s Distinctas, vivisquecoloribus atque métallo
Duplice perspicuas, completasque arte magistrâ, Quas germana manus, docto fidissima scalpro, Fecerat ad numerum triginta vel amplius usque '. Stemmata familias signabant ista virorum
220 Nobiiium patriœ, comitumque ducumque baronu nique. Aut quorum pietas donaria Patribus ampla Obtulerat, precibus quoturba sacrata juvaret Seque suasque domos, successoresque futuros 2. Nunc aliquam armorum partem mihi, Musa, recense,
22< Utvideant chartis patrum monimenta nepotes, Quae non viderunt Bernis, dum fixa manebant, Et, pietatis iter sectantes instar avorum; Ediscant opibus Christi delubra fovere.
Incipe, nam vires fortuna audentibus addit,
2 î° Armigerosque duces Musas sunt sœpe locutas, Mnesmosyneque tuos conceptus aima secundes, Si modo cunctantem te oblivio sera moretur, Incipe scutiferos aliquot, mea Musula, versus ; Incipe, felici succèdent omnia fato.
»M Vidimus hic Longœ-Vilke ducis arma sereni, Vidimus Albimalx comitis tune stemmata clari, Vidimus Augensis comitisque insignia magni. Sunt haec arma satis cunctis notissima Francis,
1 « Au-dessus du chapiteau de chaque colonne, il a vu des écussons ou des armoiries, pour parler le langage ordinaire, sculptées en bois, offrant des formes et des couleurs variées, faites par d'habiles artistes, et le nombre s'en élevait bien à trente et même davantage. »
2 « C'étaient les armoiries des familles nobles, comtes, ducs, barons et bienfaiteurs de Bernesault, obligé de prier pour eux leurs familles et leurs descendants. » — « Baronumque » est un vers hypermètre.
Nec decet abjecto depingere tanta libdlo '.
-4' Et praelatorum memini vidisseduorum Signa duo, vitreis templi depicta lucernis. Umbo prions erat fulgenti splendidus auro, Tresque cruces sableas gestabat nobile scutum Bordatum gueullis, cui juncta thiara notabat
*4S Abbatem Diva; Catharinae Rotomagensis 2. Argenti faciem monstrabat comparis umbo Azureamque trabem decurvam sive chevronem, Et capita aprorum nigrantis terna coloris, Sed clypeus vigilis baculo pendebatad [unco]
2<° Abbatis diva? Genitricis Bellibecensis ?,
Vidimus argenti clypeum quem fossa coloris Azurei cinxit minimo diaprata leone, Atque aquilâ rutilo claroque insignibus auro •'. Vidimus et pallos octo numéro bicolores
2 s s Quattuor obrizo signatos, quattuor ostro, Talia Castella? Rex quondam ferre solebat Stemmata, sparsa suis quas dudum Hispania junxit s. Alitibus ternis ex auro deinde videbam
i La description de ces armoiries débute par le simple rappel « de celles des ducs de Longueville, du comte d'Aumale et du comte d'Eu. Leur grande notoriété le dispense de les décrire dans un si modeste travail. »
2 « L'abbé de Sainte-Catherine-du-Mont-lès-Rouen. » — Cette Note est de M. Emile Travers, sur le manuscrit qui m'a été communiqué, ainsi que les suivantes. — On voyait ces armoiries sur les vitraux de la chapelle ou église.
? « L'abbé de Beaulieu ou deBeaubec. » Id., Ibid. — « De Beaubec, » comme on le voit dans l'Histoire de dom Bodin. F. B.
4 Ces armes paraissent être celles des Masquerel : « D'argent à la fasce d'azur, diapré d'un aigle et de deux lions enfermés dans des cercles d'or, accompagnés de trois roses de gueules, 2 et i . » Les Cloches du Pays de Bray, par M. Dergny, t. I, p. 207. F. B.
( « De Crères, de Boulainvilliers ou de Saint-Saire. » M. E. Travers, Ibid.
Ornatam pallam rosei rubeive coloris, 260 Cujus campus erat candenti lucidusore,
Haec bene nota mihi per Bernas plurima vidi.
Argenti clypeum vidi nigrumque leonem,
De medio clypei issantem seu prosilientem,
(Qui sine stat pedibus leo, in armis dicitur issans). 265 Malleolos ternos jucundo vidimus auro
Perspicuos, clypeo oelatos murice tincto.
Huic affinis erat clypeus rubeique coloris
Martellos gestans totidem ejusdemque metalli;
Stemmata familias istorum et nomina signant. J7° Herbeus hic stabat clypeus, viridisque colons
Andri-crucem gestans [saultoir quod vulgus inepte
Nominat) argenti faciem crux talis habebat.
Atque aliam parmam de pennis vidimus illis
Gestantem clypeum varium dixere periti.
27< Hac in parte viri de vatr nos dicimus apte
Quod sit casruleis albisque coloribus œque '.
Civibus ex nostris quidam sua pignora iisdem
Sacravere locis, quibus haud insignia desunt.
Ingenuos siquidem semper sua signa sequuntur. 280 Parma fuit primi niveo candore refulgens,
At medio fuscata suo chevrone nigranti,
Sed super aurato crescebat lunula vultu,
Très quoque clarebant stellae sandice rubentes 2.
Parma secunda fuit similis splendore Dianas 28 s Murice sanguin eo tincto stipata chevrone,
Très quoque trifondes lucebant moresmaragdi ?.
1 « De Bacqueville, de Breauté ou de la Selle, de Gouvis ou de Mainières. » M. E. Travers, Ibid.
2 « De M0 P. Carpentier, curé de Saint-Jacques de Neufchâtel. » Id. , Ibid.
? « De Gaston de Grouchy, seigneur de Mathonville. » Id., Ibid. — « 11 y avait, en 1684, à Paris, une branche collatérale de la famille de
Altéra erat parili praelucens facta métallo, Ad caput illius compes fuit atra reorum, Tresque trabes parvas portabat parma nigrantes '.
29° Hase tria mensalis vitris cognovimus aillas 2. Aurea praefatis fuit altéra scutula claustris, Quam setosa suis nigraverat hura ferocis, Gum cornu loroque fera; pendentibus ore ?. Juxta erat azureas tincturae parmula gestans
29< Bezanos ternos auratos atque rotundos 4; Hoc fuitantiquae species vulgata monetag. Vidimus affixum prasstans ac nobile scutum Herminibus minimis sparsum junctoque leone Rampante in medio rubicundo chromate tincto !.
î°° Ad valvas aulae majoris parma patebat
Grouchy, qui avait conservé les anciennes armes de la famille : d'or fretté de six pièces d'azur, tandis que les Grouchy-Robertot portaient d'argent à trois trèfles de sinople, armes de la famille d'Escorchebœuf, prises par Jean 1er, vers 1^70, et qui furent modifiées en 167 1. » En tête de la Note sur les Grouchy de Neufchàtel-en-Bray, remise par M. le vicomte de Grouchy. Voir Introduction, p. xi.n, note 2.
' Les mots « Compes atra reorum » nous paraissent indiquer un seigneur d'Esclavelles. « Le seigneur d'Esclavelles rejoignit l'armée des Croisés, emportant religieusement ses fers avec lui ; et, de retour à son château, il les fit sceller dans la muraille de l'église, où ils sont restés jusqu'à ce jour. » M. l'abbé Deeorde, Essai sur le canton de Neufchâtel, 95. F. B.
2 « Nous avons connu ces trois armoiries sur les vitraux du réfectoire. »
5 « De M. Pierre Le Porc, vicomte de Neufchâtel. » M. E. Travers, Ibid. — Portait : « D'or à la hure de sable soutenant un cor de sable en pointe. » Recherche de la Noblesse, par Barrin de la Galissonnière.
4 « De M. Pierre Le Bailly, vicomte de Neufchâtel. » M. E. Travers. Il portait « d'azur à trois anneaux d'or, » dans la Recherche de la Galissonnière, p. 192.
5 « De M. de Boissay, baron de Mainières. » Id., Ibid. — Les de Boissay portaient d'hermines au lion rampant. F. B.
Turribus aureis ternis signata coloris, Parma sed albenti candebat tota métallo '. Plures armorias istis per templa, per aedes, Infâmes alias, quasdam sine nornine vidi, 5°t Quasque referre mora est, quarum nec rite recordor 2. Sufficit ista mihi pingui cecinisse Minervâ Stemmata, nam durum est cunctis hac parte placere.
Claustrelli medio ramosa increverat ulmus, Quae dabat aestivis jucundam ardoribus umbram '.
?10 Saepe ego cum sociis sub ramis prandimus istis. Ad claustri partem radiis quam lustrât Eoûs, Nobilis aula fuit, fratrum quâ turba solebat Quottidie mensâ communi sumere victum, Lustrabantque aulam ternas grandesque lucernae 4.
?'s Junctaque non pinguis sed erat tamen ampla culina, Complectens puteum, furnos duplicemque caminum, Et super has aedes denae claustralibus aptae Constabant caméras, quarum pars mœnia versus Spectabat, nostrum versus pars altéra claustrum *.
r « De la ville même de Neufchâtel. » Id., Ibid. — La quantité, la grammaire et le blason n'admettent pas « aureis, » ou plutôt « aurei, » se rapportant à « coloris. » M. Potin de la Mairie dit : « Les armes de Neufchâtel sont d'azur à trois tours crénelées d'argent. Après la réunion de la Normandie à la France, on y ajouta le chef cousu d'azur aux trois fleurs de lis d'or. » Recherches sur le Bray normand, I, 272.
2 « Il y avait encore dans l'église et dans les appartements des armoiries peu connues, qu'il passera sous silence, ne se le rappelant plus suffisamment. »
? « Au milieu du cloître, avait poussé un orme touffu, dont l'ombrage protégeait contre les ardeurs du soleil d'été, et sous les rameaux duquel il dîna souvent en société. »
4 « Le réfectoire était à l'est du couvent, éclairé par trois grandes fen Cires de chaque côté. »
5 « Près du réfectoire, on voyait une vaste cuisine, avec un puits, des
?20 Stabat et occidua claustri de parte quadrati Aula magistralis, longé pulcherrima forma Ante alias aedes quas incolit ordo Minorum, Tantus ab arte décor fuerat spectabilis omni, Sive situm spectes, vel si laquearia sursùm
32î Auratasque trabes, necnon pavimenta deorsùm, Miraveris ' opus, radient ut cuncta nitore 2. Quattuor ornabant sedilia partibus aulam Facta fabrûm dolabris, sculptorumque arte minuta Prœsidibusque decens posita est orchestra magistris.
3'° Insuper et vitreae, quales non vidimus usquam. (Quam jactura ingens, ô et irreparabile damnum, Quo nullum majus Bernae fuit inter Erynnes!) Interiora domus lustrabant quinque fenestrae ; Et bifores aulas claudebant ostia valvae,
33 s Quas super urbis erant ccelata insignia nostrag 4. Hac in parte etiam totidem quot in ante relata Constabant cellae, monachis famulisque paratae s. Rursus et ad partem, quâ ventos impulit Auster,
fours, deux cheminées et au-dessus dix chambres pour les moines, dont une partie avait vue sur les murs de la ville et l'autre sur le cloître. »
' Vers faux. Archaïsme et faute de quantité.
' « A l'ouest du carré formé par las bâtiments était la grande salle conventuelle, bien plus belle que toutes celles des autres frères mineurs, tant l'art s'était plu à l'embellir. La position, les lambris, les poutres dorées, le pavage, tout en était admirable et resplendissant. »
5 « Des stalles sculptées ornaient les quatre cotés de la salle, et il y avait une belle chaire destinée aux supérieurs, avec des vitraux tels que l'auteur n'en avait jamais vu. » Aussi, en déplore-t-il grandement la perte irréparable.
4 « La salle, éclairée par cinq fenêtres, avait une porte à deux battants, au-dessus de laquelle étaient les armes de Neufchâtel. »
5 « Sur cette grande salle sî trouvaient autant de cellules que de l'autre côté, destinées aux moines et aux frères convers. » — Voir plus haut, p. 200, note 5.
Latum erat atque patens hinc inde volentibus ire
;-*° Vestibulum, longis templi compagibus hicrens : Nec fuit aspectu vicinis icdibus impar, Quippe lucernarum séries ubi longa patebat Claustrellum versus, vitro candente referta, Et picturatae ditabant undique muros
hj H istoriae célèbres, veteris documenta Moysis '. Materiam superabat opus, vestigia restant, Quae non tempus edax potuit delere nec imbres 2. Et cochlea ascensum facilem praestabat ituris Dormitum monachis, ad quas jam diximus aedes ?.
>s0 Scalatœ et supra prœcelso culmine turris Utile erat positum Bernensibus wpoXoyîtsv, Atque nola, auditus cujus transibat ad urbem 4. Versus et Arcturi stellam septemque triones (Ut nihil in quadro clausuras restet inane)
»n Magna domus posita est ad prata virentia spectans, Mansio cujus eratprimoribus atque magistris Asservata loci, tune advenis extraneisque Hospitii causa, sed et aulula dévia paulùm Fratribus invalidis atque asgrotantibus apta 5.
' « Au midi, s'étendait un vaste vestibule aboutissant aux constructions de la chapelle. 11 ne le cédait en rien aux appartements voisins, car il avait une longue suite de fenêtres en verre blanc du côté du cloître, et des peintures, tirées de l'Ancien Testament, sur les murailles. »
2 « Il en restait encore des vestiges, malgré le temps et les pluies, » lorsque l'auteur faisait cette description, vers 1620, en copiant Ovide.
3 « Un escalier en limaçon conduisait aux cellules dont il a parlé.» — Voir plus haut, p. 200. Le nom propre était « une vis, » escalier tournant.
