‹ Documents concernant l'histoire de Neufchâtel-en-Bray et des environs; publiés pour la première fois, d'après deux manuscrits, avec introduction, notes et appendicesChapitre 10 sur 28 · DE CE MONASTÈRE, PRÈS DE NBUFCHATEL-EN-BRAY · texte numérisé non relu

DE CE MONASTÈRE, PRÈS DE NBUFCHATEL-EN-BRAY

Poème latin de Percheval de Grouchy,

Avocat du roi dans cette ville, (xvi« et xvii* siècles.)

Dédié aux Pères pénitents, successeurs des premiers moines.

SALIBERNA',

Sive Anagraphe de Origine et Progressu et novissima fundatione monasterii salibemensis, prope Castrum novum, opus dicatum patribus pœnitentibus in eodem loco commorantibus , per P. Gruchium *, advocatum regium in eâdem urbe Novi Castri. (In-fol. Gothique de 32 pages.)

I Le manuscrit portait : Salisberna, Mais une lettre de 1 780, citée aux APPENDICES, II- 1| donne Saliberna pour titre à ce poème, p. 226, et non Salisberna, qui ne se trouve pas dans le texte des vers. La quantité (deux brèves, au lieu d*une brève et d*une longue) a dû déterminer le choix du poète, qui met, dès le premier vers : w Salibemensis. >» Il a donc certainement écrit Saliberna, comme l'exige la prosodie dans les vers où il se trouve, remplacé par Salisberna, sans souci de la quantité. — La même lettre ajoute, en marge, sur le même mot : « Saliberna, » en françois Bemesault, près le Neufchâtel. » C'était, au XV ne siècle, le nom d'un couvent situé sur un terrain dépendant alors de la paroisse de Quièvrecourt, au S.-O. et aux portes de Neufchâtel. Réuni aujourd'hui à la ville, il a nom : « Les Pénitens, » établis dans l'ancien couvent de Bemesault.

» Pour nous, « P. Gruchium » n'est pas « Pierre de Grouchy, » comme l'a dit J.-A. Guiot, dans le Moréri des Normands. -^ Voir

Quis salibernensis jecit fundamina primùm Ck£nobii, vel qui primi coluere magistri, Quique ruinosas aedes penitusque révulsas Per ferabella patres instauravere récentes ',

s Dicere fert animus ternis rationibus actus : Ne pereat celebris tantumvis > fama laboris, Neu rapiantur aquis nostrûm pia dona parentum, Excitet et nostros devotio sancta nepotes, Quo memoranda sequi valeant vestigia patrum.

'^ Haec est laudifugae felix intentio Musas.

Ergo âge, tu Francisée pater, sator ordinis bu jus 4, iEmulus istarum ctim tu sis causaque rerum.

Dirige eremiloquos spirans afflamine versus, Auspiciis concède tuis, sub nomine Christi, '5 Hoc opus ordiri et tenui deducere filo.

In Caletum vastis urbs est notissima campis, Liligero Régi jamdudum dedita, cujus Hactentis ambigitur primordia quis dédit olim ^

Appekdices, 11-3, p. 228. « Gaston de Grouchy, sieur de Mathonville, » ainsi que Tavait avancé; Jean-Marie de Vernon, cent ans auparavant. Voir Appendices, II-4, p. 237. C'est « Percheval de Grouchy, avocat du roi à Neufchâtel^ » dont le nom et les fonctions sont donnés par le Mémoire de Miton. — Voir Tlntroduction, p. xlxliv.

( Les guerres de religion et les personnes qui ont relevé le couvent des Pénitents. — Voir Miton, plus haut, p. x32.

a Peu usité.

I c Quo (negotio), » pourquoi ? Peut-être « quA (devotione) » vaudrait mieux.

4 Saint François d'Assise, fondateur, en 1 208, à Portiuncula, près de Naphs, de l'ordre des « Frères mineurs » ou « Minorités », appelés « Franciscains », de son nom.

( Depuis le débat du xviie siècle, on n'est pas plus fixé sur le nom du premier fondateur de Neufchfttel.

Hanc legimus castrum vocitasse Nicurti ' ;

*o Sed nova ab Angligenis altae constructio turris *, Quae subversa fuit, civilis tempore bellî, Fundittis, Henrici quartî dCim régna manebant ?, Nomen ab arce nova Novi^Castri reddidit urbi 4. Limpidus, extremis sinuans in moenibus, amnis

>i Agmine leniâuo per prata virentia serpit, Occiduas Tetbidos donec mergatur in undas k Annosae salices stant hic in margine ripas, Oiim sed plures multô crevêre per agnim, Quo Saliberna dômus nomen contraxit et ortum *.

)o Nam memorantquondam concordi voce Mathasum,

> On l'appela « le château de Nicourt. » Le P. Duplessis dit que « l'ancien nom de cette ville était Drincouri^ quoiqu'on trouve quelquefois, mais abusivementi Nicourt et Lincourt, » Description db la Haute-Normandie, I, 146.

> La nouvelle construction de cette tour élevée (donjon ou château) serait due à Henri 1er, roi d'Angleterre et duc de Normandie (iioo- 1 135). On lui assigne même la date de 1 120.

9 C'est bien Henri IV, roi de France, qui ordonna, en 1 SgS, la démolition du château; mais, en 161 5, une maison et des murailles furent relevées, dont Louis XIII ordonna la destruction et donna les matériaux aux Pénitents. — Voir plus haut le Mémoire de Mitofif p. 134.

4 On trouve, en effet, à partir de cette époque : « Le Neufchâtel de Drincourt, • puis le nom de « Drincourt » se perdit et on eut simplement : « le Château Neuf ou le Noéf Châtel. >• — On voit qu'Eudes Rigaud, au xiiie siècle, l'appelle toujours : « Novum castrum, Neufchâtel. » — Novi Castri, avec une faute de quantité.

i La Béthune, ou rivière de Neufchâtel, qui va se jeter à Dieppe, avec l'Eaulne et la Varenne, sous le nom de rivière d'Arqués.

6 C'est par la plus fausse des étymologies que, dans « Bernesault, » notre auteur fait venir « sault » de « salix, icis, saule. » Il vient de « saltus, bois, » comme « Beausault, » voisin de Neufchâtel, vient de « Bellus saltus, Beau Bois, w M. de la Mairie croit que ce nom venait d'une plantation d'aulnes, alnorum saltus, Berne ou Verne se sont dits autrefois pour « aulne ». Rbchbrcrbs sur le Bray ifORMAHD,II, i33.

Cui cognomen erat de Brena aut Berna < (nec aufert Historicum minime sensum dubitatio verbi) ^ Qui sibi construxit cellam prope fluminis oram, Et médias inter salices habitasse per annos

M Complures. Vir pauper erat, qui, limine parvo Contentus, siliquis, napis^ tristique lupino Vivebat, sicco jungens cum pane pudorem.

Fronde super viridi recubans vel stramine duro, Esurie et vigiliis ? corpus macerabat ovile,

40 Huicque tui potum latices, Bethunna, parabant. Ipse cucuilatus, tu m pulla veste recinctus, Cum baculo et pera pergebat ad ostia passim, Quaerens annonam, si quis concederet uitro.

Saepe manus turgens nummis, et mantica frustis

4f Urgebat scapulas, large donante popello.

Sed semel ad quaestum septenâ luce patebat 4,

' « Tout le monde 8*accorde à dire que Mathieu, surnommé « de Brene » ou « de Berne, » se construisit une cellule sur le bord de la rivière. » La commune de « Berneval, » arrond. de Dieppe, prouve que « Berne » est préférable.

