L'HISTOIRE DE CETTE VILLE
ET DES ENVIRONS . depuis i520 jusqu'en 1640.
Mémoire des mariages, naissances et déceds, et ensuite de ce qui s'est passé, digne de mémoire, en la ville du Neufchâtel, et ès-environs, d" autant qu' il en seroit venu à ma connoissance de moy Adrien Miton, président en V Election du Neufchâtel, et dont j'ay reçu avis certain de mes devanciers, encore que depuis icelles écrites et insérées en ce présent Mémoire, il est venuàmanoterie ' plusieurs choses que je nay pu employer, doutant confusion, et aussi de ce qui concernoit le public, j'en ay fait Recueil, séparément, et à part dans un Inventaire de la France.
L'an 1 520, Pierre de Marbrier écuyer, grainetier2 au magazin à sel du Neufchâtel, faisant la recette de la distribution du sel, étant demeuré redevable au Roy d'une bonne somme,
' Mot forgé par l'auteur dans le sens de « connaissance. » 2 Synonyme de « receveur, » du temps de François 1er, et plus tard encore. Voirie Code de Henry III, liv. XIII, titre 44, p. 58 1.
et ne pouvant payer, a cause de sa femme, [qui] ■ à Payde d'un commis qu'il avoit, Pavoit volé, et quitté, fut condamné à être décapité en ce lieu.
Ledit Marbrier faisoit sa demeure à PEcu de Normandie, et ses armes se voyent en une vitre au temple de Saint-Pierre dudit Neufchàtel 2, à côté du chœur.
En ladite année i520, fut achevé le château deMeinièresî, par le sr de Boissay baron dudit lieu.
i53o. — Me Pierre le Bailly, sr de Villy, vicomte du Neufchàtel 4.
' « La copie est bien conforme au texte; mais le sens demande l'addition de qui. » — Note de M. Cheruel lors de la révision du manuscrit. Les autres notes dues à son obligeance seront suivies de la lettre C.
2 « L'église Saint-Pierre, la plus ancienne et la seule jusqu'au xme siècle, était située au bas de la ville, assez près de la rivière, dans la rue qui porte encore le nom de rue Saint-Pierre. Supprimée à la Révolution, elle a été en partie démolie au commencement de ce siècle, il en reste encore l'abside et un collatéral, qui remonte au xvie siècle. » Répertoire archéologique de la Seine-Inférieure, par M. l'abbé Cochet (1872), p. 248.
? Mesnières, à 4 kilom. N.-O. de Neufchàtel. La date est d'autant plus importante qu'on vient de dire : « Le château de Mesnières est une magnifique construction de la fin du xvie siècle. » Le seigneur qui l'acheta paraît être Charles de Boissay, successeur de Louis de Boissay, mort en 1504, et non pas « François de Fautereau qui, ayant épousé la fille de la baronne de Mesnières, en 1544, fit bâtir quelque temps après le château actuel. » M. P. de la Mairie, Recherches sur le Bray normand, etc., II, 85.
4 « Le 25 septembre 1 5G8, Nicolas de Grouchy (le savant professeur de ce nom) figure comme témoin au bail de la sergenterie de Neufchàtel, consenti par un gentilhomme nommé Lebailly, seigneur de Villy, à un sieur Le Roy. » Etude sur Nicolas de Grouchy (Nicolaus Gruchius rothomagensis) et son fils Timothée de Grouchy, sieur de la Rivière, 1878, in- 16 de 2^0 pages, intéressant et savant ouvrage, par MM. le vicomte de Grouchy et Emile Travers, p. 140. C'était en sa qualité de vicomte de Neufchàtel que ce bail était consenti par Pierre le Bailly.
— Me Jean de la Mothe, écuyer, procureur du Roy au Neufchastel '.
— Jean de la Mothe, écuyer, sr de Vimont, vicomte d'Aumale et depuis lieutenant général des eaux et forêts de Normandie, et Picardie.
— Jacques le Carpentier, avocat du Roy2 audit Neufchâtel.
— Construction du bâtiment et maison de Desclaucelles i par le sr de Vimont, en Tan 1 545 .
— Me Guillaume de Douille 4, écuyer, lieutenant des eaux et forêts du Neufchâtel, en ladite année 1545, qui mourut en Tannée 1 55 1.
— Monde Me Jacques Le Carpentier, avocat du roy, qui fat tué par feu Me Pierre de Dedès s, avocat, sur le chemin de Saint-Oiien, allant aux Plaids, en Pan 1 5 56.
— Audit an 1 556, la nef de Féglise de Neufchâtel commença à être bâtie 6.
— Nicolas le Porc, écuyer, sr de Drauville, pourvu de l'état de lieutenant de bailliage de Saint-Pierre au Neufchâ-
1 « On a suivi l'orthographe du ms., qui porte tantôt « Neufchâtel » tantôt « Neuf Chastel. » C. — Nous l'avons respectée aussi, dans tout le cours de notre publication, sauf pour quelques suppressions de lïttres doubles, et quelques modifications de ponctuation.
2 Magistrat chargé du ministère public, l'un des « Gens du Roi », comme on disait alors.
1 « Desclauelles » forme ancienne pour « d'Esclavelles », à 6 kilom. S.-O. de Neufchâtel.
4 « Doullé, » nom qui reviendra plus loin. La présence de Vi résulte de la prononciation qui mouillait les deux II. La famille Doullé possédait la terre de Neuville-Ferrières dès la fin du xve siècle.
5 « Bédés » pour « Bédez », nom qu'on verra plus loin.
6 L'église de Notre-Dame, la seule des trois églises de Neufchâtel, qui existe aujourd'hui, fut rebâtie, en grande partie, après l'incendie allumé en 1472, par Charles-le-Téméraire. Plus loin il dira i554 au lieu de 1 556. — Voir p. 8.
tel, en Ht résignation, en l'an i 554, à Me Nicolas Bourgeois, son gendre.
— 1 5oo. — Il convient icy entendre, que je rfay fait mention du bailliage de Saint-Pierre, où il y avoit bailly vicomtal, procureur fiscal, greffier, et sergent, ayant délaissé ' et jurisdiction de haute, basse, et moyenne justice, sous le pouvoir du curé de Saint-Pierre, qui pourvoyoit auxdits offices, commençant les justiciables à Tendroit de la Porte Robeque, et sellant rendre de tout le bas de cette ville, au delàduGaillon2 et de la Fontaine fleurie', étant les fonciers, en une terre au côté senestre sur le chemin tendant de la Porte de haut, qui mène à Saint-Antoine 4, en laquelle justice, fut le dernier exerçant l'état de bailly, feu Me Simon de la Place, avocat en ce dit lieu du Neufchâtel, et avoit été fait à divers tems de rigoureuses exécutions en ladite jurisdiction s, comme la roue, la potence, et décapité, comme il s'est témoigné par les
1 Terme de droit, formé comme « référé, réméré, placité » etc., et qui paraît ici synonyme de « délais » ou « délaissement. » Voir le Dictionnaire de la coutume de Normandie, par Me Hoûard.
2 Lieu dit le Gaillon, S.-O. de Neufchâtel, dépendant de la commune de Quèvrecourt, à 1 kilom. de cette ville.
5 Lieu dit : « Fontaine-Fleury », sur la carte de Cassini, tout près de « Le Gaillon. » Il y a, sur un monticule voisin, à gauche du chemin de Rouen à Neufchâtel, un gibet, signe conventionnel d'une haute justice, où l'on portait les corps de ceux qui avaient été suppliciés, devant les Halles de Neufchâtel, comme ceux de Rouen étaient portés au gibet voisin de la route de Neufchâtel, après avoir été pendus au Vieux- Marché.
4 Ferme au nord de Neufchâtel, dont elle dépend.
5 « Comme preuve matérielle de l'existence de ces privilèges, on montre encore dans l'ancien dimage de « Saint-Vincent-de-Nogent » un lieu qui s'appelle « la Justice de Saint-Pierre. » C'est là qu'étaient les fourches patibulaires de cette haute-justice. » M. P. de la Mairie, Recherches sur le Bray normand, etc., I, 241. — Celles dont nous venons de parler les avaient remplacées au xvm° siècle.
procès criminels, qui étoient demeurés ès-mains de Me Sinfroy delà Place, avocat, fils dudit Me Simon, et avoit outre le curé dudit S'-Pierre, le privilège de recevoir et .donner la chaire aux prédicateurs qui se présentoient en ce lieu pour prêcher, lesquels privilèges se seraient perdus et prescrits à cause des guerres continuelles qui avoient été en ce royaume en divers tems entre les Bourguignons et la France, et qui avoient été continuées du depuis par l'Empereur Charles- Quint, et les roys François Ier et Henry II, son fils '.
