ADRESSE DES CITOYENS CATHOLIQUES ROMAINS AU ROI
(Copie)
LA TRÈS HUMBLE ADDRESSE DES CITOYENS ET HABITANS CATHOLI- QUES ROMAINS DE DIFFERENTS ETATS DANS LA PROVINCE DE QUEBEC, EN CANADA.
Au Ror.
Sire,
Les Bontés dont Votre Cœur Royal et Généreux a pris plaisir à combler \os fideles et loyaux Sujets Canadiens, les Démarches actuelles et prematurées de \os Anciens Sujets residents dans notre Province, et le petit Nombre de Nouveaux qui st sont joint à eux, nous font esperér que Votre Très Gracieux Majesté nous permettra ile nous prosterner derechef au Pied de son Trône, pour implorer Sa Bienfaisance €: Ni Justice.
Dans les Addresses qu: nous avons pris la Liberté de faire passer a Votre Majesté Deux Objets ont eu VUnanimité de nos Con-citoyens ; la Religion de nos Pères etoit pour Vos Nouveaux Sujets, comme pour tous Îles Peuples du Monde, le Point essentiel de nos Demandes. Animés de cette Confiance, que la “ténérosit:
notre Souverain nous inspiroit, nous espérions, et nous espérons que Votre Majesté nous accordera les Moyens nécessaires pour la perpétuer . ..? Colonie Vous avons, Très Gracieux Souverain, un Besoin urgent de Prètres umplir les
tta
Seminaires et Missions de notre Provines ; des Rézents et des Pre ssseurs de Classe, et de toute autre, nous marquent: Nos Collèges sont deserts ; de ce Defaut pro vient l'Iynorance, et delà la Depravation des Murs. C’est un Peuple soumis. ün Peuple fidele, qui attend de Votre Clémence Royale L. Liberté de tirer de l'Europe des Personnes de cet Etût.
Le second Objet, Très (racieux Souverain, étoit, que sous quelque Forme Gouvernement qu'il plairoit à Votre Majesté établir en cette Province, Vos Sujets Canadiens Catholique jouissent indistinctement de tous les Priviléges, Immunites, et Prerogatives dont les Sujets Britanniques jouissent dans toutes les Parties du (:lobe soumises à Votre Empire. De ce second Objet S'ensuivoit notre Desir le r'us ardent de Voir dans le Conseil Legislatif de notre Province un plus grand Ne de vos nouveaux Sujets Catholiques, proportionnement à celui qu'ils composent ; de Personnes expertes dans nous Coûtumes, qui devant naturellement mieux connoître nos Loix municipales, nous en feroient plus efficacement ressentir les Avantages suivant les Intentions Royales de votre Majesté, qui nous les à Octroyé,
.. } Archives canadiennes, 4. 62 A—1, p. 297. Cette pétition n'est pas datée ni suivie des noms de signataires, mais elle date évidemment de cette période et, :1n8 nul doute, c'est elle que mentionne la note de l'imprimeur à la fin du document précedent comme ayant été publiée concurremment à celui ti
ler
x qui se
ettra de
unités, et lu (lobe 1s ardent
de vos ersonnes nos Loix ivant les
s noms des entionne la celui ci
DOC. PARLEMENTAIRE No 18
Une Colonie naissante, un Peuple très imparfaitement instruit des Loix et constitu tions Britanniques, ne croit pis devoir inconsiderément demander des Loix et Coûtumes à lui inonnu»s ; il doit, au contraire, et telle et l'Opinion de Vos Suppliants, S'en rapporter entiersment à la Bienveillance de Son Auguste Souverain, qui fait mieux le Gouvernement qui convient à ses Sujets, et les Moyens les plus propres à les rendre heureux.
Qu'il nous soit permis seulement d'assurer Votre Majesté que nous ne participons en aucune Manière aux Demandes de Vos Anciens Sujets, conjointement avec quelque Nouveaux,' dont le Nombre, en Egard à celui qui compose notre Province, ne peut avoir beaucoup d’Influence.
Que la Majeure Partie des principaux Propriétaires de notre Colonie n'a point été consultée.
Qu'il Vous plaise, Très Gracieux Souverain, considerer que la Chambre d'Assemblée n'est point le Voeu unanime, ne le Desir général de Votre Peuple Canadien, qui par sa Pauvreté, et les Calamités d'une Guerre recente, dont cette Colonie a été le Theâtre, est hurs d'Etat de supporter les Taxes qui en doivent nécessairement resulter ; et qu'à bien des égards leur ?etition paroit contraire et inconsistante avec le Bonheur de Nouveaux Sujets Catholiques de Vôtre Majesté.
C'est pourquoi, Très Gracieux Souverain, nous Vous supplions, qu'en Consideration de la Fidelité et Loyauté de Vos Sujets Canadiens, dont leur ancien (Gouverneur, Sir Guy Carleton, a eclairé la Conduite dans les Circonstances les plus critiques, il soit permis à nos Evèques Diocesains de tirer d'Europe les Secours Spirituels ; qui nous sont si indispensablement nécessaires, que le libre Exercise da notre Religion soit continué dans toute son Etendue, sans aucune Restriction, que “os Loix Municipales et Civiles uous soient conservées dans leurs Entier ; et ces deux Points, avec les mêmes Prérogatives: dont nos Pères et nous jouissions avant la conqñete de ce Pays par les Armes Victorieuses de Votre Majesté; que Vos nouveaux sujets Catholiques, qui forment les Dixneuf-Vingtieme de cette Province ayent à l'avenir, en Proportion de cette Nombre, une plus grande Part à la Distribution de Vos Faveurs Royales. Et que dans le Cas que Votre Auguste Volonté fût d'acquiescer aux Demandes de Vos Anciens Sujets conjointment avec quelques nouveaux, il vous plaise surssoir Votre Decision Royale jusqu’ a ce que tous les Corps et Etâts qui composent notre Colonie ayent été générale ment et légalement convoqués, ce que la Saison trop avancée nous empéche de faire en ce Moment ; afin que par ce Moyen le Voeu unanime de notre Nation puisse étre transmis à Vôtre Majesté.
C'est que Vos fideles et loyaux Si'ats Canadiens, fondés sur Droit Naturel, et plus encore sur Vos Bontés Paternelles, espérent humblement obtenir de leur Tres Gracieux Souverain: Ils ne cesseront de prier pour la Conservation de Sa Personne Sacrée, pour son Auguste Famille, et la Prosperité de ses Royaumes. Tels sont les sentiments qui les font souscrire avec le profond Respect.
Sire
De Votre Majesté
Les tres-humble, trés-obeissants Fideles
et loyaux Sujets.
Faisant allusion à la pétition du 24 novembre 1784. Voir p. 482.
“tte expression et quelques autres dans le document sembleraient indiquer que cette petition a tte bréesentee par la noblesse et le haut clergé.
496 IRCHIVES CANADIENNES