3 Si le doute n'est pas permis sur le sens historique du surnom, il est légitime sur l'étymologie que de Grouchy donne à Tautre partie du mot. Il aurait dû dire : « Berne saltus, >» ou « Bernonis saltus, » comme l'a déjà remarqué M. Ch. de Beaurepaire, Bulletin de la Société de V Histoire de Normandie ^ IH, 196. Ce nom de a Berne» (un nom d'homme?) se retrouve dans « Bernapré, » hameau voisin de Senarpont (Somme), et dans « Bernompré, » aujourd'hui hameau de NuUemont^ avec château, dans l'arrondissement de Neufchâtel.

? La finale de « vigiliis » subit une crase peu usitée; sans quoi le vers serait faux. La construction semble exiger : « turget » ou « turgent, » au lieu de : « turgens, » et la grammaire : « frustis, » au lieu de « frusti. »

On verra, Appendice, II-5, la liste des autres corrections que nous avons cru devoir introduire dans la copie du texte qui nous a été communiqué, pages 238-240.

4 « Il se mettait en quête une fois par semaine. »

Inde casam repetens, banc obturabat et aures, Nec se visendum cuivis prasstabat amico, Nunquam de cella, nisi causa urgente, recedens.

jo Simplicitas vitaeque modus, devotio, victus, Urbicolis merito acceptum fecêre MathaBum, Quem patris titulo donârunt ac heremitae <; Cellaque Salbernœ sortita est nomen eremi, A Salice et Berna compactum rite vocablum ».

M Nomine disposito, )am te, Salibema, saluto. Salve, ô Berna Salix, salve, saliberna, décora Mansio nunc patribus, quondam solitudo ) saligna. Salve, sanaa domus, totum veneranda per orbem, Casta quidem, luxuque carens, corruptaque nunquam,

*"•' Christique auspiciis primsevum et amabile nobis Conservans nomen, multuift quod proficit urbi. Et vos, ô patres^ quibus est ea cura perennis Restaurare domos, altaria, templa, sacella, Et servire Deo jugiter populumque docere,

^^ Quos urbs nostra suis amplectitur obvia palmis, Et velut aethereos gremio felice recepit, Quos pater^ setemi Régis décréta secutus, Franciscus misit Bernas reparare jacentes 4, Vivite felices, aîdesque per omnia vestrae

70 Saecula permaneant, nec eas mavortia bella Demrpent, nec vos cîvili csede fatiget Improba Francigenaepost haec discordia gentis î.

1 « On lui donna le nom de TErmite Mathieu. »

2 On vient de voir que son étymologie « de saule » et « de Berna » est fausse, au lieu d*être exacte, comme il s'en flatte.

? Faute de quantité.

4 11 s'adresse aux Pénitens envoyés pour relever le couvent de ses ruines.

( Allusion aux maux que les premiers moines eurent à souflrir pendant les guerres civiles de religion.

Sed modo, qui restant versus, audite benigni, et Prsedecessores per me cognoscite vestros.

75 Postquam littoribus nostris heremita Mathaeus iEternum nomen sancte vîvendo dedisset, Defunctus tandem vita est, plenusque dierum, Cum gemitu populi, terrena luce migravit.

Illius erga omnes, ut fama est, tanta valebat

80 Gratia, ut extinctum clerus defleverit omnis, Et velut exequias sit turba secuta parentis.

Ibant et gemini sexûs lamenta per urbem.

« Heu bonrus înteriit Berna et vir sanctus obivit : » Per fora clamabat moerenti voce popellus.

8î Sic fuit, ut referunt, majori inhumatus in aede, A Clero et laïcis tali dignatus honore.

Jamjam sublato funesta morte Mathaeo, Mox succisa Salix, et inhospita cella remansit, Ac sine myste fuit, bis denos circiter annos '. 90 Attamen antiquum nomen servabat Eremi, Sive heremitagii Bemœ salientis; et haec sunt Abjecti atque humilis quondam primordia tecti. Pauperis et tugurî nunc exequar incrementum.

Candida virginei post incunabula partûs.

Mille supra elapsis quingentis quattuor annis, Adventare patres Caleti de partibus orti ^

1 L'Ermite Mathieu, pleuré de tous, aurait été « inhumé dans la plus grande église » de Neufchfitel, d'après la tradition, c'est-à-dire dans l'église Notre-Dame, « étant jugé digne de cet honneur par le clergé et par la population. »

2 « L'ermitage fut désert pendant environ vingt ans. »

I « En l'an x5o4, des religieux, de l'ordre de la Pénitence ou du Tiers-Ordre de saint François, sortis de Calais, vinrent s'établir à Neufchâtel. » Ils avaient une province en Flandre et Louis XII confirma leur établissement, au mois de février iSir.-^Voir Appendices, II-4, p. a35.

Religione senes, juv^nes aetate, morati, Devoti^ vigiles, summâ probitate referti, Carnibus abstemii, sobrii potuque ciboque^

■00 Mensa quibus communis erat commuais et arcba, Peraque cordigeros fratres praedulcis alebat^ Régula quos patris Francisci terna regebat \ Sed mage verus amor Cbristi et stellantis Olympi, Qui Bemœ miserans nostras conduxit in oras

"'^ Tali corde viros, et tam pia vota ferentes, Ne tam sancta domus dudum déserta maneret.

Namque erat in votis cellam reparare vetustam, Atque novas propriis attollere sumptibus aedes, Et monachis compléta piis delubra replere,

' '° Commoda si qua foret Bernas residentia septis.

Horum primus erat frater Germanus Amicus ^, Vir pius ac prudens, ac praestantissimus omni Doctrinae in génère, et praeclarus in arte docendi, Ascensâ cathedra doctoris munere fungens.

' I { Sanctum nomen et felix cognomen babebat ? ; Augurium felix etiam portabat in omen.

Qui germanus erat sermone et pectore totus.

Multos prœterea sibi concilia vit amicos.

Sic bona subjectis respondent nomina rébus.

Insuper aptus erat conceptis ponere finem Rebusy et ad summa intentum fastigia ferre.

Ingenio siquidem magno pollebat et omnem

I L'Ordre de la Pénitence, ou bien encore Tiers-Ordre, parce qu'il fut le troisième que saint François d'Assise institua, en 1221, au bourg de Carnerio, dans la vallée de.Spolète, proche la ville d'Assise, où le saint prêchait.

a Leur supérieur fut « Frère Germain l'Amy, Lamy ou Lami, » (Amicus.) — Voir Appbkdxces, II-4, p. 237.

3 Vers faux, incomplet.

lao

Corporeae vires poterant suflFerre laborem.

'3> Ergo mm pritnum fratres mercantur agellum, Quem propriîs solvunt nummis, ut fama vagatur > Verum non émisse solum certissima res est, Sed dédit ultro meus Rogerus sanguine avito Nobilis à Motta, Vismontis, tum Capricurti,

>3o Atque Esclavellœ ' dominus, clarissimus unus Qui fuit in Neustris, et servantissimus aequi. Multaque praeterea famulis donaria Christi Contulit in vivis vir devotissimus iste^ Cujus adhuc magno vivunt in honore nepotes,

• M Qui proavi titulos servant nbmenque decusque, Uleque matris a vus nostrae fuit ' (attamen d1>sit Gloria jactanti genus in genitricis honore).

Jamque dies aderat quâ sospes Amicus 4 Et socii artifices varii civesque fréquentes 140 Aggrediuntur opus, dextrasque ad fortia ponunt s

«( La tradition répandue est qu*U8 ont acheté le champ de leurs

deniers.»

2 u Mais, dit notre auteur, la certitude absolue est que, loin d'avoir été acheté, son noble ancêtre, Roger de la Motte, sieur de Vimont, de Quièvrccourt et d'Esclavelles, fut le premier à donner gratuitement le terrain aux moines de Bemesault. » — « Cyclavcllae » paraît une mauvaise lecture pour « Esclavellœ » (Edavelle ou Edavelles). Au moyenâge, on disait « Sclavellse, arum. » — Voir Cartulaire de la Trinité du Mont. Une transaction de 1214 porte : « Campus de Esdavellis. » M. Fourcin, Histoire de Bully, manuscrit, p. 52 1.

9 Roger de la Motte fut « l'aïeul de notre mère ; » c'est-à-dire « Damoiselle Nicole de La Motte, femme de Nicolas de Grouchy, sieur de Mathonville, avocat du Roy, morte le 20 novembre 1584.»» — V. 3/émoire de Miton, p. 49, et Introduction, p. xliii.

4 Vers faux, incomplet.

5 L'auteur retrace la construction du couvent, postérieure à l'année i5o4, où ces moines du Tiers-Ordre vinrent s'établir à Neufchfttel. — Voir plus haut, p. 190.

AS

Latomus incœptat lapides exscindere duros Rupibus ex altis, coteaque quadrare securi.

Perpoliunt stantes ingentia robora âibri, .

Plurima quae plures mittebant fratribus ultro : Pars in frusta sécant dentatis liçna dolabris. Ast alii satagunt calcem fornace recoctam *

Extrahere et multa celeres onerare quadrigâ, Et molem fulvae glomerant caya plaustra saburrae. Ille refundit aquas urnis qu.as haurit ab afnne,

MO Hisque simul mixtis, undâ cum cake calenti Et sabulo» luteum curât componere gluten.

Hi fossâs faciunt ubi fundamenta reponant, Ille solum sternit terramque ligonibus aequat, Hic rudera, hic lateres, hic gypsum portât in altum.

>n Quisquis onus subiit, nemoque a munere cessât. Scalpra sonant, trullaeque graves, longaeque bipennes; Altius auditur strepitus clamorque operantûm. Paret alacre suo ductori vulgus Amico, Qui prudenter opi^ conducitet omnia miro

'60 Ordine disponit, veluti dux fortîs in armis Dirigit armigeros, aciesquead praelia cogit.

Insuper etrerum pretium sine murmure solvit.

Et mercede sua nemo fraudatur ad unum, Oreque blandiloquo vires facientibus addit.

■^( Unde fit ut modico consurgant ordine muii, Sartaque teaa patent, vix actis mensîbus octo.

Sed domus al ta Dei tectum supereminet omne, Ut lentas salices inter sojet ardua quercus.

Hanc bene consultî (famas si creditur) iisdem <7^ Construxere locis, ubi cella supina cadebat '. O miranda domus, qiiantum mutaris ab illa

I La cellule de l*Ermite Mathieu, rappelée plus haut, p. 189.

Quas nuper spinas inter putrebat et algas !

O felix et pingue solum, pro paupere tecto, Magnificas asdes reddis templumque superbufn !

>7$ Haud secus, ut quondam ad Phrygios videre Philemon «Et Baucis conjux,' si jungerç inania veris Verba licet, votis ac reiligione priores, Rustica tecta dojnûs conversa in culmina Templi ' . Parva erat ante casa et canna contexta palustri,

'^ Regia mox magna est pario de marmore tota ; Hospitio quoniam divos susceperat ultro.

Terra ferax nimium, sacro qu$Ê germine gignis, Pro Christi famulo clauso tellure Matbaeo, Egregios virtute j^tres, doctosque magistros.

|8( Jamque istas cupio describere protinus sedes, Atque statum narrare patrum seriemque priorum, Ut videant scriptis qui non videre pupillis.

Templum constat adhuc, fuit et divjpa voluntas. Ut scelerata manus Reistrorum parceret illi,

'9'' Quum sœviret apud Francos Mavorfius ensis *. At non sacrilegae rabies furiata pepercît Gentis imaginibus, libris, scamnis, cathedrisque, '' :>j^ . Uri qu« pibterant, sed flamniis cuncta dedere. ^^^^laQjaânSobii incressuni dabat omnibus amblum.

I L'église fut dédiée, le 8 juillet iSiô, sous le nom de Saint-François, par Nicolas de CoquinvilHers, évoque in partibus de Veria (Turquie), vicaire général et sufiragant du cardinal Georges II d'Amboise. — Voir Appendices, II-4, 237. — En i523, le i3 avril, il avait dédié également l'église de BuUy. M. Fourcin, Ibid,, p. 273.

3 Les guerres civiles de religion, mais postérieurement à Tannée i Sya, puisque Miton dit m qu*on n'attenta rien sur les temples (de Neufchâtel), depuis l'an i56o jusqu'en Tan 1572. » — Voir plus haut, p. i5. — « Les Rdtres » sont les Allemands que les Protestants avaient appelés à leur aide.

'9> Infra quae fànum in gyrum porrecta patebat *, Porticus ingressos ducebat ad osda daustri, Cujus même sitam nitor depingere fbrmam >.

Non erat extensè pfotractum, nec spatiosum :

Hoc prohibebat enim salberai angustia septi.

200 Sed bene fruemini bis dénis passibus arctum Qualibet ex daustri suprema parte quadrati i. Ad quodcumque iatus stabant bis quinque coiumnae Vel plures etiam, numeri vix ipse recordor.

In basibus pario de marmore rite iocat»,

^°{ Ilice delectâ confectae, ac more corinthœ

Structuras, ut vocitant, caelatse ac orbiculats 4. Insuper et ligni faciem pictura tegebat; Caerulei> crocei, virides aliique colores Hoc opus ornabant, immixtis purpurft et auro u

'x' Ad caput erectae vidi cujusque coiumnae Scuta vel armorias, verbis popularibus utar, Quod mihi versifico concedet Musa licenter, Propter materiae armorum discrimen anhelœ,

I « Une grande porte donnait à tous entrée dans la communauté, et puis un tour encore 8*ouyrait « au-dessous de la chapelle. » « Janua in gyrum porrecta, » « une porte faite en rond, » nous panût un Tour, Il y aurait eu alors une grande et une petite entrée; une porte-cochère et un tour?

3 « Une fois entré, un portique vous conduisait aux portes du cloître, dont Tauteur va s'efforcer de faire la description bien gravée dans son esprit. »

i « Le cloître n'était pas très étendu, à cause du peu d'espace de Bernesault, mais il offrait bien un carré régulier de vingt pas de chaque côté, n

4 « De chaque côté, s'élevaient dix colonnes ou même davantage (il ne se souvient pas bien du nombre), régulièrement placées sur une base de marbre blanc, ftdtes en cœur de chêne, avec sculptures de Tordre corinthien, i» U y avait donc au moins 40 colonnes.

j « Elles étaient peintes en bleu, en jaune, en vert, en rouge et en or. »

Insculptas ligno, signis variisque figuris

>• { Distinctas, vivisque coloribus atque métallo Duplice perspicuasy completasque arte magistrâ, Quas germana manus, docto fidissima scalpro, Feceratad numerum triginta vel amplius usque '. Stemmata £amilias signabant ista virorum

^^'^ Nobilium patriae, comitumque ducumque baronumq uc, Aut quorum pietas donaria Patribus ampla Obtulerat» precibus quo turba sacrata juvaret Seque suasque domos, successoresque futures '. Nunc aliquam armorum partem mihi. Musa, recense,

"( Ut videant chartis patrum monimenta nepotes, Quae non viderunt Bernis, dum fixa manebant, Et, pietatls iter sectantes instar avorum, ^iscant opibus Christi delubra fovere.