— Me Antoine Miton, avocat, pourvu à FEtat de lieutenant des forêts au Neufchâtel vacant par le trépas de Me Guillaume de Vintelle, en Tan i55o.
— Audit an i55o, Adrian Bridou fut pourvu de l'état de vicomte du Neufchâtel.
— Audit an Me Nicolas de Grouchy, sr de Mathonville2, fut pourvu à Tétat d1avocat du roy, vacant par le décès de Me Jacques le Carpentier.
— Me Jean Vassagne, grenetierau magazin du Neufchâtel en Tan i 546.
' « L'église de Saint-Pierre, avoit, dit-on, anciennement haute, moienne, et basse Justice, avec un bailliage vicomtal, dont les Officiers étoient nommez et instituez par le Curé : cela ne subsiste plus, et l'on ignore ce qui a donné lieu à ce changement. » Description de la Haute Normandie, par Dom Toussaint Duplessis, I, p. 147. Il cite comme autorité : Mémoires de Neufchâtel. Ce passage sert à constater le fait de l'existence de ce bailliage supprimé, bien avant 1740, date de la publication de l'ouvrage de Duplessis, puisque Miton, qui écrivait plus d'un siècle auparavant, en parle comme d'une juridiction déjà supprimée de son temps et donne les motifs de la suppression.
2 Ne doit pas être confondu avec un autre Nicolas de Grouchy, son parent et contemporain, le savant auteur et professeur dont il est parlé plus haut. — Mathonville, arr. de Neufchâtel, cant.de Saint-Saens, 16 kil. S.-S.-O. de Neufchâtel. — A partir de i557, le professeur, Nicolas de Grouchy, s'intitula « sieur de la Rivière. » Étude sur Nicolas de Grouchy, p. i'5j.
— Mc Antoine Bavendel, ' controlleur audit magazin, en l'an 1547.
— Ilesticya noter qu'en Pan i5i2 vinrent en ce lieu deux sœurs grises, qui s'étoient désunies, et absentées de la ville de Riie2 sur les frontières de la Bourgogne, à cause des guerres continuelles qui se faisoient entre les Bourguignons et les Franc,ois>, lesquelles furent bien reçues des habitans, ou ayant fait séjour quelques années, et secouru de leur présence les habitans principaux en temps de peste, se multiplièrent, et augmentèrent en nombre 4, si bien que par succession de tems, ayant été bâties comme il se voit a présent par les aumônes des gens de bien s, en la fin contre leurs vœux de pauvreté, chasteté et obédience, avoient en toutes surprises obtenu don du Roy Charles IX 6 du revenu du temporel, et maladrerie, et léproserie de S'-Jean, bâty au fauxbourg de la Porte des Fontaines de cedit lieu, dont n'ayant été rendu compte par ceux qui en avoient eu l'administration, nomément par un nommé Me Vincent de Fry,
' Plutôt « Darendel », nom qui reviendra fréquemment.
î « Rue » écrit d'après la prononciation, comme tous les noms du Mémoire, est pour « Rupt », nom donné à sept localités dans les départements de la Haute-Marne, de la Haute-Saône, des Vosges et de la Meuse. « Rupt-aux-Nonains » (Meuse) paraît être le lieu d'où s'étaient éloignées toutes ces sœurs grises et pas seulement les deux qui vinrent à Neufchâtel.
5 Les guerres entre la France et la Bourgogne avaient pris fin, sous Louis XI, en 1477, lors du démembrement des états de la maison de Bourgogne.
4 « Les Cordelières, religieuses du Tiers-Ordre, étaient venues de la ville de Hédin en Artois au nombre de sept : elles furent reçues en 1507 à Neuf-chatel où elles se consacrèrent d'abord à assister les malades et à ensevelir les morts. » D. T. Duplessis, Ibid., I, i5o.
I « Deux filles de la ville, dont le nom n'est point venu à notre connaissance, leur donnèrent la maison qu'elles occupent sur la paroisse de Notre-Dame. » [d. Ibid.
6 « Par lettres patentes du i5 août i563. » Id. Ibid.
qui en avoit eu l'administration dix à douze ans, avoient enfin lesdites sœurs grises obtenu don de tout le bien et revenu de ladite léprosarerie, par la poursuite qu'en avoit faite une nonnain, nommée Anne de Bergny, dite de la Moyenne ', femme accorte, secondée en cela de la faveur de Me Claude Groulart, premier président, et de Me Jean Thomas sr de Verdun, avocat général au parlement de Rouen, ce dont je puis parler certainement, moy qui ay écrit cedit mémoire, pour en avoir fait les poursuites au conseil, contre lesdites sœurs grises, et au parlement 2, ou au lieu de la justice que j'en espérois, je n'en ay reçu que des injures et calomnies, a cette occasion, après ne pouvant rien espérer, les nonnains sont demeurées paisibles et jouissantes de ladite léprosarerie, au grand préjudice desdits habitants. Ladite jouissance est dès l'an 1 564 ?.
— 1 5 5 1 — La veille de la Madelainequi étoit le 21e juillet 1 55 1, je fus né et tenu sur les fonds baptismaux, par feu Me Adrien Bridou vicomte, Pierre-Marc 4 lieutenant dudit
' « Au point de jonction de Lucy, Ménouval et Fesques, il y a une construction en briques, appelée « la Moyenne. » M. l'abbé Decorde, Essai sur le canton de Neufchdtel, 99. Anne de Bergny en tirait peutêtre ce surnom de « La Moyenne », qui figure sur la carte de l'Etat- Major.
s « Les Religieuses obtinrent contre eux (les habitants de Neufchâtel) au mois de juillet i582 un arrêt du Parlement. » D. T. Duplessis, ibid., i5o.
3 La donation avait eu lieu en 1 563. Voir plus haut, p. 6. note 6. — «Les Cordelières ou religieuses du Tiers-Ordre de Saint-François arrivèrent à Neufchâtel en 1 307. Leur couvent, établi sur la paroisse de Notre- Dame, a disparu. Il ne reste d'elles qu'une liasse de titres aux archives de la Seine-Inf., » M. l'abbé Cochet, Répertoire de la Seine-Infér., 25o.
4 Sa mère était Catherine Bourgoise. D'après son acte de baptême il eut aussi deux marraines. Ce fut le Concile de Trente 0 563) qui restreignit le nombre à deux parrains et une marraine, pour un garçon ; deux marraines et un parrain, pour une fille. Encore ses prescriptions
vicomte, et la damoiselle de Pommereval ', et nommé par ledit vicomte, Adrian.
— Audit an i55i, lejeudy 5e de novembre naquit Nicolas de la Ville, fils de Me Jean de la Ville.
— Me Pierre Marc pourvu en Pétatde lieutenant du vicomte, en Pan 1549.
— Mc Antoine Mansel, pourvu au prieuré de Phôpital de ce lieu 2, dès Pan i55o, mourut subitement en sa chambre, l'an 1567, au mois de mars.
— Noces de Me Pierre Vassagne, avec Nicole Bridou fille de Pierre Bridou, en Pan 1 5 53.
— Audit an ledit Vassagne fut pourvu à Pétat d'élu subsidiaire du Neufchâtel.
— L'église de Notre-Dame du Neufchâtel fut augmentée et agrandie de la nef qui se voit à présent depuis l'image du crucifix, jusqu'à la tour où les cloches sont pendues, en Pan i554, et parachevée en 1 559, et la couverture faite en Pan i563 >.
ne furent-elles pas toujours observées, comme on le verra pour les nombreux enfants de Miton.
1 Ses deux marraines furent « Isabelle, femme du sieur Jacques du Mesnil et Nicolle, fille du sieur de Biville. » Acte de baptême, en latin, extrait des registres de l'église St-Jacques de Neufchâtel. Communication de M. Lefebvre, avoué à Neufchâte!-en-Bray. — Plus loin viendra un « sieur du Mesnil Pommereval. » Pommereval est dans l'arrt de Dieppe.
