Evang. S. Jean, VI, 38. Cf. G. Vind. ep., IV
cause des charges dont vous supportez le poids : ne murmurez donc pas contre moi\ » Il encourage ses subordonnés à la soumission par la promesse de récompenses éternelles : (( Vous jouirez d'une vie exempte de vieillesse ; votre satiété sera sans dégoût ; votre société celle des anges ; surtout, vous aurez ce bonheur qui dépasse tout autre bien, que continuellement vous verrez Dieu face à face. Et puisque je vous ai parlé d'obéissance, ajoute Geoffroi, au nom même de cette obéissance et pour votre propre salut, nous vous mandons d'amener jusqu'à Angers la provision de poissons qui doit servir à la nourriture de vos frères ^ » La béatitude éternelle à propos d'une cargaison de poisson salé, cela forme un rapprochement inattendu ; au fait, les menus actes de la vie ne valent que par l'objet auquel on les rattache. L*abbé GeoflFroi n*a point dédaigné les petits détails de son administration; la teneur de plusieurs de ses lettres marque de la bienveillance pour ses religieux ; Tun d'eux étant malade, Geoffroi s'occupa personnellement de lui procurer un médecin de Tours'. « Un médecin, qui tient votre salut entre ses mains, est arrivé auprès de moi ; il retourne à Tours y préparer une ordonnance qui vous guérira, à l'en croire ; après quoi il m'accompagnera vers vous.Enattendant, je vous envoie une médecine qui vous sera très utile et môme indispensable, vous la prendrez tous les jours à jeun, et chaque soir après le repas, avant de vous coucher. » Les membres de son troupeau étaient, d'après sa propre expression, « les hommes qu'il chérissait le plus au monde \ » On peut remarquer que jamais l'abbé ne montrait dans ses rapports avec ses moines plus de douceur que dans les moments difficiles pour la congrégation et pour son chef; le tempérament de Geoffroi rendait ces crises fréquentes. « Mon esprit veille diligemment sur vous; je vous demande humblement en retour une pareille preuve d'affection, » écrit-il dans une lettre à ses religieux, où il parle de « la persécution des méchants » sans indiquer autrement les circonstances dont il était préoccupé . « Veillez donc et priez pour moi, qui,