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Pour mettre fin aux désavantages et aux abus dont les Anglais et les Français ont eu à souffrir sous le rapport de l'administration du commerce avec les sauvages, Je ne connais pas de meilleur moyen que de désigner un certain nombre de postes qui seront les seuls endroits où les commercçunts auront le privilège de faire le trafic ; et d'abolir tous les petits postes.
Je crois que les cinq postes ci-après mentionnés permettront aux sujets de Sa Majesté de faire le trafic avec toutes les nations sauvages eonnues et qui avaient l'habitude de trafiquer avec les Français, savoir: Aanamistigona sur le lac Huron ; Hiehili makinac et baye des Puants, sur le lac Michigan ; Le Détroit et Houilliatanon sur le Ouabache.
Un faible détachement de troupes sous les ordres d'officiers compétents devrait staticnner dans chacun de ces postes. Les ofliciers devraient être exclusivement ou conjointement avec d'autres personnes résidant à ces endroits, munis du droit d'y exercer la justice. Les distances immenses qui séparent quelques-uns de ces postes des endroits habités, sufliraient seules à justifier cette mesure et il est facile de réaliser les grands avantages qu'on en rctirerait. La présence des troupes mettra fin à l'insulence des sauvages et les subterfuges et les artifices employés par les commerçants pour frauder ces derniers seront immédiatement punis. De tels moyens ne manqueront pas de con. vaincre les sauvages de notre intégrité et des bonnes intentions de Sa Majesté à leur égard et de faire cesser en même temps les disputes et les querelles avec eux. Les moyens que je viens de proposer me paraissent les plus propres à mettre en pratique à l'égard du trafic dans les endroits éloignés ; ils permettront de plus de maintenir et de faire observer tout règlement qui sera mis en vigueur au sujet de ce genre de commerce.
DOCUMENTS CONKTITI TIONNELS 57 DOC. PARLEMENTAIRE No 18
Le compte rendu (n° +) contient les droits divers imposés sur les marchandises importées au Canada et sur les exportations de fourrures ; il renferme aussi un calcul approximatif de la moyenne “communibus annis ”, des revenus réalisés par le roi de France dans toute la province du Canada, provenant des exportations et des importations, de l’affermage des postes et de diverses autres sources de profits réalisés au Canada pour le compte du roi. Vous trouverez aussi dans ce compte rendu le montant des dépenses annuelles du Canada sous le gouvernement français en temps de paix. Vous constaterez que parmi les exportations, le castor dont la Compagnie des Indes avait le commerce exclusif ne payait pas de droits. Il m'est impossible d'établir sûrement que le roi de France retirait certains profits à l’arrivée du castor et des autres fourrures aux ports de France, ou si la couronne retirait des avantages à laisser le com. merce du castor exclusivement dans les mains de la Compagnie des Indes, Personne ici ne peut me donner des renseignements précis à ce sujet,
La possession du Canada permettait au roi d'empêcher l'expansion des colonies anglaises, lui assurait le commerce de fourrures et ouvrait un débouché aux produits de la métropole : tels étaient les seuls à antages immédiats et de réelle importance que le monarque français retirait de cette colonie. Il calculait sans doute aussi, que ce pays avec le temps fournirait à la France du chanvre, des cordages, du fer, des mâts et en général tout ce qui est exigé pour la marine.
