurie, le plus humble et obéissant serviteur, ,

H. T. CRAMAHEÉ, Comte de Dartmouth, l'un des principaux secrétaires d'Etat de Sa Majesté,

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