Id
de Textension territoriale de Tabbaye. Les dépendances éloignées demandaient une administration matérielle qui ne pouvait être dirigée dans son détail d*Angers ou de Vendôme ; de là une délégation de pouvoirs aux chefs des groupes de moines appelés au dehors par les nécessités de l'exploitation. L'autorité et la gestion des prieurs ont comme celles de l'abbé un caractère à la fois spirituel et temporel, car si ces fonctionnaires extérieurs ont pour origine de leur établissement des charges matérielles, ils possèdent en même temps la direction d'âmes. Leur dignité est un office pastoral \ Ils sont exhortés à la sollicitude pour le progrès moral de ceux qui leur sont confiés ' ; ils doivent se garder de scandaliser leurs frères *. Ces devoirs vont de pair avec le soin des intérêts temporels de l'obédience : « Pendant que tu cherches le salut des frères que nous t'avons confiés, écrit Geofiroi à un prieur, ne néglige pas le soin de leurs corps ^. » Jouissant d'une pleine autorité sur les moines de sa maison, le prieur est quelquefois assisté dans son administration domaniale par quelque autre religieux; mais celui-ci est, comme ses frères, astreint à l'obéissance envers son supérieur. GeoflFroi envoie au prieur André un moine nommé Herbert, « habile dans les choses de ce siècle i>, afin, dit-il, « qu'il conduise les affaires du dehors avec sagesse et d'après tes conseils. Je lui ai surtout enjoint qu'il t'aimât de tout son cœur et qu'il t'obéit diligemment comme à son prieur*. » Bernier, chef de l'obédience de Saint-Clément de Craon, étant malade, reçut pareillement un auxiliaire : <v Comme je sais que tu manques d'assistance, je t'envoie mon cher frère et fils Gilbert, qui s'occupera â ta place de toutes les affaires du domaine de Saint-Clément et n'enfreindra en rien tes ordres*.
Autant, il est vrai, les prieurs étaient maîtres dans la dépendance qui leur était confiée, autant eux-mêmes étaient soumis à l'autorité abbatiale. Geoffroi parle d'eux comme