‹ Documents concernant l'histoire de Neufchâtel-en-Bray et des environsChapitre 10 sur 23 · LV1U · texte numérisé non relu

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Son premier devoir était de renseigner sur la provenance de pes deux manuscrits inédits et d'éclairer sur la valeur de leurs textes. Il vient de le remplir par l'étude consacrée ;ï chacun d'eux, dans cette Introduction.

Sa méthode ensuite a été d'en soumettre les documents à une critique sévère, et c'était de toute nécessité, surtout pour le Mémoire de Miton, où il y a plus d'une erreur de tout genre, comme on peut l'attendre d'un homme qui écrivait après les événements et négligeait de contrôler ses souvenirs, avec la mauvaise chance d'un texte altéré, à la fin du xvine siècle, par un copiste peu versé dans la lecture des anciens manuscrits et complètement étranger à cette histoire locale. De là, bon nombre d'énigmes devant lesquelles l'éditeur a fait plus d'une halte, avant de les comprendre, et il ne se flatte pas d'y avoir toujours réussi. En cas d'impuissance absolue, il s'est interdit de descendre la pente facile des conjectures, ou bien, si cela parfois lui arrive, le lecteur en est averti par un modeste : « Probablement; » ou encore un timide : « Peut-être, » qu'il préfère à l'orgueilleux : « Assurément, » sans preuves. Il laisse à ceux qui auront plus que lui l'intuition de l'histoire locale de Neufchâtel-en-Bray le soin de suppléer à son insuffisance, et de trouver le vrai sens de l'énigme.

Comme les données positives sont accumulées, en masse un peu confuse, dans ces divers documents, il était nécessaire de tenter d'y jeter quelque lumière. C'est ce qu'il a esssayé de faire, en multipliant ces notes explicatives et rectificatives dont les éléments ont été toujours puisés aux sources les plus autorisées, qu'il a grand soin de citer. Il s'est attaché à les présenter toujours sous la forme la plus simple et la plus concise possible. Bref, toute son ambition

a été de publier des textes, soigneusement annotés, qui pussent servir de base sûre et sérieuse aux futurs historiens de Neufchâtel.

Tel a été aussi son but en publiant, sous le nom d' Appendices, une douzaine de pièces, rares et peu connues, qui éclairent d'un jour nouveau le texte de ces deux manuscrits.

Bien convaincu qu'un livre d'érudition, et surtout un recueil de documents, sans « Index, » perd la moitié de sa valeur, l'éditeur en a fait deux, l'un pour les noms de lieu, l'autre pour les noms de personne. Ils étaient d'autant plus nécessaires que les uns et les autres s'y rencontrent, à chaque page et presque à chaque ligne, et qu'il eût été impossible de se retrouver, sans leur secours, au milieu de ce dédale de noms accumulés par centaines.

Pour mieux mettre en relief le détail et l'ensemble de ces documents, il a paru à propos de joindre aux Index une Table analytique des matières ; et puis une Table générale du volume, de sorte qu'en consultant l'une ou l'autre, le travailleur pût découvrir, sans peine, l'objet spécial de ses recherches.

Enfin, l'éditeur ne s'est pas astreint à une reproduction servile de l'orthographe ni de la ponctuation du manuscrit français. C'eût été un excès de fidélité déplacé pour un texte historique dont le sens seul importe, et non le matériel du mot ou la division illogique de la phrase. Le procédé contraire n'eût abouti qu'à rendre la lecture de ce texte plus compliquée qu'elle ne l'est naturellement, tandis que îes changements introduits l'ont rendue plus facile. Quant au texte latin, il était impossible de le laisser avec

1 II y a, en chiffres ronds, 1,300 noms de personne, 280 noms de lieu el près de 700 articles dans la Table analytiqv.

ses soixante et quelques fautes, de tout genre, imputables à l'auteur, et non à ses copistes. On en pourra juger par le tableau où les corrections figurent en regard des fautes manifestes ou présumées1.

Chargé d'une besogne aussi aride et aussi ardue, l'éditeur a dû prendre pour devise celle que le poète latin attribue au plus grand capitaine de l'antiquité, « qui croyait, dit-il, n'avoir rien fait, s'il restait quelque chose à faire » :

Nil actum reputans, si quîd superesset agendum.

Lucain, Pharsale, I.

Pendant près de trois ans, il a donc cherché, à Rouen, à Neufchàtel, à Paris et à Caen, par correspondance et par déplacements, tous les moyens d'information possibles. On a déjà vu les noms de quelques-unes des personnes qui lui sont venues en aide. On trouvera les autres ailleurs, à la place où le service a été rendu.

Il en sera de même pour l'indication des sources où il a puisé, tant pour les ouvrages que pour les auteurs; car il rougirait de pratiquer l'indigne piraterie littéraire qui démarque les travaux et les découvertes d'autrui pour se les approprier subrepticement et sans vergogne.

Bien grande serait la récompense de ses efforts et de ses soins, s'il pouvait sortir bientôt de la publication de ces documents une histoire complète et judicieuse de Neufchàtel, et quelques aperçus nouveaux sur le beau pays de Bray, auxquels le rattachent tant de souvenirs d'enfance, tant de liens d'amitié, de famille et d'études.

1 Voir plus loin, Appendices, II-5, p. 238-240.

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