4 « Au sommet élevé d'une tourelle existait une horloge fort utile aux moines de Bernesault, et une sonnerie qu'on entendait de la ville. »
5 Le côté nord, le quatrième côté du carré, « contenait une grande salle, ayant vue sur les prairies, destinée à recevoir les autorités et les magistrats de Neufchâtel, et à donner l'hospitalité aux voyageurs et aux
?6° Haec sunt familiae Bernensis tecta vetustae Carminé scripta brevi, Martis quae diruit alto Culmine dira lues, quseque ipse miserrima vidi '.
Dicere prœeipuos hanc qui rexere magistros Jam volo, namreliquos non est memorare necesse 2.
?6s Quem primùm cecini fraterGermanus Amicus, Hujus cœnobii fundator, rector alumnus Extitit et custos bene quadraginta per annos î. Is dédit auspicium et Bernae incrementa futurae, Construxitque domos omnes, quas diximus ante.
?7° Denique vicinos plures curavit agellos
Jungere, prima super donaria facta per ipsum (Quemdixi) dominum Rogerum 4, septaquœ Bernas Auxit in anfractu frustatim jungere bino. Hic tandem moritur pietate repletus et aevo,
J7J Quo nec erat melior quisquam nec amantîor œqui. Dum vixit, monachos nostri triginta duosque Viderunt patres convivas tempore in uno. Nomina adhuc rémanent Bernis inscripta registris, Praecones Christi quorum pars maxima verbi 5.
étrangers, puis un petit bâtiment, tant soit peu à l'écart, servait d'infirmerie pour les frères invalides et malades. »
' « Telle est la description sommaire de l'ancien couvent de Berncsault, complètement détruit pendant les guerres civiles, sous les yeux attristés de l'auteur. »
2 « Il va rappeler le nom des principaux prieurs. Inutile de parler des autres. »
5 « Le fondateur du couvent, en 1 504, fut Germain Lamy ou l'Amy (Amicus), qui le gouverna pendant quarante ans. » — Voir plus haut, p. igi.
4 « Roger de la Motte, sieur de Vimont, etc. » — Voir plus haut,
p. ICJ2.
5 « De son temps, le couvent compta trente-deux moines, dont les noms étaient inscrits dans les registres de Bernesault, et qui, pour la plupart, se livraient à la prédication. »
?8° Sic tair.cn hic tratrcs supra çaput exerit omncs, Quantum clàra preest stellis aurora fugatis. Defuncti gradibus successit muneribusquc Gcrmani socius, frater Nicolaus, et ille Balduini clarum nomen servabat avorum '.
38s Indigenae Arquensis majorum stemmate notas Inter cordigeros non inferiora secutus ; Quippe erat eximius doctor primusque ministcr Ordinis illius, cujus provincia tota Postea Balduinum voluit moderamem haberc,
?9° Ut pater ille priùs vivens Germanus habebat. Bernicolas rexit totos bis quinque per annos. Post haec Parisios repetens, erat unde vocatus, Cœnobium macrum linquit fmiturus opimo 2. Salbernae viduae tutoris propter amarum
?9J Balduini abscessum frater Martinus habenas Suscepit vigiles Félix Onguerus, et illi Cœnobii demandata est custodia, namque Vir probus et satagens et concionator acerbus Extitit et septem monachos compescuit annos ;.
400 post mortem illius contentio maxima fratres
Commovit reliquos, nam tune decrescere multùm Est visus numerus, quod pars elegerit unum, (Textoris huic nomen erat), pars una Richardum. (Hic est Bernophylax popularis, prœcoque sacri
4°< Quintinus verbi Bernis qui nuper obivit.)
i « Il eut pour successeur le frère Nicolas, de l'illustre famille Baudoin, originaire d'Arqués. »
2 « Ce fut un docteur remarquable, et toute la province du Tiers- Ordre voulut l'avoir pour chef, comme elle avait eu précédemment Germain. Après avoir été prieur de Bernesault, pendant dix ans, il retourna à Paris, d'où il était venu. » La province de Flandre, la seule que l'Ordre possédât alors en France, en fît son provincial.
? « 11 eut pour successeur le frère Martin, Félix Onger ou Unger l grand prédicateur qui gouverna le couvent pendant sept ans. »
Tandem Quintino concessit Textor honorem ', Si quid honor valeat claustrales inter alumnos, Gloriolam mundi qui calcavere volentes.
Attamen ille duos vel très praecesserat annos
4° Post mortem Ongueri, quaternus in ordine rerum 2. Invidiae proflicta genis, accensaque flammis Ira? fax juvenis Quintini pectus adussit, Indoluitque sibi quod praeferretur dy.aQ-nç, Nec requievit enim donec te, Textor, abacto,
4' 5 Custodis gradulum fuerit promotus ad istum. Pacificus vir Textor erat senioque repletus, Moribus et lenis, non quaerens jurgia, porrô Maluit audacter juveni parère magistro, Quàm super audacem vetulus regnare ministrum.
420 Postremusque fuit Quintinus in ordine quinto lnter Salbernae custodes sede priores 5. Commoda multa ferens, incommoda plura vicissim P.estitit adversis per nubila tempora rébus Salbernae exortum viditque eventum 4
425 Illius occasum, subitas tristesque ruinas,
Avulsasque patrum armorias, viditque sacrata Templa capistratis in caulas facta caballis ï. Exulat intera, nec enim data causa morandi est,
i « A sa mort, un grand débat s'éleva entre les frères, dont le nombre diminua beaucoup, parce que les uns choisirent pour prieur Texier ou Tessier, et les autres Richard. » Ce dernier était Quentin, « gardien et prédicateur bien connu de Bernesault, mort récemment, auquel Texier finit par céder l'honneur. »
2 « Quentin avait précédé de deux ou trois ans après la mort d'Onger, en qualité de quatrième prieur de Bernesault, l'instant où Texier lui laissa le pouvoir. »
5 « Quentin devint alors le cinquième prieur de Bernesault. »
4 Vers incomplet.
5 « Bernesault est dévasté, les armoiries détruites et la chapelle transformée en écurie, pendant les guerres de religion. »
Hospitium proprium dum destruit hostis iniquus
4J<> Atque venenoso Lutheri dogmate turgens.
Nec locus est Bernis caput unde reclinet abactus; Afflictus vitam in tenebris luctuque trahcbat, Assiduo tristem crucians mœrorc senectam, Propter Salbernae casum pereuntis acerbum,
45 ( Qualis Anatothidesvates ' sanctissimus olim, Qui phialas irce Domini miscebat iniquis Principibus terrce, religatus colla cathenis, Deflebat Solymae querulo plangore ruinas, Et cladem patriae praesagâ mente canebat,
44° Quas oculis etiam vates carnalibus hausit. Ut furor hostilis, depulso Marte, quievit, Atque fugam celeres intercepere Sycambri, Jamjam prisca redit Quintini in pectore virtus, Regressusque domum cœpit nova tecta parare,
44j Sed quae sufficiant vitae jam morte propinquae. Congeriem sparsim vacuus per prata, per agros, Collegit lapidum, ruderumque vitrique 2 Partem divendit, partem sibi servat ad usus. His fragmentorum reliquiis adjutus et omni
4?° Officio pietatis ab ipsis civibus sedem
Struxit fumificam ac matulœ luce carentem, Quattuor ad summum fratrum vel quinque capacem, In qua solus agens superis concessit ab oris 5. Illa quidem stat adhuc paucis renovada diebus,
4$$ Namque novis aequum est rébus concedere tri tas,
i Jérémie, né à Anatoth, petite bourgade de la Palestine, tribu de Benjamin.
2 Vers faux, incomplet.
? Cette modeste reconstruction du monastère de Bernesault, avec les débris de l'ancien, faite par le prieur Quentin pour quatre ou cinq frères tout au plus, paraît antérieure à celle qui prit sa place, en 1 6 1 5 . — Voir plus haut, Mémoire de Miton, p. i32.
Ut vêtus in vasis vinum redeuntibus uvis. Quadraginta fere custos permanserat annos, Quando post triduum inventum est a morte cadaver In caméra extinctum portis foribusque seratis '.
460 Et sine teste cadit qui degere solus amabat. Desierat senior jamdudum verba popello Ferre salutifera, ascensâ de more cathedra, Tum propter senium et defectum vocis anhelae, Sed solo vivens altari et quotidianis
46s Quaestibus, illaesum templum servabat et aedes, Et quandiu vixit nullas subiere ruinas, Una nec oblatis sine vino et pane remansit 2. Post mortem illius, jamjam sensere supremum Stare diem miseras haud longo post tempore Bernae.
47° Sacrificio sine myste manent, nullusque sacerdos Invenitur curam illorum qui vellet habere. Excessere omnes, adytis arisque relictis, Bernicolae fratres, violenta flantibus austris, Stat déserta domus, jugique atria imbre madescunt;
47s Stagnât et assiduis templum pluvialibus undis ; Omnia frusta jacent, neglectaque et horrida visu i. Quidam Cordigeri missi sunt ordinis hujus
i « Quentin avait été le gardien de ce monastère, pendant quarante ans environ, quand on le trouva mort dans une chambre de Bernesaut. » — « Custos » veut bien dire « gardien; » mais de Grouchy paraît le faire ici synonyme de « prieur » ou « supérieur. » Seratis, « verrouillées, » et non sedatis « apaisées, » avec un non sens et une faute de quantité.