Incipe, nam vires fortuna audentibus addit,

^^^ Armigerosque duces Musœ sunt sœpe locutse, Mnesmosyneque tuos conceptus aima secundes, Si modo cunctantem te oblivio sera moretur, Incipe scutiferos aliquot, mea Musula, versus ; Incipe, felici succèdent omnia fato.

')^ Vidimus hîc Longas-Villae ducis arma sereni, Vidimus Albimalae comitis tune stemmata clari, Vidimus Augensis comitisque insignia magni.

Sunt hsec arma satis cunctîs notissimà Francis,

« Au-dessus du chapiteau de chaque colonne, il a vu des écussons ou des armoiries, pour parler le langage ordinaire, sculptées en bois, offrant des formes et des couleurs variées, faites par d*habiles artistes, et le nombre s'en élevait bien à trente et même davantage. »

a M C'étaient les armoiries des familles nobles, comtes, ducs, barons et bienfaiteurs de Bernesault, obligé de prier pour eux leurs familles et leurs descendants. » — « Baronumque n est un vers hjpermètre.

Nec decet abjecto depingere tanut libeUo

M' Et praelatorum memidi vidisscdnorutn Signa duo, vitreistempiidepiçta lucemis.

Umbo prioris eràt folgonti splendidus auro, Tresque cruces sableasrgtstabat nobiie;f cucuxn Bordatum gueallis, cutjunctà tbiâra notabat

=4 > Abbatem Divœ Cathaifliiae Rotomagensis ', Argent! faciem monstrabat comparis umbo Azureamque trabem decunram aivçchevronem/ Et capita aprorum nigraotis terna coloris, Sed clypeus vigilis baoulo pendebatad [unco]

2{ ) Abbatis divœ Genitricis Bellîbecensis ^ Vidimus argenti clypeumqnem fosaa coloris Azurei cinxitminiino diaprata leone, Atque aquilâ rutilo claroque insignibus auro 4. Vidimus et pallos octa numéro bicolores

-n Quattuor obrizo sigoatos^ quattuor ostro, Talia Castell» Rex quondam ferre solebat Stemmata, sparsa suis quae dudum Hispania junxit ^ Aiitibus ternis ex aui^ deinde videbam

■ La description de ces armoiries débute par le simple rappel « de celles des ducs de Longueville, du comte d^Aumale et du comte d*Eu. Leur grande notoriété le dispense de les décrire dans un si modeste travail. »

2 « L'abbé de Sainte-Gatherin^U-Mont-lès-Rouen. » — * Cette Note est de M. Emile Travers, sur le manuscrit qui m'a été communiqué, ainsi que les suivantes. — On vojrait ces armoiries sur les vitraux de la chapelle ou église.

; « L'abbé de Beaulieu ou deBeaubec. » Id., /6<Vf.— *m De Beau bec, » comme on le voit dans l'Histoire de dom Bodin. F. B.

4 Ces armes paraissent être ceUss des Masquerel : « D'argent à la fasce d'azur, diapré d'un aigle et de deux lions enfermés dans des cercles d'or, accompagnés de trois roses de gueules, a et i. » Les Cloches du Pays de Bray, par M. Dergny, 1. 1, p. aoy. F. B.

s « De Crères, de Boulainvilliers ou de Ssint-Saire. » M. E. Travers, Ibid.

Ornatam pallam rose! rubeive coloris, ^^ Cujus campus erat candenti luddus ore,

Haec bene nota mihi per Beraas plurima vidî.

Argent! clypeum ridi nigrumque leonem^

De medio clypei issantem teo prosilientem,

(Qui sine stat pedibus'leo; in armis didtur issans). ^^i Malleolos ternos jucundo vidimus auro

Perspicuos, clypeo cœlatos murice tincto.

Huic afBnis erat dypeus rabeique coloris

Manellos gestans totidem ejnsdemque metalli;

Stemmata âimilias istorum et nomina signant.

>7o Herbeus hic stabat clypeus, viridisque coloris

Andri-crucem gestans {saultoir quod vulgus inepte

Nominat) argenti âiciem crux talis habebat.

Atque aliam parmam de pennis vidimus illis

Gestantem clypeum varium dîxere periti.

«7J Hac in parte viri de vair nos dicimus apte

Quod sit cseruleis albisque coloribus aeque i.

Civibus ex nostris quidam sua pignora iisdem

Sacravere locis, quîbus haud insignia desunt.

Ingenuos siquidem semper sua signa sequuntur. aSo Parma fuit primi niveo capdore refulgens^

At medio fuscata suo chevrone nigranti,

Sed super aurato crescebat lunula vultu,

Très quoque clarebant stellae sandice rubentes ^.

Parma secunda fuit similis splendore Dianse **î Murice sanguineo tincto stipata chevrone.

Très quoque trifondes lucebant moresmaragdi ).

I M De Bacqueville, de Breauté ou de la Selle, de Gouvis ou de Mainières. » M. E. Travers, Ibid.

a « De M* P. Carpentier, curé de Saint-Jacques de Neufchfttel. » Id. , Ibid.

I « De Gaston de Grouchy, seigneur de Mathon ville. » Id., Ibid» -^ « 11 y avait, en 1684, à Paris, une branche collatérale de la famille de

2vjO

Altéra erat parili praelucens facta métallo, Ad caput illius compes fuit atra reorum, Tresque trabes parvas pprtabat parma nigrantes '. Haec tria mensalis vitris cognovimus auias '. Aurea praefatis fuit altéra scutula claustris, Quam setosa suis nigraverat hiu*a ferocis, Gum cornu loroque feme pendentibus ore '.

Juxta erat azurese tincturas parmula gestans ^^^ Bezanos ternos auratps atque rotundos 4; Hoc fuitantiquae species vulgata monetae.

Vidimus ailixuxn praestans ac nobile scutum Herminibus minimis sparsum junctoque leone Rampante in medio rubicundo chromate tincto ^ Ad valvas aulae majoris parma patebat

Grouchy, qui avait conservé les anciennes armes de ta famille : d'or fretté de six pièces d'azur, tandis que les Grouchy-Rdbcrtot portaient d'argent à trois trèHes de sinople^ armes de la famille d'Escorchebœuf, prises par Jean Uty vers iByo, et qui furent modifiées en 1671. » En tête de la Nqte sur . les Grouchy de Neu/châtel-^n-Bray, remise par M. le vicomte de Grouchy. Voir Introduction, p. xm, note 2.

I Les mots « Compes atra reorum » nous paraissent indiquer un seigneur d'Esclavelles. « Le seigneur d'Esclavelles rejoignit l'armée des Croisés, emportant religieusement ses fers avec lui ; et, de retour à son château, il les fit sceller dans la muraille de l'église^ où ils sont restés jusqu'à ce jour. » M. l'abbé Decorde, Essai sur U canton de Neiifchàtel, 95. F. B.

3 M Nous avons connu ces trois armoiries sur les vitraux du réfec- * toire. » •* •

î «De M. Pierre Le Porc, vicomte de Neufchâtel. >• M. E. Travers, Ibid, — Portait : « D'or à la hure de sable soutenant un cor de sable eft pointe. » Recherche de la Noblesse, par Barrin de la Galissonnière.