En général le peuple semble assez bien disposé à l'égard de ses nouveaux maîtres. La crainte de perdre son Papier-monnaie et la différence de religion constituent les seule motifs d'inquiétude que j'ai pu découvrir, Quant à la circulation de ce papier-monnaie, je comprends qu’elle a également lieu dans les autres colonies françaises et je ne puis croire que la France paiera les lettres de change provenant de ses autres colonies à l'exclusion de celles du Canada. Les Canadiens seuls souffriraient de cette exclusion, car les lettres de change canadiennes sont pour la plupart entre les mains des marchands français et ce qui en reste Pourrait étre envoyé en France sans que personne puisse découvrir si le propriétaire est Français ou Canadien. Le peuple ayant joui du libre exercise de sa religion depuis la capitulation du Canada, ses craintes à ce sujet ont beaucoup diminué mais il existe encore un sentiment de Julousie. [l'est à espérer que cette inclination disparaîta avec le temps et il faudra certainement c mpter beaucoup sur le clergé pour opérer ce changement. Peut-être qu'il sera à propos plus tard de prendre les moyens de confier la charze des eures à des prètres bien intentionnés. Aussi longtemps que le Canada sera desservi par des prêtres envoyés des séminaires de France dont ils dépendent et à qui ils doivent obéissance, le gouvernement britannique ne pourra compter sur l’atta chement et l'affection de ces prècres et de ceux qui subiront leur influence, tandis que dans des circonstances différentes, la tutelle bienfaisante de Sa Majesté ne manquerait pas de gagner l'affection des Canadiens comme celle de ses autres sujets,
À l'exception de ceux qui exerçaient des charges civiles «: militaires sous le règne du monarque français, personne n’a quitté ce gouvernement pour pisser en France, Je 6 crains pas non plus de voir aucune émigration se produire lors de la conclusion de la paix, car je suis persuadé que les habitants actuels resteront sous la domination anglaise, le n'en connais pas qui se prépare à quitter co Souvernement ou qui en ait manifesté l'intention ; queiques femmes dont les maris sont en France se proposent peut-être d'aller les rejoindre à la conclusion de la paix, si ceux-ci préférent ne pas revenir au Canada,
Comme je n'ai pu trouvé nulle part une description distincte et connue du publie, des limites entre le Canada et la Louisiane, je ne puis que vous transmettre lopin! 1 géné. rale à l'égard des frontières du Canada et y ajouter mes observations personr 4 bu: es sur le commerce qui à été de tout temps fait par les Canadiens sous la direct: 66 aie la permission des gouverneurs français, En conséquence, je crois que non seu.einen: es lacs dont la propriété est indiscutable, mais tout le cours du Mississipi depuis seu embouchure jusqu’à sa jonction avec l'Illinois, était considéré par les Français comme parües intégrante du gouvernement du Canada.
Le peuple de la Louisiane commerce sur la rivière Missouri et je ne puis constater que les commerçants de cette province aient remonté le Mississipi plus loin qu'a l’em. bouchure de la rivière Illinois, tandis que les commerçants du Canada ont constamment trafiqué au-dessus de l'Illinois, de leurs postes du lac Michigan, meme à la hauteur de la
rivière Sanite-Croix et des chutes de Saint-Antoine. De plus, le commerce avec les sauvages duMississipi, rendait seul le poste de la baie des Puants très profitable, La rivière Jllinois comprise autrefois dans les limites du Canada fut annexée à la Louisiane, après quelques disputes entre les gouverneurs, Une ligne s'étendant du portage vers le sud-est et passant entre la rivière Illinois et les eaux qui se jettent dans le lac Michigan vous conduit au poste de Houilliatanon sur la Ouabache à une distance de quatre-vingts lieues en descendant la rivière, calculant de l'endroit où les bateaux sont lancés après avoir traversé le portage de Miamis.
Le poste de Houilliatanon, le dernier que le Canada possédait dans ces parages, servait certainement de frontière, A soixante lieues plus bas, se trouve le noste de Vincenne au service des commerçants de la Louisiane et qui servait de frontière à cette province. Voilà en somme, les meilleurs renseignements que je puis vous transmettre concernant les frontières, et la description que je viens d'en donner est considérée comme indiquant les véritables démarcations entre les deux provinces.
Maintenant que j'ai répondu aux différentes questions contenues dans la lettre de lord Egremont, après avoir fait les plus sérieuses recherches, je serai heureux d’apprendre que les renseignements que je vous transmets vont vous permettre d'exposer à Sa Majesté la situation réelle de sa province du Canada.
Je suis avec les plus grands égards et la plus profonde estime, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur,