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Dans cette partie du monde, les Français se sont occupés uniquement du commerce de fourrures et ne se sont jamais de tout cœur et sérieusement adonnés à la pêche. Cette industrie ne fut guère exercée que par des aventuriers venus des ports de France : néanmoins, une certaine quantité de poisson ainsi que du bois de construction et des provisions furent exportés aux îles françaises. Si la pêche et l’agriculture avaient reçu dans ce pays l'encouragement nécessaire, il en serait résulté un développement considerable du commerce, mais malheureusement tout était monopolisé par quelques particuliers avec la connivence et l’aide des chefs dont l'unique ambition était de s'enrichir par tous les moyens. L'intérêt de l'Etat ne pouvait manquer d’être sacrifié en toute oc‘asion.
D'après les meilleurs renseignements que nous avons pu obtenir, il appert que la valeur des fourrures exportées en 1754 et 1755, basée sur le montant de droits payés sur ces articles, a atteint les chiffres ci-dessous :
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Cependant, les trafiquants les plus expérimentés estiment que la moyenne des exportations, bon an mal an, a été d'environ £140,000 par année.
Le montant d'exportation pour les deux années ci-dessus est loin d’atteindre ce chiffre, mais il est probable qu’une partie considérable des fourrures exportées en 1754 et 1755 a été omise dans le calcul qui a été obtenu, car les importations pour la même période s'“lèvent à :
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(b) N°7, indique les variétés de fourrures et les prix de Québec. (e) N°7, D° p. 46
(d) N°8, Importations st exportations de 1754, p. 46
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DOCUMENTS CONSTITUI IONNELS DOC. PARLEMENTAIRE No 18
Il s'ensuit donc qu’il est non seulement probable mais tres présumable que dans le commerce de fourrure comme dans toi s les autres branches de l'administation, le public était mal servi. Les livres des bureaux de douane qui me sont tombés sous la main sont confus et sans ordre, au point que le défunt M. Farrant envoyé par les lords de la trésorerie pour étudier la situation commerciale de la colonie, n’a pu en retirer que peu de renseignements malgré son expertise et son habileté dans ce genre de transactions,
La Compagnie française des Indes Orientales jouissait du privilège exclusif de l'exportation du castor. Elle avait dans chaque gouvernement un agent qui remplissait les fonctions de directeur et de contrôleur. Un prix fixé était payé pour cette fourrure (a): quatre-vingt sous la livre pour le castor d'hiver (peaux vertes) et vingt sous et dix “ols pour le castor d'été (peaux préparées). Les officiers de la compagnie donnaient des reçus pour la quantité de fourrures apportées dans leurs magasins : ces reçus avaient cours dans la colonie comme l'argent monnayé. Au mois d'octobre les agents tiraient des lettres de change sur la compagnie pour Je montant de reçus apportés à leurs bureaux. Ces lettres de change furent toujours plus estimées que celle tirées sur le trésor royal.
Les provinces de New-York et de Philadelphie partagent aujourd'hui avec le Canada une grande partie du commerce de fourrures que faisaient autrefois les Français, mais la proportion de ce commerce que s'était accaparé le gouvernement de Québec dut nécessairement rester ici et sans changement.
Les renseignements ci-dessus sont fournis en vue de donner un aperçu du commerce du Canada sous la domination française, tandis que sous l'administration bienfai. sante et douce de Sa Majesté le commerce devra prendre des proportions beaucoup plus considérables,
l”.-—I1 est possible d'établir une immense et importante pécherie à la morue dans le fleuve et le golfe Saint-Laurent qui, avec le temps, deviendrait une source inépuisable de richesses et de puissance pour la Grande-Bretagne. Des établissements pourraient être formés dans le voisinage des endroits avantageux pour la péche où ceux qui ont des inclinations et des aptitudes pour ce métier seraient invités et encouragés à venir s'installer, De la sorte, une riche et considérable étendue de terre sur l& rive sud du Saint-Laurent se peuplerait et s'améliorerait ; un ou plusieurs ports s'ouvriraient et se muniraient des matériaux nécessaires à la réparation des vaisseaux avariés par la tin. pète ou par les accidents auxquels est exposée la navigation sur des mers :i étroites. Une organisation de ce genre diminuerait les risques et augmenterait les revenus du commerce dans cette colonie,
Il est aussi à considérer que le poisson pris sur les côtes et dans les baies est bien supérieur à la morue des bancs, et détient un prix plus élevé sur les marchés étrangers, En outre, les pêcheurs se trouvant sur les lieux commenceront à faire la pêche dès que la saison le permettra pour la continuer jusqu’à l'extréme limite de l'automne ; de cette façon, le commerce sera augmenté des produits de deux mo: qui présentement signifient des dépenses considérables et ne rapportent pas le moindre profit.
2°.—Après la pêche à la morue, la plus importante est la pêche à la baleine qui peut être faite très avantageusement dans le fleuve Saint-Laurent et avec moins de risques que dans les autres mers où se trouve ce poisson. Je mentionnerai en même temps la chasse aux veaux marins et à la vache marine qui abondent dans ces parages,
La pêche à la baleine permettrait d'exporter annuellement en Angleterre une quantité immense d'huile et de fanons.
3°.— Il y a sur la côte du Labrabor plusieurs petites rivières, dans lesquelles le stumon abonde ; la pêche de ce poisson conduite avec eneruie et compétence, pourrait servir avant longtemps et avec grand avantage les intérêts des commerçants anglais.
4°.—Les meilleurs renseignements que nous avons pu sbtenir nous montrent que les chantiers maritimes de Sa Majesté pourraient se munir ‘le mâts à Chambly plus facilement et à meilleur marché qu'à la Nouvelle-Angleterre où il faut les transporter en voiture à une distance de Plusiours milies pour les jeter ensuite dans une rivière
(4) La compagnie déduisait cinq pour cent sur le prix ci-dessus payé au vendeur.