4 « De M. Pierre Le Bailly, vicomte de Neufchâtel. » M. E. Travers. Il portait « d'azur à trois anneaux d*or, n dans la Recherche de la Galissonnière, p. 192.

$ « De M. de Boissay, baron de Mainières. » Id., Ibid. — Les de Boissay portaient d'hermines au lion rampant.. F. B.

Turribus aureis ternis signata coloris, Parma sed albenti candebat tota métallo ' .

Plures armorias istis per tempia, per sedes.

Infâmes alias, quasdam sine nomine vidi, î®5 Quasque referre mora est, quarum toec rite recordor ^ Sufficit ista mihi pingui cecinisse Minervâ Stemmata, nam durum est cunctis bac parte placere.

Claustrelli medio ramosa increverat ulmus, Quae dabat sestivis jucundam ardoribus umbram ^

ro Saepe ego cum sociis sub ramis prandimus istis. Ad claustri partem radiis quam lustrât Eoûs, Nobilis aula fuit, fratrum quâ turba solebat Quottidie mensâ communi sumere victum, . Lustrabantque aulam ternae grandesque lucernae 4.

i'5 Junctaque non pinguis sed erat tamen ampla culina, Complectens puteum, fumos duplicemque caminum, Et super bas asdes denas claustralibus aptae Constabant caméras, quarum pars mœnia versus Spectabat, nostrum versus pars altéra claustrum K

r « De la ville même de Neufchfltel. » Id., Ibid. — La quantité, la grammaire et le blason n'admettent pas « aureis, » ou plutôt « aùrei, » se rapportant à « coloris. » M. Potin de la Mairie dit : c Les armes de Neufchâtel sont d*a2ur à trois tours crénelées d'argent. Après la réunion de la Normandie à la France, on y ajouta le chef cousu d'azur aux trois fleuri de lis d*or. » Recherches sur le Bray normand, I, 272.

3 « 11 y avait encore dans l'église et dans les appartements des armoiries peu connues, qu'il passera sous silence, ne se le rappelant plus suffisamment. »

) « Au milieu du cloître, avait poussé un orme touffu, dont l'ombrage protégeait contre les ardeurs du soleil d'été, et sous les rameaux duquel il dîna souvent en société. »

4 « Le réfectoire était à Test du couvent, éclairé par trois grandes fenStres de chaque côté. »

I « Près du réfectoire, on voyait une vaste cuisine, avec un puits, des

)^° Stabat et occidua claustri de parte quadrati Aula magistralis, longé pulcherrima forma Ante alias asdesquas incolit ordo^Minorum, Tantus ab arte décor fuerat spectabilis omni, Sive situm spectes, vel si laquearia sursiim

î^î Auratasque trabes, necnon pavîmenta deorstim, Miraveris ' opus, radient ut cuncta nitore 2. Quattuor ornabant sedilia partibus aulam Facta fabrûm dolabris, sculptorumque arte minuta Prsesidibusque decens posita est orchestra magistris.

vo Insuper et vîtreae, quales non vîdimus usquam. (Quam jactura ingens, ô et irreparabile damnum, Quo nullum.majus Bernœ fuit inter Erynnes!) Interiora domus lustrabant quinque fenestras 3 Et bifores aulae claudebant ostia valvas,

ni Quas super urbis erant cselata insignia nostrse 4. Hac in parte etiam totidem quot in ante relata Constabant cellae, monachis famulisque paratae $. Rursus et ad partem, quâ ventos impulit Auster,

fours, deux cheminées et au-dessus dix chambres pour les moines, dont une partie avait vue sur les murs de la ville et Tautre sur le cloître. »

I Vers faux. Archaïsme et faute de quantité.

* « A Touest du carré formé par les bâtiments était la grande salle conventuelle, bien plus belle que toutes celles des autres frères mineurs, tant Tart s*était plu à l'embellir. La position, les lambris, les poutres dorées, le pavage, tout en était admirable et resplendissant.'»

) « Des stalles sculptées ornaient les quatre cotés de la salle, et il y avait une belle chaire destinée aux supérieurs, avec des vitraux tels que l'auteur n'en avait jamais vu. » Aussi, en déplore-t-il grandement la perte irréparable.

4 « La salle, éclairée par cinq fenêtres, avait une porte à deux battants, au-dessus de laquelle étaient les armes de Neufch&tel. »

5 « Sur cette grande salle se trouvaient autant de cellules que de l'autre côté, destinées aux moines et aux frères convers. » — Voir plus haut, p. aoo, note 5.

MJ

Latum erat atque patens hinc inde volentibus ire Î40 Vestibulum, longis templi compagibus haerens : Nec fuit aspectu vicinis aedibus impar, Quippe lucernarum séries ubî longa patebat Claustrellum versus, vitro candeate referta.

Et picturatae ditabant undique muros Hî H istoriae célèbres, veteris documenta Moysis '. ' Materiam superabat opus, vestigia restant, Quae non tempus edax potuit delere nec ixnbres ^ Et cochlea ascensum facilem prsestabat ituris Dormitum monachis, ad quas jam diximus aedes ). î«° Scalatae et supra praeçelso culmine turris Utile erat positum Bernensibus ûjpoXoyeîov, Atque nola, auditus cujus transibat ad urbem 4. Versîis et Arcturi stellam septemque triones (Ut nihil in quadro clausurae restet inane) Magna domus posita est ad prata virentia spectans, Mansio cujus eratprimoribus atque magistris Asservata loci, tune advenis extraneisque Hospitii causa, sed et aulula dévia paulùm Fratribus invalidis atque asgrotantibus apta s.

> « Au midi, s'étendait un vaste vestibule ab9u tissât aux constructions de la chapelle. 11 ne le cédait en rien aux appartements voisins, car il avait une longue suite de fenêtres en verre blanc du côté du cloître, et des peintures, tirées de l'Ancien Testament, sur les murailles. »

3 « 11 en restait encore des vestiges, malgré le temps et les pluies, » lorsque Fauteur faisait cette description, vers i6ao, en copiant Ovide.

} « Un escalier en limaçon conduisait aux cellules dont il a parlé. » — Voir plus haut, p. aoo. Le nom propre était « une vis, • escalier tournant.

4 « Au sommet élevé d'une tourelle existait une horloge fort utile aux moines de Bernesault, et une sonnerie qu'on entendait de la ville. »

s Le côté nord, le quatrième côté du carré, « contenait une grande salle, ayant vue sur îes prairies, destinée à recevoir les autorités et les magistrats de Neufchâtel, et à donner l'hospitalité aux voyageurs et aux

)6o Hsec sunt familiae Bernensis tecta vetustae Carminé scripta brevi, Martis quae diniit alto Culmine dira lues, quaeque ipse miserrima vidi ».

Dicere praecipuos hanc qui rexere magistros Jam volo, namreliquos non est memorare necesse ^.

î^J Quem priratim cecini fraterGermanus Amicus, Hujus cœnobii fundator, rector alumnus Extitit et custos bene quadraginta per annos 5. Is dédit auspicium et Bernae incrementa futur», Construxitque domos omnes, quas dîximus ante.

'7" Denique vicinos plures curavit agellos

Jungere, prima super donaria facta per ipsum (Quem dixi) dominum Rogerum 4, septaquœ Bernae Auxit in anfractu frustatim Jungere bino.

Hic tandem moritur pietate repletus et aevo,

nj Quo nec erat melior quîsquam nec amantîor aequi. Dum vixit, monachos nostri triginta duosque Viderunt patres convivas tempore in uno.

