‹ Documents de paléographie hébraïque et arabe, publiés avec sept planches photo-lithographiquesChapitre 6 sur 9 · V. De l'an · texte numérisé non relu

V. De l'an

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La leçon de la première ligne est tout h. fait douteuse;, mais il est certain qu'on doit compléter le sens de la manière suivante: «C'est la stèle du repos pour la tête du Rabbi Sarka Abraham, décédé le 15 Eislev, dimanche, de Tau 78 , d'après le petit calcul du sixième millier. Que son repos soit le jardin d'Éden. Amen et Amen».

VL De l'an 90 = 1330.

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«Ceci est le tombeau de Sara , fille du Rabbin savant Nathan , qui est décédée le 5 Nisan, lundi, en l'an 90, d'après le petit calcul pour le sixième millier. Que son âme repose dans le jardin d'Éden. Amen et Amen pour elle».

CHAPITEE XI. 61

Pour compléter ce petit choix de spécimens d'écriture hébraïque en Allemagne , je reproduis ici trois documents trouvés et Spire, appartenant tous trois et Tan 1333 et signés par douze personnes. Ces documents doivent leur origine et une lutte qui s'était engagée entre la communauté juive et les autorités civiles de la ville de Spire.

C'était le droit des autorités civiles de nommer les membres du Conseil de la Communauté juive, et beaucoup de Juifs essayaient d'obtenir cet emploi par la faveur des autorités civiles, et même par l'influence de personnes de l'aristociutie, établies aux alentours de la ville. Cet état de choses déplut à la Communauté juive, et elle obtint, d'abord pour dix ans, la liberté de choisir elle-même ses douze représentants, qui, du reste, devaient être établis et Spire et reçus dans la ville par les autorités civiles. Les autorités civiles concédaient aussi que les membres du Conseil juif qu'on choisirait pour les dix ans suivants garderaient leurs fonctions à, vie. Enfin, l'autorité civile mit et la disposition du Conseil des Juifs son huissier, et la condition que les amendes qu'il aurait à, percevoir seraient partagées dans une certaine proportion entre les autorités civiles et la Communauté juive.

Ce traité fut rédigé en allemand en deux exemplaires; celui qui fut remis h la Communauté juive porte sur le dos du parchemin la notice que nous avons donnée comme numéro I. La remarque du texte hébraïque que les Juife ont payé 400 livres Âeller^ pour obtenir les concessions des autorités ciciles n'est pas insérée dans la rédaction allemande. Le numéro II, rédigé en allemand et en hébreu , contient une ordonnance du Conseil juif par laquelle il interdit , sous peine d'excommunication , et tous les Juifs , de briguer une place dans le Conseil juif par l'intermédiaire de l'aristocratie voisine.

Le numéro III enfin, contient un pardon général pour tous ceux qui autrefois avaient brigué une place dans le Conseil juif par l'intermédiaire des membres du Conseil civil. On voit par le contenu que la Communauté juive était troublée par les tendances ambitieuses de quelques-uns de ses membres et que, pour rétablir la paix dans la Communauté, le Conseil juif engage toutes les brebis de son troupeau à, couvrir d'un pardon et d'un oubli général tout ce qui s'était passé.

( Fbtr planche VI.)

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TRADUCTEON.

Les mêmes conditions du contrat qui sont écrites sur Tautre page se trouvent aussi entre les mains des citoyens, dans un document qui est scellé de leur sceau. Et ces conventions seront valables pour dix ans. Pour les afiGaires écrites sur l'autre page, nous avons donné aux citoyens 400 livres Aeller, dans l'intérêt de la paix.

Commune de Spire.

Juda ben B. Me'îr Berner. Aqibha ben K. Siméon.

Jekhiel ben R. Kbajjim Isserlein (ou Jehuda ben E. Samouel.

bien: Ismël).

Joël ben R. Jacob.

Jacob ben R. Éléazar.

Isaac ben R. Ebajjim Asher.

Siméon ben R. Aqibha.

Joseph ben R. Me'îr.

Simkha ben R. Samouel.

Abraham ben R. Asher ha-1-Lévy.

Me'îr ben R. Jequthiel.

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• Mot tracé.

TRADUCTION

Nous, les soussignés, donnons connaissance à tous ceux qui verront notre écrit que nous avons décrété que, sous peine de la plus sévère excommunication, personne ne doit négocier avec un Sieur quelconque du monde qui exerce une domination en dehors de la ville, pour obtenir la place de membre du Conseil de la Communauté juive dans cette ville; que ce soient des Juife domiciliés ici actuellement, soit ceux qui viendront et demeureront ici; ni lui, ni personne pour lui ^). Et celui qui enfreint ceci (cet ordre), perd son âme et forfait et son âme et â sa fortune. Si quelqu'un enfreint ceci et que la chose soit prouvée clairement devant le Conseil de Spire et devant nous, les soussignés, ou devant nos successeurs, il forfait â son âme et h sa fortune. Et si la chose par rapport à ce transgresseur est prouvée, les citoyens, c'est-èt-dire le Conseil de Spire, ont fait vœu de nous aider de tout leur pouvoir pour punir le transgresseur, et Tamende revient moitié au Conseil de Spire et moitié à, nous. Nous déclarons que nous avons remis aux citoyens un écrit, scellé de leur sceau, sur ce que nous avons déclaré et traité ci-dessus.

