‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 289 sur 509 · G. Vind. ep., IV · texte numérisé non relu

G. Vind. ep., IV

les moines de droit abbatial, ouvrait la voie à toutes les prétentions etàTexercice d*UQ pouvoir absolu ; le chef du monastère, se posant dans les affaires extérieures de pair avec les plus hauts dignitaires de l'Église, ne pouvait souffrir que sa volonté fût limitée par l'opposition des moines qui sont ses sujets* et en quelque sorte ses créatures. « Il serait bien fou, le moine qui chercherait à provoquer son abbé, de qui, après le Seigneur, il lui est permis de tout espérer, et sans qui rien d'utile ne peut lui advenir ^ » De fait, la pratique confirmait depuis longtemps la prétention abbatiale que Geoffroi énonçait comme règle de conduite ; même quand l'abbé ne se disait point d'institution divine, il était toujours le premier personnage du monastère et comme tel distributeur de faveurs et d'avantages. La Vie d'un moine vendômois, Arnoul, qui devint évêque de Gap sous Alexandre II, le loue de n'avoir point été « de ces adulateurs qui, pour obtenir les honneurs et les profits, s'efforcent de se rendre agréables à l'abbé ^. » Geoffroi, au contraire, pensait cette conduite la seule politique. Elle le paraissait d'autant plus qu'à Vendôme, hors le pape, l'abbé était l'unique juge de toutes les affaires intérieures de la congrégation*.

L'obéissance passive du moine à son abbé est, selon Geoffroi, le nerf de la vie monastique. La grande estime du prélat pour la règle de S. Benoît résulte autant de son état d'abbé de la Trinité que de son zèle religieux. Geoffroi a dit que ce qui faisait la supériorité de cette règle, c'était l'importance qu'elle attachait à la soumission monacale. « Saint Benoît a mieux connu la vertu de l'obéissance que tous les autres abbés qui l'ont précédé, soit que ceux-ci n'aient point voulu la révéler, soient qu'ils l'aient ignorée^ » Un point est particu-

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