2 « Il ne prêchait plus depuis longtemps; la vieillesse et le manque de voix l'avaient obligé à vivre de l'autel et des quêtes, sans jamais interrompre l'office divin. »
? « Après la mort de Quentin, la ruine de Bernesault est imminente; plus de prêtre pour le sacrifice ; personne ne veut se charger du soin de Bernesault. Tous les frères s'en éloignent; la maison est déserte; la pluie inonde le temple; les débris offrent un aspect horrible. »
— 2oR —
Orgia qui célèbrent et inhospita tecta reforment '. Primus Natalis venit, Baratusque secundus 2.
-»80 Hi duo non multum lustràrunt temporis orbem, Tu m propter pravos mores et scandala nota, Et quod donatis frustrabant tecta caduca ?. Deinde Tiberga subit paulo moderatior istis, Cui datur incassum pnegrandis copia nummi,
48( Quippe deplorandas 4 tolerabat ut ante ruinas Et collecta sibi servabat dona s, perinde Postera quaeque dies pejor fuit anteriori.
Postquam Bernarum furor indignantis Olympi Attrivit sub fulminei discrimine Martis
49° Res praeclaras, nec prœsentibus ordo ruinis Ullus adest, nec meta, pater Franciscus acerbo Pectore suspirans provolvitur ante beatos Virginis obtutus et supplex talibus orat 6. « Virgo, potens rerum et divinse conscia mentis,
49J Quam Deus adversis prassens in rébus asylum Constituit, famulum non dedignare precantem. Aspicis ut Bernas magni inclementia belli
' « Des Cordeliers de cet ordre (de Saint-François) furent envoyés
pour célébrer les saints mystères et relever les bâtiments délabrés. »
2 « Le premier qui vint à Neufchâtel fut Noël et le second Baratte. »
; « Leur inconduite et le vol des offrandes ne leur permirent pas d'y
faire un long séjour. »
4 Faute de quantité.
5 « Tiberge, un peu plus modcré, reçoit en vain de fortes sommes, qu'il accapare pour lui, au lieu de les employer à relever les ruines du monastère. »
6 Après que le Ciel eut fait peser tous ces malheurs sur Bernesault, le poète suppose que le fondateur de l'ordre des Pénitents, saint François, adresse à la Vierge la prière suivante, où se trouve résumé tout ce qui vient d'être dit sur l'état ancien et sur l'état présent du monastère.
Jamdudùm nostras populatur, et orba ministris Stant delubra suis ; et, si qui forte supersint,
s00 Aris posthabitis indigne terga dedêre.
Magnificae collapsas cèdes et ditia quondam Atria prasteritis squalent divulsa ruinis. Pervia sunt delubra notis, sunt pervia et undis, Dispereuntque sacras pinnis labentibus arae.
s°f Aspice quam differt a prisco Berna décore, Quas gémit et sancti repetit lamenta prophétie. Nec venit adjutor, nec qui soletur amaram; Nullus amicus adest, omnes sprevere jacentem In squallore suo. Superisne videbitur aequum
î'° Post tantas clades exantlatosque labores
Tarn praestans quod surgit adhuc succumbere templum ? Si moverit ' divos quaedam impietatis imago, Et meruere asquas commisso crimine pœnas Bernifugae monachi, vel qui venere priores,
S'5 Rébus ades miseris, gratumque inflecte precando Ultrices palmas teneat, jam parcere tempus, Fratribus ignoscat nostris, miseretur et istis Quas superant tectis de tantis aedibus, et jam Non ferat antiquum sanctumque Mathaei
s20 Bernensis nomen famuli, memoretur Amici, Balduini, Ongueri, servorum deinde suorum, Et quorum pietas Bernas servavit et auxit. Cordigeros ibi, vera loquor testorque pudorem, Virgo, tuum, plures pietate fideque priores
::; Omnibus, expertiis per tôt discrimina novi. O Reg:na, piae venias auraria causae.
Innumeras servata tibi Saliberna saiutes Pro meritis referet. Francûm quin agere 2 regem.
i Faute de quantité. Movit faisait le vers, et meruere prouve qu'il a été mis.
2 Agere, faute de quantité.
Funigerûm assiduus vindex, benefactor, amicus. <;A Expansis ad te manibus, tu m poplite flexo
Annuit il le meis precibus, remque orat eamdem. »
Talia voce refert curis ingentibus, atque Spcm vultu insinuât, regemque hortatur ad istam. At regina poli, cujus succurrere semper
ns Rébus cura fuit lapsis, et ferre medelam Afflictis animis, non aversata suorum est Athletùm lacrvmas; imo quantocius illa, Vota preccsque virûm festivo corde receptans, Aggreditur solium Régis sublime tonantis,
$4° Cui supplex aperit patronans vota precantum, Ac genibus flexis verbis ita fatur amicis ' : « Ut tua flagranti nunc pulsem numina voto Urgeor, ô fili, Bernas miserare jacentes, Ultricem compesce manum, te mater adorât,
S4i Te veniam planctu et resupinis vultibus orant Assisiusque pater, juxtàque Capetius héros 2. Pluribus haud opus est aures obtundere sacras. Omnia sunt détecta tibi, et quodcumque futurum est Tu nôsti melius quam sit mihi dicere promptum.