2 « Saint Thomas de Cantorbéry ou S. Thomas-le-Marryr. — Ancien prieuré, Abbaie et Hôpital royal. » D. T. Duplessis, ibid.,1, 612. — Aujourd'hui, l'Hôtel-de- Ville, la Gendarmerie, etc.
? Ces dates sont d'autant plus précieuses qu'on ne les rencontre pas chez les divers écrivains, qui ont parlé de cette portion de l'église. — MM. Guilmeth et Potin de la Mairie ont dit : « La nef et le portail furent reconstruits à neuf, vers iS'i'S. » M. l'abbé Decorde : « Le principal portail de l'église de Neufchâtel doit être de la fin du xve siècle ou du commencement du xvie. » M. l'abbé Cochet :
— Le 5e jour de septembre i552, Catherine de la Ville, femme de Vincent Mouthard ', naquit.
— Naissance de Marguerite Engren, femme du président Miton 2, le 2e février i 5 5 i .
— Assassinat commis en la personne de Nicolas Gasaut, sr de St-Germain, par André et Philippe de Casaut ses frères puinez, pour punition duquel, ledit André fut décapité à Rouen, et sa tête raportée en cette ville du Neufchâtel, qui fut fichée sur un pieu, en la Porte du haut?, et ledit Philippe fugitif, condamné par contumace, par arrêt du parlement de Rouen, Tan 1 5 5g.
— Eloy Hoqueton, chaussetier de cette ville, convaincu d'avoir adhéré à l'assassinat commis, au sr de Ricarville, commandant au château de Dieppe, en l'an 1 562 4, fut décapité à Rouen, par arrêt donné en Tan 1 566.
« La nef, avec ses deux collatéraux, peut appartenir pour le fond au xme siècle; mais elle a été tellement modifiée au xvne, qu'elle doit être considérée comme de ce temps. » Répertoire archéologique de la Seine- Inférieure, 247. On voit que la vérité est tout autre. — « Comme bien d'autres, l'abside de l'église Notre-Dame n'est pas exactement à l'orient. Elle est un peu plus tournée vers le N.-E. que vers l'Est, et par suite le portail se trouve un peu plus au S.-O. qu'à l'Ouest. » Communication de M. Courtin, de Neufchâtel. — Quelquefois des églises étaient orientées à l'extrême orient d'été, d'autres à l'extrême orient d'hiver : de là une différence assez notable. « A Rouen, les églises sont pour la plupart dirigées vers l'orient d'hiver. » M. Paul Baudry, Du Symbolisme des Eglises de Rouen, Revue de Rouen, i85i, p. 488.
' Plus loin, « Mouchard », qui est le vrai nom.
2 Lui-même, l'auteur des Mémoires. L'année commençant à Pâques, qui tombait le 29 mars, en i55i. Comme Miton naquit le 21 juillet 1 55 1 , sa femme avait donc six mois moins que lui, née le 2 février de l'année 1 5 5 1 , c'est-à-dire i552 après la réforme du calendrier.
1 La Porte-de-Haut, l'une des six portes de Neufchâtel, démolie en 1782, dans le voisinage du château.
4 Une conspiration avait été ourdie contre Florentin de Ricarville par les protestants, après le massacre de Vassy, pour se rendre maîtres
— Déceds de M° Noël de Divillc, prêtre à Escouie ', étant curé dudit lieu, de Quievrecourt 2, du Caulle, et chanoine dudit Escouie, en Tan i 562, âgé de 56 ans.
— Pierre, et Louis Dudois, frères demeurants à Présinval;, et un surnommé le Hoste, de Grandcourt, convaincu de plusieurs voleries d'églises, furent exécutés en ce lieu, sçavoir lesdits Dudois frères décapitez, et ledit le Hoste pendu, ce fut au mois de juin de Tan i 566, par jugement d'un surnommé la Caille, vice-bailly de Caux.
— En Tan i56j, Me François de Pimont, seigneur dudit lieu, chevalier de Tordre du Roy, fut pourvu au gouvernement de la ville du Neufchâtel, auquel nul n'avoit été pourvu depuis le déceds du feu sr de Piemer4.
du château de Dieppe et de la personne de Ricarville. Le 21 décembre (i562), un dimanche matin, comme il rentrait dans le château de Dieppe, après une visite faite à ses chevaux, « voyant l'un des conjurés, quy vouloit mettre le feu à l'vn des cannons, il mit la main à l'espée et s'avança pour l'en empescher : mais l'vn des autres, nommé Jean Hocqueton, ayant empoigné vne hallebarde quy estoit à l'entrée de la dite plate forme, luy en donna au trauers du corps et les autres l'acheuerent à coups d'espée. » Histoire de la Réformation à Dieppe. par Guillaume et Jean Daval, édition de M. E. Lesens, I, 43. Eloi Hocqueton était sans doute un parent de Jean Hocqueton.
' « Ce nom paraît altéré. Ne serait-ce pas Escouis? » C. — Dans les anciens titres on trouve toujours « Escoes. » T. Duplessis, — c'est « Escouis » ou « Ecouis », paroisse du Vexin normand, où il y avait une collégiale fondée par Enguerrand de Marigny, et composée d'un doyen et de onze autres chanoines. Id. Ibid., II, 525. — Biville?
2 « Quievrecourt, aux portes de Neufchâtel et le Caule Sainte-Beuve, à 12 kilom. E.-N.-E. de cette ville.
? « Puisenval », à 18 kilom. N.-N.-E. de Neufchâtel.
4 Gouverneur de Neufchâtel de 1567 à i5y5, F. de Pimont se joindra, le 2 février i56q, à de Sigogne, gouverneur de Dieppe, pour sévir contre les protestants. Hist. de la Réformation à Dieppe, I, 100. Son prédécesseur était de la famille d'Hallewin de « Pienne » ou « Piennes », dont un membre, Florimond d'Hallewin de Pienne, marquis de Me ne-
— Me Jacques Dumesnil, écuyer, pourvu à l'état de procureur du Roy, au siège du Neufchâtel, par la résignation qui lui en fut faite par Me Christofle du Mesnil son frère, en Tannée 1 558.
— Naissance d'Isaac Vassagne, fils aine dudit Pierre Vassagne, eslû, au mois de septembre i56i, qui fut baptisé par un surnommé Bompar, ministre en une maison étant à la porte de Robergue ', et nommé Isaac, par Charles de la Mothe, écuyer, sr de Vimont.
Déceds de Me Guillaume de Diville 2, écuyer, lieutenant des forêts au Neufchâtel, en Tan 1 55 1 ,
— Me Bertrand Bodin pourvu à l'état de lieutenant du vicomte, par résignation de Me Pierre Marc, en l'an i55y.
— Me Louis de la Vessiere, prêtre curé de l'église de N.-D. du Neufchâtel, en Fan i5Ô2.
— L'hérésie et opinion de Calvin, prit son origine en la ville du Neufchâtel, dès Tan i55o, », dont Me Nicolas Bourgeois 4, lieutenant du bailly de Caux, Me Adrien Bridou,
lay, sera laissé comme gouverneur de Gournay par le duc de Mayenne, lorsqu'il aura pris cette ville le 6 ou le 7 septembre i58g.
' Plus haut, «Porte Robeque», p. 4. Elle ne figure p%s, sous ce nom, parmi les portes que donne M. Potin de la Mairie, dans ses Recherches sur le Bray normand, I, 276. Ce nom venait-il de la petite rivière qui prend sa source dans le village de Beaubec et se nommait encore « Robec » en 1 740 ?
2 « Biville? » Comme plus loin, et i56i ? — « En 1 558 (Lucy, 21 nov.) noble hoe Louis de Biville de la paroisse de Vieu-Manoir print pour femme et épousa dellc Du Glesquin de Boigny. — En i5gg, il y avait des de Biville à Aulage. » — Communication de Mr Lefebvre, avoué à Neufchâtel-en-Bray.
? A l'avènement de François II (10 juillet 155g), les religionnaires, devenus plus nombreux, ne se contraignirent plus nulle part, en Normandie. Voir YHistoire du Parlement de Normandie, par M. Floquf t, II, 280 et suiv.