Nomina adhuc rémanent Bernis inscripta registris, Praecones Christi quorum pars maxima verbi 5.

étrangers, puis un petit bâtiment, tant soit peu à l'écart, servait d'infirmerie pour les frères invalides et malades. »

I « Telle est la description sommaire de l'ancien couvent de Berncsault, complètement détruit pendant les guerres civiles, sous les yeux attristés de l'auteur. »

a M II va rappeler le nom des principaux prieurs. Inutile de parler des autres. »

) « Le fondateur du couvent, en i5o4, fut Germain Lamy ou l'Amy (Amicus), qui le gouverna pendant quarante ans. » — Voir plus haut, p. 191.

4 « Roger dé la Motte, sieur de Vimont, .etc. » — Voir plus haut, p. 192.

( « De son temps, le couvent compta trente-deux moines, dont les noms étaient inscrits dans les registres de Bernesault, et' qui, pour la plupart, se livraient à la prédication. » - *

»*o Sic tamen hic fratres supra caput exerit omnes, Quantum clara preest stellis aurora fugatis.

Defunai gradibus successit muneribusque Germani socius, frater Nicolaus, et ille Baldulni clarum nomen servabat ayorum >.

)^$ Indigenas Arquensis majorum stemmate notus Inter cordigeros non inferiora secutus ; Quippe erat eximius doctor primusque minister Ordinis illius, cujus provincia tota Postea Balduinnm voluit mcxleramem haberc^

Î90 Ut pater ille prîùs vivens Germanus habebat. Bernicolas rexit totos bis quinque per annos. Post hase Parisios repetens, erat unde vocatus, Cœnobium macrum linquit fruiturus opimo '.

Salbernas viduse tutoris propter amarum

)9{ Balduini abscessum frater Martinus habenas Suscepit vigiles Félix Onguefus, et illi Cœnobii demandata est custodia, nàmque Vir probus et satagens et concionator acerbus Extitit et septem monachos compescuit annos K

400 Post mortem illius contentio maxima fratres

Commovit reliquos, nam tune decrescere multtim Est visus numerus^ quod pars elegerit unum, (Textoris huic nomen erat), pars una Richardum. (Hic est Bernophylax popularis, prascoque sacri

40f Quintinus verbi Bernis qui nuper obivit.)

I « Il eut pour successeur le frère Nicolas, de l'illusU'e famille Baudoin, originaire d'Arqués. >•

3 « Ce fut un docteur remarquable, et toute la province du Tiers- Ordre voulut ravoir pour chef, comme elle avait eu précédemment Germain. Après avoir été prieur de Bernesault, pendant dix ans, il retourna à Paris, d*où il était venu. >• La province de Flandre, la seule que l'Ordre possédât alors en France, en fit son piovinciaL

I « 11 eut pour successeur le frère Martin, Félix Onger ou Unger ï grand prédicateur qui gouverna le couvent pendant tcp% ans. »

Tandem Quintino concessit Textor honorem <, Si quid honor valeat claustrales inter alumnos, Gloriolam mundi qui calcavere volentes.

Attamen ille duos vel très praecesserat annos

40 Post mortem Ongueri, quaternus in ordine rerum ^ Invidise proflicta genis, accensaqueilammis Irae fax juvenis Quintini pectus adussit, Indoluitque sibi quod praeferretur diia&tiç^ Nec requievit enîm donec te, Textor, abacto,

4M Cûstodis graduluih fuerit promotus ad istum. Pacificus vir Textor erat senioque repletus, Moribus et lenis, non quasrens jurgia, porrô Maluit audacter juveni parère magistro^ Quàm super audacem vetulus regnare ministrum.

•420 Postremusque fuit Quintinus in ordine quinto Inter Salbernas custodes sede priores K Commoda multa ferens, incommoda plura vicissim Restitit adversis per nubila tempora rébus Salbernae exortum viditque eventum 4

4M Illius occasum, subitas tristesque ruinas^

Avulsasque patrum armorias, viditque sacrata Templa capistratis in caulas facta caballis f. Exulat intera, nec enim data causa morandi est,

> M A sa mort, un grand débat s'éleva entre les frères, dont le nombre diminua beaucoup, parce que les uns choisirent pour prieur Texier ou Tessier, et les autres Richard. » Ce dernier était Quentin, « gardien et prédicateur bien connu de Bernesault, mort récemment, auquel Texier finit par céder Thonneur. »

3 « Qjientin avait précédé de deux ou trois ans après la mort d'Onger, en qualité de quatrième prieur de Bernesault, Tinstant où Texier lui laissa le pouvoir. »

? « Quentin devint alors le cinquième prieur de Bernesault. »

4 Vers incomplet.

5 « Bernesault est dévasté, les armoiries détruites et la. chapelle transformée en écurie, pendant les guerres de religion. »

Hospitium proprium dum destruit bostis iniquus

4)0 Atque venenoso Lutberi dogmate turgens.

Nec locus est Bernis caput unde reclinet abactus ; AfHictus vitam in tenebris luctuque trahebat, Assiduo tristem crucians mœrore senectatn, Propter Salbernae casum pereuniis acerbum,

4M Qualis Anatothidesvates ' sanctissimus olim, Qui phialas iras Domini miscebat iniquis Principibus terrae, religatus colla cathenis, Deflebat Solymae querulo plangore ruinas.

Et cladem patrias praesagâ mente canebat,

440 Quas oculis etiam vates carnalibus hausit. Ut furor hostilis, depuho Marte, quievît, Atque fugam celères intercepere Sycambri, Jamjam prisca redit Quintini in pectore virtus, Regressusque domum cœpit nova tecta parare,

445 Sed quas sufficiant vitas jam morte propinquae. Congeriem sparsim vacuus per prata, per agros, CoUegit lapidum, ruderumque vitrique ^ Partem divendit, partem sibi servat ad usus.

His fragmentorum reliquiis adjutus et omni

4P Officio pieiatis ab ipsis civibus a^em

Struxit fumificam ac matulas luce carentem, Quattuor ad summum fratrum vel quinque capacem, In qua solus agens superis concessit ab oris ^ Illa quidem stat adhuc paucis renovada diebus,

4JJ Namque novis aequum est rébus concedere tritas,

1 Jérémie, né à Anatoth, petite bourgade de la Palestine, tribu de Benjamin.

2 Vers faux, incomplet.

) Cette modeste reconstruction du monastère de Bernesault, avec les débris de Tancien, faite par le prieur Quentin pour quatre ou cinq frères tout au plus, paraît antérieure à celle qui prit sa place, en 161 5. — Voir plus haut. Mémoire de Miton, p. i3a.

Ut vêtus in vasis vinum redeuntibus uvis.

Quadraginta fere custos permanserat annos,

Quando post triduum inventum est a morte cadaver

In caméra extinctum portis foribusque seratis ». 460 Et sine teste cadit qui degere solus amabat.

Desierat senior jamdudum verba popello

Ferre salutifera, ascensâ de more cathedra,

Tum propter senium et defectum vocis anhelse,

Sed solo vivens altari et quotidianis 4^^ Quaestibus, illaesum templum servabat et aedes,

Et quandiu vixit nuUas subiere ruinas,

Una nec oblatis sine vino et pane remansit '.

Post mortem illius, jamjam sensere supremum

Stare diem miseras haud longo post tempore Bernae. 470 Sacrificio sine myste manent, nullusque sacerdos \

Invenitur curam illorum qui vellet habere.