s î° Inficias tamen ire nequit commissa mereri Multipliées pœnas, sed te, dulcissime filî, Lapsorum semper miseret, levioraque culpis Supplicia infligis ; tandem modus esto furori. Débita si nondum pressit vindicta malignos,
m Innocuis saltem posthac ignosce benignus. »
Christipara; eloquium terne sator atque polorum, Vultu quo cœlum tempestatesque serenat,
' Il représente la Vierge s'adressant à son fils pour l'intéresser au sort de Bernesault.
2 Saint François d'Assise et le roi de France (Louis XIII).
Suscipit, ac matri blando est sic ore locutus ' : « Quod petis, aima parens, id votis annuit aether, s60 Ast hic justitias rigor et clementia pugnant.
Illa quidem pœnas ultrix pro crimine sumit ;
Haec levât humanos casus et crimina purgat.
Maxima Bernicolas ornàrunt prsemia patres,
Dum fuit in pretio virtus, et vera vigebat s6s Relligio, pietatis amor, cultusque Deorum.
Hos pênes atque decens sacri concordia fratrum
Fœderis innotuit, rerum communis et usus.
Hos super effulsit divini gratia flatus,
Mellaque cœlestis stillabant dulcia roris. s 7° Nil quod opus fuerat famulis mea dextra negabat,
Nostraque cura fuit vigiles pensare labores,
Dum sacris studiis instabant officioque
Divino patres, et puro corde litabant.
Franciscanorum primos Bernensis honores ("S Conventus tenuit bis quadraginta per annos ;
Insuper ad Bernas veniebant undique primi
Ordinis illius doctores atque magistri :
Tanta erat antiquœ Salbernae gloria, tantus
Et veterum respectus et observantia patrum ! 58° (Ista quis immensi nescit fore pignus amoris) ?
Quosubi mors tandem longœvos rettulit astris,
Orta est infelixseges, atque indigna propago
Majorem titulis, ac Bernae nomine matris.
Quorum etiam extinctum remanet post funera nomen, s8) Indecoram quoniam duxere per otia vitam,
Crapula et ingluvieset Bacchi fcetida labes
Bernicolas noto faedarunt crimine fratres.
Pestiferœ inde lues processit et ulcus acerbum
Invidiae, résonant infandis claustra querelis,
i Réponse du Christ à la Vierge.
5 9° Fratrum nulla fides, vix unum fraude carentem
lnvenies, nec erat victus communis ut ante. Plures quinetiam ad cnidas deponere brachas Et mundo servire iterum non erubuere ', Promissi immemores quondam mihi sacramenti.
595 Pars, insana caput, sunt dogmata falsa seculi Lutheri, atque genu coram flexere Baalim. Ultimus optabat solus regnare per asdes Quas non condiderat, nec fratres sive ministros Ad res divinas etiam sociare volebat.
6oo Hac ratione hominem privandum his aedibus œquum Est visum superis, humilique includere tecto, Et simul hanc scelerum turpem reserare cloacam. Bellorum dum dira lues, dum régnât Erynnis, Advocat interea turmas a parte Bootis,
6os Gens inimica mihi est, penitusque ignara Deorum, Teutonicasque acies 2 Bernae stimulavit ad aedes Ultrix nostra manus perdendas funditùs, atque Pergit adhuc sacrum nobis evertere templum, Et decus ingratae totum emarcescere Bernœ.
"I0 Scd te, chara parens, intercedente, malorum Annuimus finem, Bernœque optata revisent Otia laurigerae pacis, nostncque facessent Verbera justitias, ut primum secura decorem Aspiciat, magnis jam tum illustranda trophaeis.
6 'i Arbitrio stant ista tuo, sit summa gerendœ
Te pênes et jus omne rei : quaecumque placebit Ex voto tibi quaere viam, firmaque caduci Vires ccenobii atque minantia fulmina siste. »
i « Jeter le froc aux orties pour rentrer dans le monde, sans souci de 1 mrs anciens vœux. »
2 .< Les bandes allemandes, » les Reîtres, comme on l'a vu plus haut, p. 194.
Dixerat omnipotens, exoratamque parentem 620 Nuntia quae referet famulis tam grata remisit.
Moxque tenens puerum Jesum pia mater in ulnas
Angelicis stipata choris apparet iisdem.
