EDOUARD VII, A
La principale source de revenus dont ils ont abusé est celle provenant des mines de fer et des forges situées sur le haut de la rivière Saint-Maurice à sept milles environ en arrière de la ville de Trois-Rivières.
Cet établissement se compose d’un fourneau et de deux forges construits sur un petit cours d'eau qui ne gèle jamais et qui se décharge dans le Saint-Maurice au moyen duquel il est facile de transporter le fer en bateau aux magasins de Trois-Rivières, pour l’expédier ensuite de cet endroit à Québec où à Montréal. Il y a en outre, une grande maison de pierre à l'usage de ceux qui dirigent les travaux et quelques constructions en bois pour ceux qui font le travail.
La mine qui a alimenté les forges jusqu'aujourd'hui est située tout près de la surface du sol dans un terrain bas et marécageux, et s'en trouve éloignée de sept à huit milles. Aueun chemin n'a encore été construit entre la mine et les forzes, car on avait l’habitude de transporter le minerai sur des traineaux durant l'hiver ; cependant il serait facile de construire un bon chemin entre ces deux endroits.
La qualité du fer obtenu de ce minerai est tellement supérieure, que d’après les dernières expériences faites par ordre de Son Excellence le général Ambherst, cet article a été trouvé préférable à n'importe quel produit en Amérique, et, même à celui importé de la Suède.
Cette mine fut ouverte en 1732 et fut concédée en 1736 à ur e compagnie à laquelle le roi fit un prêt de 3,000 livres sterling environ. La compagnie s'engageait à fournir au roi tout le fer dont il pourrait avoir besoin à raison de deux dollars et demi par cent livres, alors que le fer en barre ne se vendait jamais moins de six à sept dollars dans cette colonie. Les extravagances de la compagnie et l'engagement de fournir du fer au roi à un prix aussi peu élevé, furent cause que quelques années après, elle abandonna sa concession et se déclara incapable de rembourser la somme empruntée de Sa Majesté.
En 174?, le roi reprit possession de la concession et se chargen d'exploiter lui-même les forges qui, à partir de cette date, furent entièrement sous la direction de l’intendant.
Les travaux furent alors exécutés sur une plus grande échelle et la mine produisit le minerai en quantité plus que sutlisante. En 1746, le seul fourneau installé à cet endroit, produisit [sie] 1,1100,523 livres de fonte qui fut convertie en 500,000 livres de ter pur, sans compter le coulage d'un grand nombre de poéles et de pots. Nonobstant un rendenent aussi considérable, le grand nombre d'employés inutiles, savoir : un directeur, un coutrôleur, un fournisseur de provisions et de fourrage, plusieurs contre-maitres, un chapelain, etc., auxquels on payait des salaires élevés ainsi que le peu de soin apporté à l'amélioration des terres destinées à produire l'avoine et le foin qu'on était obligé d'aller acheter à de grandes distances et de payer très cher, sans compter les fraudes commises par l’intendant chargé de payer toutes les dépenses, rendirent onéreux pour ja couronne cet établissement qui aurait pu lui être profitable,
Toutes les constructions, les machineries et les instruments sont aujourd’hui en ruine et ont besoin de grandes réparations ; cependant, les ressources naturelles sont toujours là et une autre mine située sur l’autre côté de la rivière Saint-Maurice, à trois milles environ des forges, pourrait être exploitée en même temps que l'ancienne. En outre, il existe une carrière de pierre calcaire à une distance de huit milles sur le haut de la rivière Saint- Maurice et du bois absolument nécessaire à la fonte du minerai aux alentours de l'établissement. Deux autres forges et un autre fourneau pourraient êtres installés sur le même petit cours d'eau sans entraver les moyens et l'activité du premier établissement. La couronne retirerait de grands avantages à améliorer cette indastrie qui fournirait à la marine de Sa Majesté un excellent fer pour la construction de vaisseaux.
Bien que ce gouvernement soit abondamment pourvu d’excellent bois pour la construction de vaisseaux et de mâts, la grande facilité avec laquelle on se procure les maté: riaux de ce genre au lac Champlain, ôte de la valeur à l'exploitation qui pourrait en ètre faite ici. L'expérience a démontré que les terres sont également propres à produire d'abondantes récoltes de chanvre et de lin. Des corderies à lin pourraient être établies dans plusieurs paroisses de ce gouvernement et un bureuu pour l'achat de la corde ou du chanvre pourrait être installé à Trois-Rivières.
Les bois sont remplis de pins qui peuvent produire de la poix en abondance et toutes sortes de gommes l'érable et l'érable rouge s'y trouvent aussi en grande quantité.
DOCUMENTS CON STITUTIONNELS
DOC. PARLEMENTAIRE No 18
A l’époque du dégel les habitants fabriquent au moyen de ces arbres une £rande quantité de sirop et en obtiennent par l'ébullition une sorte de sucre grossier, pour leur propre usage. 11 serait possible d'obtenir une quantité beaucoup plus considérable de ce sucre si lon croyait avantageux d’en augmenter la production.