4 Dom Bodin, citant ce passage, l'appelle « Bourgoise » (c'est le vrai nom), et les mots : « seigneur de Pommcreval » sont ajoutés en marge.
vicomte, Me Jacques du Mesnil, procureur du Roy, Me Pierre Vassagne, elû, Me Jean Tricotte, Vincent de la Borde ' grenetier et comrolleur, les de Bedezet de la Ville, greffiers et autres avocats et Bourgeois, infectez d'icelle, appuyez qu'ils étoient des srs de Senarpont 2, Dauviller ?, de Vimont, de la Forest, de Gravai, de S'-Germain, de Sle-Agate, de Moulandrin, du Pont-Trémart 4, et autres en bon nombre qui étoient de même, avec ce que le prince Portian qui étoit en la ville d'Eu, qui en étoit de même s, voulurent se insur-
— Dans son Histoire-de-Neufchatel-en-Bray, encore manuscrite, Dom Bodin a consigné plusieurs extraits de Miton.
i Plus loin « De la Boe », le vrai nom. Tricotte « Grenetier », et De la Boe « Contrôleur. » Comme il a été dit, « Grenetier » était synonyme de « Receveur. »
2 h Le premier jour de mars 1 55g, furent receus à' faire abjuration
entre les mains du sieur Knox, M. de Senerpont, lieutenant pour le Roy au gouuernement de Picardye ; vn sien gendre et vne de ses filles nommée Madame de Monteraulier ; M. de Bacqueville et deux de ses fils avec plusieurs autres gentilshommes et demoiselles. » Histoire de la Reformation à Dieppe, par Daval, etc. I, 1 1 . — « Jean II de Mouchy, seigneur de Senarpont, marié à Claude de Goudeval-Harancourt, en eut Jeanne de Moudiy, qui épousa, en i5y4, Paul de Briqueville, baron de Colombières, et Françoise de Mouchy qui avait épousé, en 1 558, François de Pevrel, chevalier, seigneur de Montérollier. » M. Lesens, ibid., note, p. 229. — « M. de Bacqueville est Charles I Martel et ses deux fils sont probablement Nicolas, qui lui succéda, et François Martel de Lindebœuf. » La Réformation, par M. Lesens, I, 229, et M. Hellot, Les Martel de Bacqueville, pages 164-165.
1 Auvilliers, canton de Neufchâtel. Pierre de Montsures en était seigneur.
4 « Moulandrin », pour « Mont-Landin », près Wanchy, 16 kilom. N.-O. de Neufchâtel. — « Pont-Tremart », pour « Pont-Trencart » ou « Pont-Trancart », quart de fief, dans la paroisse d'Ancourt, arrt de Dieppe, possédé alors par la famille de Milleville.
5 Antoine de Croy, prince de Porcien, avait épousé Catherine de Clèves, à la quelle était échu le comté d'Eu, par suite de la mort du duc de Nevers (i5€6). Ce prince, « l'un des premiers chefs vlu parti bugae-
ger, et de haute lutte prendre, et s'emparer de temples pour faire leurs prêches, si bien qu'il pensa, dès Pan 1 5 5g, avoir sédition en cette dite ville.
— En Tan i56o, l'hérésie fit son entrée au monastère de Bernosant ', où, en ladite année, il y avoit jusques à vingt religieux, entre lesquels estoient Dupré, Seré, Beauvemis et autres, quittèrent leurs habits, de sorte, dit le proverbe commun, qui n'enseigne que choses nouvelles, plaisent2. Il ne se passa guères de tems qu'ils reconnurent le malheur que cela leur avoit apporté, les uns étant exécutez et les autres contraints de finir leurs jours dans une extrême pauvreté.
— En i5jo, le sr de Péricard ?, chanoine de N.-D. de Rouen, et conseiller au parlement, prieur de Ste-Radegonde lès Neufchâtel 4, qui le résigne à Dom Thomas du Bos, prêtre moine en l'abbaye de Bréanbet s.
— En 1 568, Regnaut Baudouin, tanneur demeurant en la paroisse de S'-Pierre du Neufchâtel, convaincu d'avoir
not », avait ouvert un prêche à Roumare, près Rouen, et fait des scènes violentes, en plein parlement, pour soutenir ses coreligionnaires. M. Floquet, ibid., III, 23-29.
' « Bernesaut » et mieux « Bernesault », terrain dépendant de Quièvrecourt, dont la paroisse s'étendait alors jusque sur Neufchâtel. C'était un couvent du Tiers-Ordre de S. François, dit Pénitens, dont le nom subsiste encore. Voir plus loin le poème de Saliberna. — Les opinions nouvelles, dès 1 533, avaient séduit des prêtres et des religieux. « A Rouen, dans le seul couvent des Augustins, il s'était trouvé, en 1549, jusqu'à trente-deux religieux suspects. » M. Floquet, ibid., II, 228.
2 A ajouter à la liste des Proverbes, en mettant le singulier ou le pluriel partout.
? Guillaume Péricard, conseiller au Parlement de Rouen, en iSji.
4 Au hameau du Mesnil, dépendant de Neufchâtel, et porté encore sous le nom de Sainte-Radegonde, dans la carte de l'Etat-Major. C'est aujourd'hui une ferme; l'ancienne chapelle y sert de cellier.
5 Ne serait-ce pas « Beaubec ? » C. — Oui ; ce nom sera encore défiguré plus loin.
suborné des faux témoins, contre la veuve du nommé Tal bot, pour un pré dont ils étoient en procès pardevant le vicomte Bridou, fut parluy condamné à être pendu et étranglé, et les témoins fouettez, laquelle sentence fut confirmée par arrêt du parlement, et exécutée à Rouen en Tannée i 568.
— Homicide commis en la personne de Me Pierre de Bédé, avocat, devant le temple de l'hôpital de ce lieu, par Charles de Biville, écuyer, en Tan i 588.
— Noces de Charles Bodin, sr de Blargier ', et Marguerite Beaudoin, le 3oe novembre 1584.
— En i5Ô2, furent prises es églises de S'-Jacques, Notre- Dame, et St-Pierre de ce lieu, en chacune, une cloche, qui furent fondues en artillerie et pièces 2 pour la garde de la ville, lesquelles furent prises, durant la Ligue, par l'armée du prince de Mayenne, s'acheminant à Dieppe?.
— En 1 586, noces de MeChristofle Vougler, avecdamoiselle Gillette de Cassoent 4, le dernier jour de novembre audit an.
— Déceds de Me Antoine Mansel, prieur de l'hôpital du NeufchâteL âgé de 55 ans, au mois de mars 1 56j, auquel Pierre Jean Mauger succéda audit prieuré $.
' Blargies, près de Formerie, Oise.
2 Dom Bodin donne « pierriers, » dans son Histoire de Neufchatelen-Bray.
? Quelque temps après la prise de la ville et du château de Gournay, qui eut lieu le 6 ou le 7 septembre 1 58g, et avant la bataille d'Arqués, livrée le 21 septembre suivant. L'exemple fut suivi, presque partout, après la révolution de 1789.
4 « Bougler » et « Casaut »? qu'on lit plus loin.
5 La place occupée par cette date, déjà donnée plus haut, p. 8, fait qu'on se demande comment elle vienl après 1 586. — Aulieu de « Pierre » Jean Mauger, l'article suivant donne : « Frère » etc., répété page 16. C'est ainsi qu'il désignera d'autres prieurs et sous-prieurs. L'habitude n'était guère alors d'avuirdeux noms de baptême pour les gens de petite condition.
— Frère Jean Mauger, moine à l'hôpital, pourvu du prieuré dudit lieu, vacant par le déceds de Me Antoine Mansel, prieur dudit lieu, en Tan 1 588 '.
— L'exercice de la religion de Calvin, libre au Neufchâtel, par le moyen de la noblesse, sans néantmoins entreprendre aucune chose, ny rien attenter sur les temples dudit lieu, ce qui dura depuis Tan i 56o jusqu'en Tan i 572.
— Noces de Vincent Mouchard, avec Catherine de la Ville, au mois de juillet 1570, ayant auparavant épousé Collette Bougîer, fille de Pierre.
— Noces de Me François de la Courbre 2, avocat, avec Françoise Vassagne, au mois d'aoust 1570.