Tum reducem cœlo magno venerantur honore
Franciscus felix, una Lodoïcus, amoris 6aJ Plenus in antiquos verae et pietatis alumnos.
Mirantesque chori voces in nube canoras
Expectant taciti magnae responsa Sybillae.
Francisco tandem roseo sic ore locuta est ' : « Fransce, inquit, quem sanctus amor meminisse tuorum
6?° Impulit, et sontis Bernas exorare salutem, Jam lcetare, tuum gnati clementia votum Atque sibi gemitus oblatos aure benignâ Suscepit, quodcumque cupis concedit Olympus. Bernarum imprimis orata salus tibi praesto est.
6?' Prima haec sunto tuas majoris gaudia curas.
Pragterea incolumes Bernas structasque videbis, Ut quondam ante suos casus meritasque ruinas Vidisti, atque domus Bernensis prisca resurget Gloria, quam fallax abolevit inertia fratrum 2.
641 Rursus apud Bernas, ut quondam sancta vigebit Relligio, pietas, Divorum cultus, amorque Fraternus, propter te, ô sancte patrone salutis Filiolae Bernae, quam nunc tibi jussa redono ;. Elige nunc patres cujusvis ordinis, et quos
64S Has habitare velis surgentes protinus aedes 4.
' La réponse de la Vierge à saint François d'Assise donne quelques
nouveaux renseignements historiques.
2 « Bernesault, reconstruit, retrouvera son ancienne splendeur. » ? « La religion, la piété, le culte de Dieu y vont refleurir. » 4 « Le saint n'a plus qu'à choisir les pères qu'il voudra pour peupler
le monastère qui va s'élever immédiatement. »
Nec vero in longas sacri est sententia verbi Progressura moras. Terno vix Deliusanno Signiferum percurret iter, cùm marcida grandi Clade reflorescet reparatis Berna ruinis1.
6*0 Et ne sollicitet rerum penuria mentem,
Quominus has valeant sedes astollere fratres, Mecum erit iste labor, semper mea cura sequetur Hoc opus ad finem, ne desint aéra penusque, Et quod opus fuerit per me dabit aethereus rex 2.
6n Inque favore tui, média Brumenius urbe Dives opum civis surget, qui nomen habebit, Rex Ludovice, tuum. Hic nummis opibusque libenti Bernificos propriis succurrere corde paratus Semper erit, cceptoque simul prœstare labori
660 Cum patribus, quos a juvenili aetate colendos Duxit, et a quibus est cœlesti lacté nutritus 3. »
Dixit et avertens roseâ cervice refulsit, Ambrosiaeque comas divinum vertice odorem Spiravêre, chorisque canentibus intrat Olympum.
66$ « Chara Deûm soboles, Francisci sacra propago,
1 « Dans trois ans à peine, Bernesault sortira de ses ruines. »
2 « Saint François d'Assise n'a que faire de se préoccuper des tonds nécessaires pour cette reconstruction. Le roi du ciel, grâce à la Vierge,' va y pourvoir. »
? « Louis Brumen, riche citoyen de Neufchâtel, sera toujours disposé à aider de sa bourse les pères, qu'il a appris à respecter dès le jeune âge et qui l'ont instruit dans la religion. » — Miton a consigné les « Noces de Maître Louis Brumen, greffier du vicomte » (de Neufchâtel), en 1602. Devenu lieutenant du hailly de Caux, en 1620, il Ht partie de la députation envoyée par Neufchâtel vers Louis XIII, alors à Rouen, pour défendre les intérêts des habitants contre les prétentions de Fontaine-Martel, leur ancien gouverneur. — Voir plus haut, Mémoires de Miton, p. 112, 141, 142, i52, 174.
Quas cecini antiquas Bernœ palpate ruinas, Et fundatores Bernarum disciîe primos, Dum mea Musa novas describere cogitât œdcs, Atque patres primis qui successere récentes '. 67° Idque brevi faciet, mihi si concédât Apollo, Si vitam virtus praestet divina poeta?, Et precibus vestris oculorum nubila pellat 2. Si mihi non liceat, vivat qui fecerit aller :, "Vos quoque, dilecti, per saecula vivite nobis. »
; Percheval de Grouchy se proposait donc de faire, encore en vers latins, « la description du nouveau monastère de Bernesault, et de. donner les noms des nouveaux pères qui remplacèrent les anciens. >» — En 1 6 1 5, d'après Miton.
2 « Ce nouveau poème, .1 le fera, si Dieu lui prête vie, s'il chasse les nuages de dessus ses yeux. » — « Numina, » n'offrant aucun sens, doit être remplacé par « Nubila. » Percheval de Grouchy avait donc la vue affaiblie, quand il faisait ce poème.
? Etant mort en 1622, il est probable que le temps lui manqua pour faire ce second poème latin sur Bernesault.