Excessere omnes, adytis arisque relictis,

Bernicolas fratres, violenta flantibus austris,

Stat déserta domus, jugiqueatria imbre madescunt; 47Î Stagnât et assiduis templum pluvialibus undis ;

Omnia frusta jacent, neglectaque et horrida visu K

Quidam Cordigeri missi sunt ordinis hujus

I « Quentin avait été le gardien de ce monastère, pendant quarante ans environ, quand on le trouva mort dans une chambre de Bernesaut. » — « Custos » veut bien dire « gardien ; » mais de Grouchy paraît I3 faire ici synonyme de « prieur » ou « supérieur. » Seratis, « verrouillées, » et non sedatis « apaisées, » avec un non sens et une faute de quantité.

3 « Il ne prêchait plus depuis longtemps; la vieillesse et le manque de voix Tavaient obligé à vivre de Tautcl et des quêtes, sans jamais interrompre l'office divin. »

? « Après la mort de Quentin, la ruine de Bernesault çst imminente; plus de prêtre pour le sacrifice ; personne ne veut se charger du soin de Bernesault. Tous les frères s*en éloignent ; la maison est déserte ; la pluie inonde le temple; les débris offrent un aspect horrible. »

Orgia qui célèbrent et inhospita tecta reforment > . Primus Natalis venit, Baratusque secundus >.

4^3 Hi duo non multum lustrârunt temporis orbem, Tum propter pravos mores et scandala nota.

Et quod donatis frustrabant tecta caduca ^ Deinde Tiberga subit paulo moderatior istis, Cui datur incassum prsegrandis copia nummi,

4Sf Quîppe deplorandas 4 tolerabat ut ante ruinas Et collecta sibi servabat dona s, perinde Postera quaeque dies pejor fuit anteriori.

Postquam Bernarum furor indignantis Olympi Attrivit sub fulminei discrimine Martis

490 Res praeclaras, nec praesentibus ordo ruinis Ullus adest, nec meta, patér Franciscus acerbo Pectore suspirans provolvitur ante beatos Virginis obtQtus et supplex talibus orat ^.

« Virgo, potens rerum et dîvinae conscia mentis,

49$ Quam Deus adversis pressens in rébus asylum Constituit, famulum non dedignare precantem.

Aspicis ut Bernas magni inclementia belli

M Des Cordeliers de cet ordre (de Saint-François) furent envoyés pour célébrer les saints mystères et relever les bâtiments délabrés. »

2 M Le premier qui vint à Neufchâtel fut Noél et le second Baratte. »

? « Leur inconduite et le vol des offrandes ne leur permirent pas d'y faire un long séjour. »

4 Faute de quantité.

{ « Tibergc, un peu plqs modéré, reçoit en vain de fortes sommes, qu'il accapare pour lui, au lieu de les employer à relever les ruines du monastère. »

6 Après que le Ciel eut fidt peser tous ces malheurs sur Bernesault, le poète supi^ose que le fondateur de Tordre des Pénitents, saint François, adresse à la Vierge la prière suivante, où se trouve résumé tout ce qui vient d'être dit sur Tétat ancien et sur Tétat présent du monastère.

Jamdudùm nostras populatur, et orba ministris Stant delubra suis ; et, si qui fone supersint,

$00 ^ri5 posthabitis indigne terga dedére.

Magnificae coiiaps» aedes et ditia quondam Atria praeteritis squalent divulsa ruinis. Pervia sunt delubra notis, sunt pervîa et undis, ^ Dispereuntque sacrae pinnis iabentibus arae.

p( Aspice quam differt a prisco Berna décore, Quae gemit^et sancti repetit lamenta prophetae. Nec venit adjutoo nec qui soletur amaram; Nullus amicus adest, omnes sprevere jacentem In squallore suo. Superisne videbitur aequum

{ 1 0. Post tan tas dades exantlatosque laboies

Tarn praestans quod surgit adhuc succumbere templum ? Si moverit * divos quaedam impietatis imago.

Et meruere arquas commisso crimine pœnas Bernifugas monachi, vel qui venere priores,

5 ' ( Rébus ades miseris, gratumque inflecte precando Ultrices palmas teneat, jam parcere tempus, Fratribus ignoscat nostris, miseretur et istis Quae superant tectis de tantis aedibus, et jam Non ferat antiquum sanctûmque Mathaei

$30 Bernensis nomen famuli^ memoretur Amici, Balduini, Ongueri, servorum deinde suorum.

Et quorum pietas Bernas servavit et auxit.

Cordigeros ibi, vera loquor testorque pudorem, Virgo, tuum, plures pietate fideque priores

î ^ $ Omnibus, expertus per tôt discrimina novi. O Regina, piae venias auraria causas.

Innumeras servata tibi Saliberna saintes Pro meritis referet. Francûm quin agere > regem.

1 Faute de quantité. Movit faisait le vers, et meruere prouve qu'il a été mis.

2 A gère f faute de quantité.

Funigerûm assiduus vîndex, benefiactor, amicus, no Expansis ad te manibus, tum poplite flexo

Annuit ille meis precibus, remque orat eamdem. »

Talia voce refert curis ingentibus, atque Spem vultu insinuât, regemque hortatur ad istam. At regina poli, cujus succurrere semper

ns Rébus cura fuit lapsis, et ferre medelam Afflictis animis, non aversata suorum est Athletûm iacrymas; imo quantocius iila.

Vota precesque virûm festivo corde receptans, Aggreditur soiium Régis sublime tonantis,

540 Cui supplex aperit patronans vota precantum» Ac genibus flexis verbis ita fatur amicis ' : tt Ut tua flagranti nunc pulsem numina voto Urgeor, ô fili. Bernas miserare jacentes^ Ultricem compesce manum, te mater adorât,

H 5 Te veniam planctu et resupinis vultibus orant Assisiusque pater, juxtàque Capetius héros ^. Pluribus baud opus est aures obtundere sacras. Omnia sunt détecta tibi, et quodcumque futurum est Tu nôsti melius quam sit mibi dicere promptum.

HO Inficias tamen ire nequit commissa mereri Multiplices pœnas, sed te, dulcissime filî, Lapsorum semper miseret, levioraque culpis Supplicia infligis ; tandem modus esto furori. Débita si nondum pressit vindicta malignos,

5n Innocuis saltem postbac ignosce benignus. »

Christiparae eloquium terrse sator atque polorum, Vultu quo cœlum tempestatesque serenat,

I II représente la Vierge s'adressant à son fils pour rintéresser au sort de Bemesault.

a Saint François d'Assise et le roi de France (Louis XIII).

Suscipit, ac matri blando est sic ore locutus ' : c Quod petis, aima parens, id votis annuit aether, i^^ Ast hic justitiae rigor et clementia pugnant.

Illa quidem pœnas ultrix pro crimine sumit ;

Haec levât humanos casus et crimina purgat.

Maxima Bemicolas ornârunt prasmia patres,

Dum fuit in pretio virtus, et vera vigebat t^f Relligio, pietatis amor, cultusque Deonim.

Hos pênes atque decens sacri concordia fratrum

Fœderis innotuit, rerum communis et usus.

Hos super effulsit divini gratia flatus,

Mellaque cœlestis stillabant dulcia roris.

no Nil quod opus fuerat iamulis mea dextra negabat,

Nostraque cura fuit vigiles pensare labores,

Dum sacris studiis instabant ofiicloque

Divino patres, et pure corde litabant.

Franciscanorum primos Bernensis honores t7{ Conventus tenuit bis quadraginta per annos ;

Insuper ad Bernas veniebant undique primi

Ordinis illius doctores atque magistri :

Tanta erat an tiquas Salbernae gloria^ tantus

Et veterum respectus et observantia patrum !