— Noces de moy Adrian Miton, avec Marguerite Engren, le i5e janvier 1 5y 1 5.
— Erection et établissement d'une élection, en chacune vicomte royale, composée d'un élu, d'un controlleur, d'un receveur des tailles, et d'un greffier, suivant lequel edit, je me fis pourvoir, moy qui écrit ces mémoires, de l'état d'élu en ce lieu du Neufchâtel, en l'année 1 572 4.
— Me Guillaume le Mercier, dit Poteret, pourvu à la cure de Sl-Pierre du Neufchâtel, en l'an 1 574.
— Frère Jean Bourgeois, sous-prieur à l'hôpital de ce lieu, mourut en l'année 1575.
— Messire Philippe du Chemin, chevalier de l'ordre du Roy, seigneur du Quesnel, près de Beau vais, fut pourvu par
• Répétition de la fin du paragraphe précédent, qui prouve que 1 568 doit être substitué à 1 588.
2 Mauvaise lecture pour « de la Coudre », mis plus loin.
J II n'avait pas encore 20 ans, quand il se maria, puisqu'il naquit le 21 juillet 1 55 1 . Voir plus haut, p. 7.
4 Miton fut donc le premier titulaire de cette Election, nouvellement créée, tribunal où se jugeait, en première instance, tout ce qui avait rapport aux tailles, aux aides et aux gabelles.
S. M. au gouvernement de cette ville du Neufchâtel, en Tannée \Sj5.
— Me Antoine Marois, avocat, épousa Catherine Bougler, fille de Pierre Bougler, au mois de novembre 1570.
— L'an 1572, Marguerite Engren, ma femme, accoucha d'un fils, qui fut tenu par frère Jean Mauger, prieur de l'hôpital, et Me Nicolas Gronsey ' avocat du Roy, la fille du sr de Villers, et la femme de Jean le Heurteur de S'- Vincent 2, et naquit le 9e février, et fut nommé Adrian, qui ne vécut que trente jours.
— Le 14 décembre, audit an 1572, mourut Françoise de Grouchy, femme de Jean le Heurteur de S'- Vincent.
— Audit an 1572, mourut à Esclamelles 5 Charlotte de Mouchy, fille de Senarpont 4, femme de Charles de la Mothe, srde Vimont.
1 Nouvelle erreur dans l'orthographe de ce nom altéré de bien des manières. Voir l'ouvrage de MM. le vicomte de Grouchy et Emile Travers, p. 216. Elle provient de ce que le copiste a mal lu la liaison finale, « ch, » dont il a fait « se. » Le nom de « Grouchy », se trouve sept ou huit fois, bien écrit, plus haut déjà et plus loin, dans le Mémoire de Miton.
2 « Une partie de la ville de (Neufchâtel) est encore située dans l'étendue des deux paroisses de Quevrecourt et de Nogent-en-Brai. » Toussaint Duplessis, ibid. I, 612. Nogent-en-Brai ayant une église du nom de Saint- Vincent, « on dit aussi très communément S. Vincent de Nogent, ou même S. Vincent, sans ajouter le mot Nogent. » Id. Ibid., 621. Cette paroisse se trouvait au N.-O. de Neufchât-îl.
? Esclavelles.
4 Jean II de Mouchy. Voir plus haut, p. 12. Cette dame ne figure pas dans le P. Anselme, et Moréri donne à Jean de Monchy une fille, « Charlotte, épouse de François de Boulainvilliers, seigneur de Saint- Cerè. » Peut-être pour « Cère, » et mieux « Saint-Saire. » — Mais un « sieur de Vimont » se trouve parmi ceux qui abjurèrent à Dieppe, en i559. Voir, plus haut, p. 12.
— Me Jean Saonnier ', prêtre curé de St-Jacques, du Neufchâtel, en Tan 1589.
— En Tan 1 573, jour de ma naissance, le dimanche 29e de mars 2, ma femme accoucha de deux fils, sur les huit heures du matin, et furent tenus sur les fonds par le sr de Vimont, et de Pommereval 1, et dame de Meinieres, et fut nommé l'aîné, par le sr de Vimont, Charles, et le puiné par feu Me Christofle Engren, grenetier, et Me Pierre Carpentier, procureur du Roy, et Françoise Carpentier, femme de Me Jean Drouet, avocat, et Françoise Vassagne femme de Me François de la Coudre, aussi avocat, nommé par ledit grenetier, François, qui ne vécut que 21 jours.
— Audit an 1 573, le 7e juin, arriva un si grand débordement d'eau, c'est-à-dire un petit déluge, par des pluies continuelles, que l'eau monta jusques aux murs du temple de S'-Pierre du Neufchâtel, de façon qu^n ne pouvoit y aller ny à pied, ny à cheval, et le monastère de Bermesault 4 pensa être submergé et emporté au courant de l'eau, ce qui dura depuis le matin jusques sur les quatre heures après midy.
• On verra, plus loin, p. 79, une personne portant les mêmes nom et prénom.
2 Le 29 mars 073 était bien un « dimanche », celui de la Quasimodo, Pâques tombant le 22 mars; mais les mots : « Jour de « ma » naissance », ne peuvent se justifier, ni pour le quantième, ni pour le jour de la semaine, puisqu'il est né « un mardi, le 21 juillet 1 55 1 . » Voir plus haut, p. 7. — En supposant même que le premier copiste ait substitué ma à sa, c'est-à-dire « la naissance de sa femme », il y aurait encore une petite erreur, car il a donné la date du « 2 février 1 55 1 », qui était bien un mardi, et non celle du « 29 mars. » — Ecrivant longtemps après les faits, la chronologie de Miton est souvent défectueuse, et les mauvaises lectures du premier copiste y ajoutent encore.
? Il faut « les srs » les « sieurs » de etc. Il avait deux parrains, comme l'autre jumeau et deux marraines.
4 « Bernesault. » Voir plus haut, Introduction, XXXVI-LII.
— L1an 1 575, le 19e de janvier, ma femme accoucha d'un tils sur les trois heures du matin, qui fut tenu sur les fonds par Me Percheval de Grouez ', avocat du Roy, et Me Antoine Mercier, procureur du Roy, par Jeanne Miton, femme de Jean Bougler, et la femme du lieutenant Bougler, et nommé Percheval, par les avocats du Roy, lequel mourut le i3e février en suivant.
— Audit an 1 5/5, arriva une maladie chaude audit Neufchâtel, de laquelle ceux qui en furent surpris peu en échapoient; il mourut plus de cent personnes, entre lesquelles furent Nicolas Secousse, mercier,. Thomas de Bos, procureur, Me Nicolas le Heurteur, enquesteur, Jacques Mensire brasseur, la première femme de Me Pierre Bougler, avocat, la femme de Jean Bernard, drapier, la femme de Pierre Bourdon, et plusieurs autres.
— En 1 574, vers la fête des Roys, fut tué Baptiste Callique, fils de Me Pierre Callique, avocat, par Adrian le Boullengier, fils de Me Nicolas le Boullengier, greffier du Pont de Mer2, et par Vincent Bernard, fils de Jean, sur les neuf heures du soir, près la halle de ce lieu, et ledit Adrian y reçut un coup d'épée au bas ventre dont il pensa mourir, par Jean Callique, frère dudit Baptiste.
— Noces de Jean Bougler, fils de Pierre, avec Jeanne Miton, fille de Jean Miton, ancien valet de chambre du Roy, le 1 ie juin 1 575.
— Déceds de Me François de Fautejean j, chevalier de
' Encore une mauvaise lecture pour de « Grouchy ». L'enfant fut baptisé, le 20 janvier, à Notre-Dame. Communication de M. Ch. Lefebvre.
2 Pont-Audemer, « Pons Audomari, » ou « Pons Aldemari. »
5 Mauvaise lecture du premier copiste pour de « Fautereau ». En 1544, il avait épousé Françoise de Gouvys, qui lui porta la terre dfl Mesnières.
l'ordre de S'-Michel, sr de Villers, âgé de 70 ans. au mois de may 1 5 7 r .
— Déceds de Me Jacques le Grand, avocat, au mois de juillet 1578.
— Au mois de mars 1 568, frère Pierre Noël, Desclavelles, fut reçu moine, à l'hôpital de ce lieu du Neufchâtel.