Lundi, le 18 Tebheth de Tan 94 [+ 1240=1334, c'est-à-dire le 27 décembre 1333], nous avons écrit et signé pour ceux qui sont entre les boutiques^), et le tout est sûr et certain.

Commune de Spire.

(Les noms des chefs de la Communauté juive sont les mêmes que dans le premier document.)

4) Les derniers mots se trouvent dans l'original dans une position fautive, et c'est ici qu'on doit les transférer.

2) Les lettres hébraïques ^l^n semblent être une abréviation de nVlin, c'est-à-dire «les boutiques», et désigner le lieu dans la ville où ces Juifs avaient leur demeure; peut-être que c'était le Ghetto de Spire. Dans les documents latins on trouve l'expression: api4d cramos. — On m'a proposé de lire DDIÎ^^ ^n ^^31, et dans ce cas on doit traduire: nous avons signé etc. tout ce qui est contenu dans ces lignes.

anw^ nsy ijnjî:^ omN ^d ^yi ni^se^d ^npn ^îl^nt m^^^ nm^ ^y^\£nw

diî:^ ià^ 1JN ï<^ nyn cnoy nîryj n^t cn^ p^m n^DSj ià\:; nrb yiiv^ nniN

nîî^y^ p ir^^y ^a^fOT 1J10D HT n^^y^ ns ^np ^îl^nt n^^i p ^^m kd^b? ij^^y ij^Dp QJ1 b^)}b 2^^an b^ n^v^^ airo vbv ^np^i nonoi nony n^d ^D^ msji riNT n^^HD ij^noîr bnpn b^b nojDn n^DD y^Tinî?! m^j^ Dira

D^pi nn2^ ^Dm -^un ^j^dt ^d ijonm ijddd ^ nà ï<n^sîr ^np

TRADUCTION

Nous y les soussignés, donnons connaissance à tous ceux qui verront notre écrit que nous, les soussignés, chefs de la Commune, à cause de nous et à cause de toute la Communauté de Spire, avons accordé en bonne intention, de bon cœur, sans contrainte, un pardon entier à tous les Juife qui ont importuné le Conseil chrétien de Spire et qui ont fait tous leurs efforts, pour qu'il les nommât chefs de la Commune de Spire. De même, nous avons accordé le pardon à tous ceux qui, en cela, ont donné des conseils à ces Juifs, leur ont été utiles et les ont assistés. Nous avons pris à. notre charge, sous peine d'excommunication, de ne pas perdre tous ces Juifs et ceux qui les ont aidés, et de ne pas lem* nuire et de ne pas leur faire du mal, ni nous, ni personne pour nous, à cause de cette affaire, ni publiquement, ni secrètement, sans ruse et sans tromperie. Et quiconque sera plus tard ici chef de la Commune, doit faire cela comme nous, et il doit le faire comme nous l'avons fait, sans ruse, ni tromperie. Et sous peine d'excommunication , il doit prendre sur lui la charge de maintenir tout ce qui est écrit ci-dessus. De même, nous avons pris sur nous, sous peine d'excommunication, de déclarer et de donner connaissance

dans la synagogue, à toute la Communauté, que nous avons accordé ce pardon, et que nous recommanderons et toute la Communauté de garder et de conserver ce pardon, sans ruse et sans tromperie. Et nous déclarons que nous avons remis au Conseil de Spire un écrit, scellé de leur sceau, là-dessus comme sur ce que nous avons prononcé et pris à notre charge.

Lundi, le 18 Tebheth de Tan 94 (d'après le petit calcul), nous avons écrit et signé, nous tous, ceux qui sont entre les boutiques, et le tout est arrêté et certain. [Ou: signé tout ce qui est contenu dans ces lignes.]

Commune de Spire.

(Les noms des chefe de la Communauté juive sont les mêmes que dans le premier document.)

Jjans une petite collection de papyrus provenant du Fayoûm et contenant des textes grecs et coptes, j'ai trouvé le fragment suivant d'une lettre de quittance arabe, qui mérite d'être publiée, parce que, à, ce qu'il me semble, elle est datée de l'an 72 de l'Hégire, c'est-k-dire de l'an 691 après J.-C. C'est donc un des échantillons les plus anciens de l'écriture arabe; il se range à, côté des passe-ports déjà longtemps connus de l'an 133 de l'Hégire, et publiés et commentés par De Sacy '), et des lettres de dames égyptiennes qu'on trouve dans la Zeitachrift d. deutschen morgenl. GeselUch.^ Vol. XXXIV, p. 685, mais qui ne sont malheureusement pas datées.

On lit sur le papyrus:

{Voir planche VIT).

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