Rec. Histor. de Fr., t. XI, p
3. Le Compendium dit de lui (cap. IV.) qu'il était lors de sa nomination, adhuc juvenis et diaconas tarUum,
apparenté à une famille riche et noble de l'Anjou, put dès le début de sa vie espérer profit et satisfaction de l'état de raoine et d'abbé à la Trinité de Vendôme.
La seule énumération des prieurés vendômois fait voir avec quels sièges épiscopaux Tabbé Geoffroi sera en relation. En dehors de Chartres, son diocèse, ses rapports seront fréquents avec les prélats d'Angers, du Mans, de Tours, de Saintes et de Poitiers*. Il eut peu affaire avec Sens, quoique ce fût la métropole de la province ecclésiastique à laquelle il se rattachait. Si Tabbé fut en communication avec quelques autres représentants du haut clergé séculier, tels que les archevêques de Lyon et de Bordeaux, il le dut moins aux relations que lui imposait la gestion des biens de son monastère qu'à la situation que lui valut l'importance du rôle joué par lui dans les affaires générales de l'Église à son époque. Ce n'était point alors un contact de tous les jours pareil à celui qu'entretenait Geoffroi avec les évoques dans les diocèses desquels il pouvait perdre ou obtenir en quelques années des terres de la valeur de plusieurs centaines do livres d'argent *.
Quant aux monastères, qui par diverses causes furent compris dans le cercle des relations de l'abbé de la Trinité, leur nombre fut grand. On ne s'étonnera pas de voir la congrégation de la Trinité en rapports avec les abbayes de Cluny, de Vezelay et de Marmoutiers, privilégiées comme celle de Vendôme, et à la tête du mouvement de réforme religieuse préconisée par les moines exempts. S. Denis, Fontevrault fondée par l'ami de Geoffroi, Robert d'Arbrissel, S. Martial de Limoges, étaient aussi appelées à communiquer avec l'abbaye vendômoise. Les deux grands monastères d'Angers,
1. On trouvera dans Pétigny, Histoire archéologique du Vendômois^ I'*é(l., j). 253. n** 2, une énumération des obédiences vondômoises. Peu «le détails subsistent sur les relations entre l'abbé de Vendôme et Tévêque de Poitiers : si ce dernier fut en correspondance écrite avec Geoffroi, il n'en reste aucune preuve. Cependant les mentions de Poitiers et de son évèché sont assez fréquentes pour montrer que ces rapports ne furent point rares. Cf. Goff. Vind. ep., 1,21, 24, 26.
2. G. Vind ep., III, 15 ; il se plaint d'avoir perdu dans le seul diocèse du Mans par la faute de l'évèque Hildebert plus de 20i) libratae de terre. (Voyez Ducange, Glossaire: Librata terrae, «aestimataex valore agri, non ex ipsius quantitate».) Il avance la même chose pour Tévèché de Chartres sous Geoffroi de Lèvesi ep., If, 30.
CoMPAiN. Geoffroi de Vendôme. S
S. Aubin dont Torigine datait du vi® siècle, S. Serge, fondé au milieu du vu® siècle, rebâti et embelli par Geoffroi Martel, — tous deux sous la protection et sous la dépendance des bienfaiteurs de la Trinité, les comtes d'Anjou, — avaient à compter avec le voisinage de l'annexe de Tabbaye de Vendôme. Dans le pays de la Loire moyenne, les congrégations célèbres de la Charité, devenue abbaye fille de Cluny, de S. Florent de Saumur dont les bâtiments avaient été reconstruits à la suite du siège de la ville par Foulques Nerra, comte d'Anjou en 1025, — et de S. Laumer de Blois dont lés moines étaient assez riches pour commencer, peu après la mort de Geoffroi de Vendôme, la construction d'une des plus belles églises de la région, — entretenaient avec les religieux de la Trinité des rapports, selon toute apparence, assez fréquents*. Enfin, plus au sud, la rivalité des intérêts mit plus d'une fois aux prises avec l'abbaye de Vendôme des monastères tels que ceux de S. Jean d'Angély et de Sainte-Croix de Talmont en Poitou.
La situation de la Trinité et de sa congrégation ayant été exposée dans ses grands traits, on s'occupera maintenant de la personne, de l'administration et des idées de l'abbé Geoffroi. *
1. Bonneval, près de Châteaudun, était dirigé par un abbé qui fut un des amis les plus intimes de Geoffroi.