— En 1575, Me Percheval de Grouchy, avocat, épousa damoiselle Barbe Carpentin d'Abbeville, vers la S'-Rémy ' .
— Déceds de Me Robert de la Coudre, avocat, le i5e décembre 1575.
— Audit an, déceds de Me Nicolas de Grouchy, avocat du Roy, qui arriva subitement, le jour des S. S. Innocens2.
— L'an 15783, le dernier janvier, ma femme accoucha d^ne fille, qui fut tenue sur les fonds de baptême, par Me Christofle Bougler4, lieutenant de Mr le bailly de Caux, en ce lieu, Me Guillaume du Manoir, receveur des tailles, Nicole le Heurteur, femme du grenetier Engren, et la femme de Charles Bodin, sr de Blargies, et fut nommée par ladite Nicole, Catherine.
Audit an 1 578, commença la peste, audit Neufchâtel, dont mourut plus de soixante-dix personnes, entre lesquelles furent Me Nicolas Darendel, procureur et tabellion en ce lieu, sa femme, sa nièce, Jean de Lormel et sa femme, le fils
' « Percheval de Grouchy, sgr de Mathonville, avocat du roi à Neufchâtel, épouse, vers 1 567, Barbe Carpentier, fille de Galois, esc. sgr de Cumont, Berlettes, etc., et de Jeanne TYuffier; la dite Carpentin morte en i58b, à 38 ans. » Communication de M. le vicomte de Grouchy. — D'après Miton, le mariage aurait eu lieu, en 1 575, vers le i°r octobre, huit ans plus tard. Les autres indications sont conformes.
2 Le 28 décembre.
3 Cette date est fausse, puisqu'il dit plus loin que, le 22 avril 1578, il eut un fils nommé Jacques. La date est 1576 vraisemblablement.
4 « 11 semble qu'il faut lire ici : « Bouglet. » L'orthographe de ce nom varie souvent dans le ms. » C. — Le vrai nom est « Bougler ».
de Nicolas Varnier, chaussetier, la femme de Nicolas du Criol etc. Cette maladie fut apportée par un homme qui vint d'Abbeville, en ce lieu.
— En l'année i 573, il y eut une grande cheretéde grains dans ce royaume, la mine de bled valloit 18 liv. et la mine d'orge 10 liv., quoyqu'il y eut beaucoup de grains cette année-là '.
— En 1 570, mourut M. Pierre Le Carpentier, avocat du Roy, et est inhumé en l'église de S'-Jacques de Neufchâtel.
— En Tan 1569, les huguenots, conduits par le prince de Condé et l'amiral de Châtillon, calvinistes, prirent les armes contre le Roy. Par arrêt du parlement de Rouen, ceux qui avoient embrassé cette nouvelle religion, furent privez de leurs charges et offices2, suivant lequel arrest, sa Majesté députa le maréchal de Montmorency, pour vendre à Tencan lesdits offices, et à la place de ceux qui en étoient pourvus, entrèrent Me Jérôme Du Pont à Tétat de lieutenant de Mr le bailly deCaux, audit Neufchâtel, à la place de Me Nicolas
1 Le même fait est constaté, à Rouen, pour la même année 1573. avec les mêmes détails. Voir Histoire de Rouen, par M. Periaux, S21-
2 Dès i556, cinq conseillers du Parlement de Rouen avaient été exclus de la compagnie, pour cause de religion. M. Floquet, Histoire du Parlement de Rouen, II, 274. En 1570, on malmena aussi les protestants, dans leurs personnes et dans leurs biens, à l'exemple de Sigogne, gouverneur de Dieppe. « La persécution estoit très grande en la vilk ; mais elle n'estoit pas moindre à la campagne, car diverses compagnies de gens de guerre, quy estoient au païs de Caux, pillèrent les maisons de ceux de la religion, rauissant tout : principalement la compagnie de Riberpré, gouuerneur d'Abbeuille, s'y faisant remarquer par dessus toutes ; laquelle ayant pris un ministre de l'euangile, près du Neufchastel, nommé M. Valence, quy fut mené à Rouan, où ayant souffert putienment et constament beaucoup de tourmens, y fut enfin exécuté a mort. On mettoit aussi garnison es maisons de gentilshommes, à leurs despens. » Histoire de la Réformation à Dieppe, par les Dav<>l, édit. de M. Lesens, I, io5.
Bourgeois ; Me Nicolas Cheiïe ! Daubrun, à Tétat de vicomte, à la place de Me Adrien Bridou ; Me Pierre Carpentier procureur du Roy, à la place de Me Jacques Dumesnil; à l'état de grenetier, Me Christofle Engren, au lieu et place de Mre Jean Tricotte2; à Tétat de controlleur Jean le Roy, au lieu de Me Vincent de la Boc 5, et Me Adrien Miton à Pétat d'eslû, à la place de Me Pierre Vassagne, lesquels en jouirent paisiblement deux ans, auquel tems la paix fut faite avec lesdits huguenots 4, et les anciens officiers reprirent leurs offices,, et on remboursa aux nouveaux pourvus le prix de l'achat desdits offices.
— En l'an 1 577, je commençay à faire une maison, en la mazure que j'a vois achetée de Me Jacques Dumesnil, procureur du Roy, qui consistoit, en une salle, et cuisine, deux chambres hautes, et une garderobe, plus une gallerie prenant dudit bâtiment, et alloit rendre au devant de la rue où il y avoit un pavillon élevé sur la porte qui sortoit dans la rue, lequel bâtiment, sans comprendre les dons et commodités que j'avois reçu de mes amis, ne m'avoit coûté qu^nviron mille écus, qui fut malheureusement brûlé en Tan 1592 par Palcheul, étant assiégé par le duc de Parme, aussi bien que mon autre maison bâtie en la grande rue 5, 'près de la maison de PEstape, et de celle qui fut à feu Jean le Roy, qui valoit 1 200 liv. et plus, dont je n'ay eu aucune récompense.
' En 1 556, on trouvait, à Aumale, un « Pierre Chery ». La famille de Chéry ou de Chérie y tenait un certain rang. Voir l'Histoire d' Aumale, par M. E. Semichon, passim.
2 Tricotte est le vrai nom qu'il faudrait substituer partout à l'autre.
5 « Ou Bos ou Boe. » G. — Ce dernier plutôt. Miton, c'est-à-dire son copiste, l'avait appelé « De la Borde », un peu plus haut, p. 12.
4 La troisième paix, 8 août 1570. Plus favorable aux protestants que s'ils eussent été vainqueurs, la paix de Saint-Germain leur accordait, entre autres avantages, l'admission à tous les emplois.
5 II sera question de Palcheul et de cette maison, en i5o,2. Voir plus loin, p. 82.
— En ladite année 1577, arrêt pour l'augmentation des espèces d'or et d'argent, et toutes les autres monnoyes, qui met les écus de 3 à 6 liv., le teston de 1 3 s. 6 d. à 3os., le franc de 20 s. à 40 s., et les réailes au double de leur valeur, et les autres monnoyes à proportion. Mais le Roy y ayant pourvu ' tout fut remis en son premier état, ce qui arriva par la malice des financiers qui payoient les gens de guerre, et leur donnoient les deniers à tel prix qu'ils vouloient, et par ce moyen les soldats étoient contraints de les donner de même, ce qui causa la ruine de beaucoup de marchands qui se trouvèrent chargés desdites monnoyes, lorsque la diminution arriva.
— Audit an 1577, ma femme accoucha d'une fille, le lundy 1 5e février à 3 heures du matin, tenue sur les fonds de baptême par Nicolas de Fautereau sr de Villers 2, Louise Du Mesnil, femme du vicomte Anisse \, et la demoiselle de Pommereval, et nommée Louise, par la femme dudit Anisse, laquelle décéda le 1 5e mars ensuivant.
— En l'an 1578, frère Guillaume Gremon, moine ayant jouy sept à huit ans, et desservy le prieuré de S1- Germain sur d'Aulne 4, pour l'absence et fuite de frère Jean Vidor, prieur dudit lieu, qui s'étoit durant ledit tems enfuy, et enlevé la femme d'un sien paroissien, qu'il entretenoit en
1 Par l'ordonnance de Poitiers, en septembre 1577. Voir le Code de Henri III, p. 696 et suivantes.
2 Fils de François de Fautereau. Voir plus haut, p. 18.
5 « Avisse», comme on lit plus loin. •< François Avisse, écuyer, sieur de Songeons, fut lieutenant général de Gournay en 1564, et depuis vicomte de Neufchâtel. » Hist. de Gournay, par M. Potin de la Mairie, II, 282.
