IV. — Saadya et ses connaissances scientifiques
Le Séfer Yesira devait naturellement fournir à Saadva plusieurs occasions de parler de cosmog-raphie, et nous voyons, en effet, que le Gaon sait tout ce qu'on pouvait en savoir de son temps. Il expose (i, 4) ce qu'il faut entendre par le Dragon. Il décrit {ibkl.) d'une façon très exacte les inégalités du jour et de la nuit. Il admet que la terre est ronde (ii, 4), tout en tâchant de justifier l'auteur du Séfer Yesira, qui la croit carrée. Il s'étend longuement (ii, 5) sur les diverses formes de la sphère céleste aux différentes hcîures de la journée et sur les influences correspondantes des astres. Saadya, comme tous ses contemporains, croit à l'astrologie, mais il est difficile de déterminer jusqu'à quel point il y croit. A cette occasion, Saadya donne la date précise du jour où il écrit, et qui est le mardi 12 si van 1242 des Séleucides, c'est-à-dire le 31 mai 931. Ailleurs Saadya dit que la circonférence de la terre mesure 20,000 milles^ et comme le mille équivaut à peu près k deux kilomètres, on voit que les anciens avaient déjà de la terre une mesure assez exacte. Saadya donne aussi les dimensions plus ou moins justes des autres astres, et ajoute que ces mesures ont été établies par les anciens au moyen d'instruments et de calculs.
Notons encore que Saadya donne (i, 4) la valeur de la diagonale du carré, et expose une théorie sur les propriétés des corps (il, 5). Pour lui, les propriétés des corps dépendent des quantités et de Tordre des éléments qui les constituent. Cette théorie, que Saadya donne en son propre nom i^-^^), est la base même de la chimie, et quand on songe que la scolastique, de longs siècles après Saadya, s'est contentée, sur ce sujet, de vaines tautologies, on doit reconnaître l'esprit scientifique de l'illustre Gaon.
1. Ici encore nous renvoyons au livre de M. Guttmann (p. 31 et suiv.), qui montre les nombreux rapports entre les idées scientifiques de Saadya et celles des Iltwân essqfah.
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