^S"^ (Ista quis immensi nescit fore pignus amoris) ?

Quos ubi mors tandem longaevosjrettulit astris,

Orta est infelix seges, atque indigna propago

Majorem titulis, ac Bern» nomine matris.

Quorum etiam extinctum remanet post funera nomcn, j8j Indecoram quoniam duxere per otia vitam,

Crapula et ingluvies et Bacchi fœtida labes

Bernicolas noto faedarunt crimine fratres.

Pestiferae inde lues processit et ulcus acerbum

Invidiae, résonant infandis claustra querelis^

( Réponse du Christ à la Vierge.

S90 Fratrum nulla fides. vix unum fraude carentem Invenies, nec erat victus commuais ut ante.

Plures quinetiam ad cnidas deponere brachas Et mundo servirc iterum non enibuere », Promissi immemores quondam mihi sacramenti.

59$ Pars, insana caput, sunt dogmata falsa secuti Lutheri, atque genu coram flexere Baalim.

Ultimus optabat solus regnare per sedes Quas non condiderat, nec fratres sive ministres Ad res divinas etiam sociare voiebat.

^<^ Hac ratione hominem privandum his asdibus xquum Est visum superis, humilique includere tecto, Et simul hanc scelerum turpem reserare cloacam. Bellorum dum dira lues, dum régnât Erynnis, Advocat interea turmes a parte Bootis,

^^i Gens inimica mihi est, penitusque ignara Deorum, Teutonicasque acies > Bernae stimulavit ad asdes Ultrix nostra manus perdendas funditùs, atque Pergit adhuc sacrum nobis evertere templum, Et decus ingratas totum emarcescere Bernae.

^'<> Sed te, chara parens, intercedente, malorum Annuimus iinem, Bernaeque optata revisent Otia laurigerae pacis, nostraeque facessent Verbera justitia^, ut primum secura decorem Aspiciat, magnis jam tum illustranda tropbaeis.

^'5 Arbitrio stant ista tuo, sit summa gerendac Te pênes et jus omne rei : quaecumque placebit Ex voto tibi quaere viam, firmaque caduci Vires cœnobii atque minantia fulmina siste. »

« Jeter le froc aux orties pour rentrer dans le monde, sans souci de l.urs anciens vœux. »

i « Les bandes allemandes, « les Reîtres, comme on l'a vu plus haut, p. 1^4.

Dixerat omnipotens, ç^oratamque parentem 6ao >f untia quBB referet famulis tam grata remisit.

Moxque tenens puerum Jesum pia mater in ulnas

Angelicis stipata choris apparet iisdem.

Tum reducem cœlo magao venfirantur honore

Franciscus felik, una Lodoïcus, amoris ^ 2 i Plenus in antiquos verae.et pietatis alumnos.

Mifantesque chori voces in nube canoras

Expectant taciti magnœ responsa Sybillae.

Francisco tandem roseo sic ore locuta est > : <c Fransce, inquit,quém sanctus amor meminisse tuorum

^'^ Impuiit, et sontis Bernas exorare salutem, Jam laetare, tuum gnati clementia votum Atque sîbi gemitus oblafos aure benignâ Suscepit, quodcumqué cupis concedit Olympus.

Bernarum imprimis orata salus tibi praesto est.

^H Prima haec sunto tuae majoris gaudia curas. Praeterea incolumes Bernas structasque videbis, Ut quondam ante suos casus meritasque ruinas Vidisti, atque domus Bernensis prisca resurget Gloria, quam fallax aboievit inertia £mtrum '.

04'^ Rursus apud Bernas, ut quondam sancta vigebit Relligio, pietas, Divorum cultus, amorque Fraternus, propter te, 6 sancte patroné salutis Filiolae Bernas, quam nunc tibi jussa redono ^ Elige nunc patres eu jus vis ordinis, et quos

^45 Has habitare velis surgentes protinus asdes 4.

La réponse de la Vierge à saint François d'AssisQ donne quelques

nouveaux renseignements historiques.

2 « Bernesault, reconstruit, retrouvera son ancienne splendeur. » ? « La religion, la piété, le culte de Dieu y vont refleurir, n 4 N Le saint n*a plus qu'à choisir les pères qu'il voudra pour peupler

le monastère qui va s'élever immédiatement. »

Nec vero in longas sacri est sentenûa verbi Progressura moras. Terno vix Delius anno Signifenim percurret iter, cùm marcida grandi Qade reflorescet reparatis Berna ruinis '.

^i° Et ne soilicitet refum penuria mentem, Quominus bas valeant sedes astollere fratres, Mecum erit iste labor, semper mea cura sequetur Hoc opus ad finem, ne desint sera penusque, Et quod opus fuerit per me dabit aethereus rex >.

^n Inque favore tui, média Brumcnius urbe Dives opum civis surget, qui nomen babebit, Rex Ludovice^ tuum. Hic nummis opibusque libenti Bemificos propriis succurrere corde paratus Semper erit, cœptoque simui praestare labori

^^ Cum patribus, quos a juvenili aetate colendos Duxit, et a quibus est cœlesti lacté nutritus i. »

Dixit et avertens roseft cervice refulsit, Ambrosiaeque comas divinum vertice odorem Spiravére, chorisque canentibus intrat Olympum.

6^( « Chara Deûm soboles, Francisci sacra propago.

« Dans trois ans à peine, Bernesault sortira de ses ruines. » a « Saint François d'Assise n*a que faire de se préoccuper des fonds nécessaires pour cette reconstruction. Le roi du ciel, grâce à la Vierge, va y pourvoir. »

? « Louis Brumen, riche citoyen de Neufchâtel, sera toujours disposé à aider de sa bourse les pères, qu'il a appris à respecter dès le jeune ftge et qui Tont instruit dans la religion. » — Miton a consigné les « Noces de Maître Louis Brumen, greffier du vicomte » (de Neufchfttel), en i6o3. Devenu lieutenant du bailly de Caux, en i6aOy il fit partie de la députation envoyée par Neufchfttel vers Louis XIII, alors à Rouen, pour défendre les intérêts des habitants contre les prétentions de Fontaine- Martel, leur ancien gouverneur. — Voir plus haut, Aémoir^i de Miton, p. iia, 141, 141, iSa, 174.

Quas cecini antiquas Bernas palpate ruinas.

Et fundatores Bernarum discite primos, Du m mea Musa novas describere cogitât a*dcs, Atque patres primis qui successere récentes >. «'7'' Idque brevi faciet, mihi si concédât ApoUo, Si vîtam virtus praestet divina poetas, £t precibus vestris oculorum nubila pellat ^. Si mihi non liceat, vivat qui fecerit aller s Vos quoque, dilecti, per saecula vivite nobis. »

' Percheval de Grouchy se proposait donc de faire, encore en vers latins, « la description du nouveau monastère de Bernesault, et de donner les noms des nouveaux pères qui remplacèrent les anciens. *• — En i6i5, d'après Miton.

2 « Ce nouveau poème, il le fera, si Dieu lui prête vie, s*il chasse les nuages de dessus ses yeux. >» — « Numina, » n'offrant aucun sens, doit être remplacé par « Nubila. » Percheval de Grouchy avait donc la vue affaiblie, quand il faisait ce poème.

t Etant mort en 1633, il est probable que le temps lui manqua pour faire ce second poème latin sur Bernesault.

PIÈCES RELATIVES AU MEMOIRE DE MITON I. Sur les registres de l^état civil des trois paroisses

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