4 Mauvaise lecture pour « Eaulne ». Ce prieuré n'est pas indiqué par D. Toussaint Duplessis ni les autres historiens de Neufchâtel. — Peutêtre faut-il lire « Gremont » et « Vildor », noms qu'on retrouve dans l'histoire de la Haute-Normandie.
lubrinte ', mourut peu après son retour, audit lieu de Fhôpital, au mois de septembre 2.
— Audit an 1 578, le jour du lundy gras, qui étoit en février 5, la compagnie du capitaine Breton du régiment de Grillon 4 entra en garnison en cette ville du Neufchâtel par le commandement du sr de la Meillerayes, lieutenant pour le Roy, es bailliage de Caux et Gisors, et ce pour le ressentiment d'une émotion populaire, fait faire par Vincent de Fry, dit le cadet de l'écu, autrement le gendre, contre le sr de Riberpré6, parent et lieutenant de la compagnie d'ordonnance dudit sr de la Meilleraye. au Neufchâtel, étant ledit sr de Riberpré accompagné du capitaine la Trape., du moine Robert 7, et autres au nombre de huit, qui pensèrent être tuez au sortir du logis dudit écu, par Jean Darendel, Michel Tricotté, Jean Morot, orfèvre, et autres mutins, amis dudit de Fry ; et tint ladite garnison en ladite ville, jusqu'au mois de may 1579, qu'elle fut licentiée, de laquelle étoit lieutenant un Bourguignon, qui se faisoit appeler le capitaine Didier, et coûta ladite compagnie, tant en argent qui leur fut prêté par le
1 Mauvaise lecture du premier copiste, pour « lubricité », mot qu'on retrouve dans le Mémoire, un peu plus loin.
2 11 est à penser que Miton, ou son premier copiste, a oublié de mettre après : « Moine », les mots : « de l'hôpital de Neufchâtel », comme on l'a vu déjà plus haut, p. i5.
î Le 10 février, parce que Pâques tombait le 3o mars, cette année-là.
4 On disait indifféremment, à cette époque, « Grillon » ou « Crillon ».
5 « Messire Jean de Mouy, sr de la Mailleraye, cheualier de l'ordre du Roy, vice amiral de France et lieutenant de sa Maiesté au Bailliage de Caux et de Gisors sans compromission du 21 aoust i563. » Tels sont ses titres dans l'Histoire de la Réformation à Dieppe, par les Daval, 1, 58.
6 En i58o, Nicolas de Moy, chevalier, était seigneur de Riberpré.
7 Dom Bodin, citant ce passage, met : « du nommé Roberte. » II doit avoir mieux lu que le premier copiste.
commandement dudit sr de la Meilleraye, que pour leur nourriture, auxdits habitans, plus de i2,5ooliv., les soldats n 'avant point eu la paye du Roy pendant ce tems-là '.
— En Tan i 578, le mardy 22e avril, ma femme accoucha d'un fils, sur les six heures du matin, qui fut tenu sur les fonds de baptême par Mc Bertrand Bodin, lieutenant du vicomte, Jacques Engren, mon beau père, Catherine Bougler, femme du premier mary 2, et la femme de Me Germain Baillard, eslû, et fut nommé, par ledit Engren, Jacques.
— Audit an 1578, passèrent dans ces quartiers plusieurs fois les troupes tant à cheval qu'à pied, et à chaque fois il y avoit au moins 6000 hommes, toutes ces troupes étoient levées dans le royaume, par le commandement de Mr d'Alençon J frère du Roy, pour aller en Flandres, lesdites troupes conduites par les srs de Combiellers 4, de Sernasques f, le
1 A Dieppe, en 1567, Jean de Mouy, à la tête de 1,200 hommes, avait déployé une grande rigueur contre les protestants de cette ville. Histoire de la Réformation, etc. 1, passim.
2 Ces mots sont dépourvus de sens. Ils nous semblent remplacer ceux de « Procureur Marois », qui vont venir plus loin, p. 29. L'autre marraine fut Magdeleine Garin. — Le baptême eut lieu à St-Jacques, le 23 avril. Communication de M. Lefebvre, avoué à Neufchâtel, d'après les Registres de cette paroisse.
3 S'il avait quitté officiellement le nom de duc d'Alençon, à l'avènement de Henri III (1574), pour prendre celui de duc d'Anjou, que son frère avait porté jusque-là, on voit qu'on lui donnait encore son ancien titre. Appelé par les révoltés des Pays-Bas contre*l'Espagne, il leva sept mille hommes, et, malgré son frère, passa dans le Hainaut, assiégea et prit Binck, le 6 septembre 1578. Pendant trois ou quatre ans, il secourut les révoltés, et fut proclamé et couronné duc de Brabant, dans Anvers, le 19 février i582.
4 « Coulombières » ou « Colombières r » Paul de Bricqueville, baron de Colombières, fils aîné du fameux François de Bricqueville, baron de Colombières. Dict. de Morcri. Art. de Briqueville, Branche de Colombières.
i « Ou Fernaques pour Fervaques ? » C. — « Fcrnaqucs » serait pour
Bâtard de Basqueville ', de Chamallon 2, de Montiéraullier 5, si bien qu'en moins d'un an et demy lesdites troupes se trouvèrent monter à plus de 40,000 hommes, qui ruinèrent tout le pays de ces environs.
— Audit an 1578, mourut à Condemières 4 le 28e janvier, Noël Miton, frère aîné de mon père.
— Audit an 1 578, ma femme accoucha d'une fille, le pénultième d'avril, environ une heure après midy, qui fut tenue sur les fonds (sic) do, baptême par Me Archambault le Bon controlleur des tailles au Neufchâtel, Jean Bougler, la baillive Marois, Catherine Engren, sœur de madite femme, et fut nommée Catherine par ladite Engren, et ce le mardy penult (iême) V.
« Feruaques » ; u ayant été pris pour n. Ce serait Guillaume de Hautemer, seigneur de Fervacques, comte de Grancey, depuis maréchal de France.
' « Noble homme Jacques Martel, bastard de Basqueville, » comme il se qualifie fièrement lui-même. » Essai historique sur les Martel de Basqueville, etc., par M. A. Hellot, 181. L'auteur le croit fils de Jacques Martel, qui fit souche de bâtard.
2 « Il y a bien « Chamallon » peut-être pour « Chanvalon. » C.
? Le seigneur de Montérollier, canton de S. Saens, était alors « François de Peverel, seigneur de Montiraulier, époux de Françoise de Monchy. » Dict. de Moréri. — Un an après, Jean de Pevrel prêtait, le 7 octobre 1579, foi et hommage à Henri III, pour la seigneurie de Montérollier « à luy advenue, escheue et apartenant par le trespas et succession de feu François de Pevrel, son père. » Archives nationales, cité par M. Leroy, Histoire de la commune de Montérollier, 146.
4 Ne peut être que pour « Londinières, » bourg de l'arrondt de Neufchâtel.
5 L'intervalle de huit jours (22 avril. Voir plus haut, p. 24, et 29 avril), qui sépare la naissance de ces deux enfants, dans un accouchement gémellaire, est un cas assez rare pour être remarqué. Cependant, aux portes de Rouen, à Croisset, en juillet i883, une dame Vignet accouchait, à cinq jours de distance, d'une fille et d'un garçon. Le Patriote de Normandie, 20 juillet i883. — C'est la seconde fois que Miton donne à l'une de ses filles le nom de baptême de « Catherine ». Voir
— Audit an 1578, durant le mois d'aoust, le Roy étant averti que le sr de la Rocheguion étoit à Rouen, par le capitaine Péricard, envoya Richelieu prévost de l'hôtel pour le saisir, d'autant que sa Majesté avoit eue avis qu'il sollicitoit la noblesse normande pour l'insurger à cause des impôts excessifs qui se levoient sur la province, ce qui ne réussit pas, à cause de l'avis qui en fut donné audit sr de la Rocheguion.
