I . Révélation de Vexistence de ce poème au xviii« siècle
Vendredi 4 février 1780.
Lettre à V Auteur des Annonces»
« M. voudrez-vous faire part à MM. vos lecteurs d^urie information dont Téclaircissement ne sauroit que les intéresser, pour la plupart; elle regarde la noblesse, autant que la littérature, puisqu'il s'agit d'un homme qui tint à Tune et à Pautre dans un des plus beaux cantons de la Normandie, de Messire P. de Grouchy. Nous connoissons Une personne de renom dans notre histoire, nommée Nie, de Grouchy »,
I Nicolas de Grouchy, fils de Jean de Grouchy et d*Isabeau de Mocant, naquit en iSog, et mourut en janvier 157a. Ce profeaseur de dialectique distingué a composé de nombreux ouvrages, dont les plus fameux sont ses traductions d*Aristote et le traité De comitiis Romanorum. Voir l'étude sur Nicolcu de Grouchy et sonflls Tliimothéede Grouchy , par MM. le Vicomte de Grouchy et Emile Travers, 1878, i vol. in- 16 de a3o pages.
née à Rouen sur la paroisse de S , morte à la Rochelle,
auteur de plusieurs ouvrages cités dans les Lexicographes. Mais quel était ce P. de Grouchy\ dont on a un poème latin assez ignoré, intitulé Saliberna > ?
c Le frontispice de ce manuscrit annonce quMl étoit avocat du Roi en la ville du Netifchfttel; et dans une note Françoise au bas, on apprend que son nom étoit Gaston de Grouchy de Mathonville ^y en parcourant ses vers on lit au 25^.
Meus Rogenis sanguine avito Nobilis, a Molta, Vismontis, tum Capricurti Atque Cyclavells dominus J ; clarissimus unus Qui fuit in Neustris, et servantissimus sequi.
« Et un peu plus bas ^ «e trouve la suite de Péloge de ce respectable personnage, trisaïeul de Pauteur.
In vivis yir devotissimus iste, Cujus adhuc magno vivunt in honore nepotes, Q]ui proavi titulos servant nomenque decusque, Illeque matris avus nostrœ fuit 7. (Attamen absit Gloria jactanti genus in genitricis honore.)
« S^il se rencontroit quelqu^un de ses descendants qui voulût entrer dans quelques détails sur ce Magistrat, on
« Ce « P. de Grouchy » est, pour nous : « Percheval de Grouchy- ■ Voir l'Introduction, p. zl-xlv.
. I. Le fûumai porte, en manchettes : « Saliberna, en français Beme* sauU près le Neufchâtel . »
? La note était donc sur Toriginal, et elle a été reproduite par J.-A. Guiot dans le Moréri des Normands, article Grouchy (Pierre).
4 Dans notre copie, ces vers vont de ia8 à r3i.
s Le journal porte, en manchettes : « Seigneur d*EsclayeHeSf Quie^ vrecourty etc. » Cyclavella nous parait une mauvaise lecture pour Esclavellœ. Voir plus haut, p. iga, note s.
6 Du vers i33 à i37, sur notre o(^ie.
7 Voir plus haut, Introduction, p. xliii.
pourroit par la suite procéder à une analjrse plus suivie du poëtne qui est sous son nom, et où se trouvent des particularités concernant plusieurs autres familles nobles de la province. Vous citez quelquefois des vers de H. Gr. > et d'autres auteurs en la même langue, pourquoi ceux que je promets ne seroient-ils pas aussi bien accueillis? « J^ai Phonneur d'être, etc.
c L'ab. de S. C. »
Annonces et Affiches de la Normandie. Année 1780. 4 février, pages i9-20.