— Audit an 1 578, au mois de juin, fut brûlée une chambrière des religieuses de S'-Jean en ce lieu, qui avoit fait périr son enfant.
— Audit an 1578, au mois de novembre, Philippe Gallié, de la paroisse de Villy ', pour l'assassinat par luy commis sur le chemin de Caudebec, en la personne du nommé Adam, fut pendu et étranglé.
— En Tan 1579, le i3e aoust Estienne Chauvin2, marchand de Dieppe, legrenetier Engren, lecontrolleur le Roy, le procureur Marois*, Me Antoine Picart, Vincent Mouchard, premier syndic de cette ville, furent, par arrêt de la cour des aydes de Rouen, condamnez, à sçavoir, lesdits Chauvin* en 900 liv. d'amende i5o liv.5 d'intérêt envers les habitans dudit Neufchâtel, et 400 liv. pour autre intérêt du sel vendu à un prix exorbitant, et 3o liv. pour la tapisserie;
plus haut, p. 19. « Dans un aveu du 3 janvier 1607, figure Catherine Miton, religieuse de l'abbaye de Bival. » Communication de M. Lefebvre.
' Peut-être « Gallie » ou « Gallye », nom qu'on retrouve à Dieppe. Voir Histoire de la Réformation, etc. — Est-ce aussi Villy-le-Bas, arrt de Dieppe?
2 « Le nom est surchargé ; il semble qu'on a changé « Chauvin » en « Chamin. » C. — « Chauvin » est plus bas et la famille Chauvin figure dans V Histoire de la Réformation à Dieppe, II, 18 et 187.
5 Plus haut la « Bailive Marois » (p. 25). Ici il y a le « Pf (procureur) Marois. » C.
4 « Ici Chauvin est bien écrit. » C. — Premier est pour Procureur.
5 Les chiffres romains ont été remplacés par des chiffres arabes.
lesdits Engren et Marois eu chacun 3oo liv. d'amende, et 60 liv. d'intérêt, 3o liv. pour la tapisserie ; ledit le Roy controlleur, 900 liv. d'amende, i5o liv. d'intérêt, et 3o liv. pour la tapisserie, ledit Mouchard en 400 liv. d'amende, 120 liv. d'intérêt envers lesdits habitans, et 3o liv. pour la tapisserie ; ledit Picard greffier i5o liv. d'amende, 3o liv. d'intérêt, et i5 liv. à la tapisserie de la cour', pour lesquelles, ils furent constitués prisonniers en la conciergerie de ladite cour des aydes, et outre condamnez aux espices dudit procès, et aux dépens desdits habitans, duquel procès furent les motiis et poursuivans, Me Pierre Vassagne, et Leconnet2 le Clerc, lequel procès ayant été revu au grand conseil, par requête civile, instance dudit Chauvin, avoit esté par arrest donnée en la ville de S. Diez, près Orléans?, ledit arrest cassé pour le regard du dit Chauvin, et lesdits habitans condamnés à la restitution desdites amendes et deniers, et condamnés à ses dépens, néanmoins que lesdits Vassagne, et le Clerc eussent reçu tous lesdits intérêts et dépens, desdits Chauvin, Engren, le Roy, Marois, Mouchard et Picard, et dont néantmoins du depuis les héritiers desdits Vassagne, et le Clerc avoient intenté action contre lesdits habitans, pour leur être fait raison des deniers par eux frayez 4 à la poursuite dudit procès et ce en la cour des aydes qui est encore indécis, dont j'ay laissé mémoire parmy mes papiers pour empêcher les poursuites, et que tant s'en faut, sont condamnables à rendre compte de tous lesdits deniers qu'ils ont reçus des dessusdit, vu comme dit est que lesdits habitans n'ont jamais
1 Ces amendes étaient infligées, suivant l'habitude, pour la décoration de la Cour des Aides.
2 II l'appellera bientôt : « Leonnet, » diminutif de Léon, p. 34. î Saint-Dyé-sur-Loire (Loir-et-Cher.)
4 « Frayer », vieux mot qui signifiait : « Fournir aux frais et à la dépense de quelque chose. » Le simple a disparu, mais le composé « défrayer » subsiste encore.
rien reçu, et néantmoins avoient payé et restitué audit Chauvin lesdites amendes et interests que ledit Vassagne avoit reçus de luy.
— Nota '. Que feu Me Isaac Vassagne, depuis le déceds dudit Me Pierre Vassagne, son père, a reçu de Me Antoine Picard, d'Aumalle, fils et héritier dudit Me Antoine Picard, la somme à quoy se montoit l'intérêt pour ladite condamnation et en avoit composé avec luy, lesdits intérêts ont été reçus par ledit Me Pierre, tant desdits Chauvin, le Roy, Engren, Marois, que dudit Mouchard, ce qui est à noter, afin qu'il ne tienne compte que des dépens, chacun pour sa part, en cas que leurs héritiers voulussent remuer le procès qui est pendant en la cour des aydes.
— Audit an 1 5 79, Mre Antoine de Mascarel 2 chevalier de Tordre, baron d'Hermanville, prit possession du gouvernement delà ville du Neufchâtel, vacant par le déceds du-sr du Quesnel.
— En l'an i58o, le 8e avril, dernière feste de Pâques', environ sur les six heures après midy, il se fit un grand tremblement de terre qui dura fort peu, et qui étonna fort le peuple de cette ville du Neufchâtel, qui eut recours aux prières, chacun alla prier Dieu dans sa paroisse, le lendemain il se fit une procession générale où le S'-Sacrement fut porté,
1 Ce paragraphe était renvoyé à la page suivante, dans la copie, mais il a été placé ici, comme étant la suite nécessaire du précédent.
2 Antoine II de Masquarel ou plutôt de Masquerel, baron du Boscgeffroy, seigneur de BailleuL etc. Hermanville est dans l'arrondt de Dieppe.
) Le mardi de Pâques, troisième jour de cette fête. — En i58o, Pâques tombant le 3 avril, ce serait le 5 et non le 8. On a le : « Discours merveilleux et effroyable du grand tremblement de terre advenu es villes de Rouen, Beauvais, Pontoise, Mantes, Poissy, Saint-Germain en Lave, Calais et autres environs de ce royaume. » Paris, J. Coquerel, i58o. Brochure in-8°.
et ensuite la prédication par le frère Michel Michel [, Augustin.
— Audit an i58o, le 7e avril, ma femme accoucha sur les 8 heures du matin d'une fille, qui fut tenue sur les fonds de baptême par le sr de Creny de Vailly en Champagne 2, et par Me Jacques Besoche, receveur des tailles audit Neufchâtel, par la fille du sr de Neuville-Ferrières, à présent femme du sr de Beromesnil ?, et par la femme du lieutenant Bourgoise, et fut nommée Anne, par ladite Anne Douller4.
— En Tan 1 579, le 20e octobre, Pierre Bougler, sr du Cazier, mourut âgé de 68 ans.
— En i58o, le i3e avril, Me Adrien Bridou, naguères vicomte, décéda, étant de la nouvelle opinion.
— Il convient icy noter, que par la paix conclue par le Roy, avec les huguenots, en Pan 1570s, les officiers qui avoient été privés de leurs offices, étant rentrés en l'exercice d'ïcelles, au même instant avoient résigné iceux offices, à sçavoir Me Nicolas Bourgoise de son état de lieutenant à Me Christofie Bougler, Me Adrien Bridou, de son office de vicomte, à Me François Avisse, Me Jacques du Mesnil, à Me Antoine Marois, son état de procureur du Roy, MeJeanTricotté son état de grenetier à Me Jean Lasnier, et pour les autres s'étoient rendus catholiques.
— Convient aussi noter, que avant à la place du château
' Le second « Michel » paraît inutile.
2 Jean de Crény, seigneur de Bailly-en-Campagne, hameau de la commune de Fresnoy-Folny, cant. de Londinières. Une cloche de ce hameau portait : « Louis de Crény, seigneur de Bailly-en-Campagne. » Les Cloches du pays de Bray, par M. Dergny, I, 209.
3 Baromesnil ou Bermesnil?
4 « Ou Doublet. » C. — La fille de Doullé, sieur de Neuville-Ferrières.
5 La paix de Saint-Germain conclue le 8 août \b*jo. — Voir plus haut, p. 21.