‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 302 sur 509 · G. Vind. ep., I · texte numérisé non relu

G. Vind. ep., I

avoir une fois oublié cette règle de conduite : son successeur dut racheter la dépendance au prix de vingt-cinq mille sous*. D'autre part, on peut penser que les grandes dépenses faites par Geoffroi en 1094 au service d'Urbain II, et dès le début de sa prélatiu'e, n'étaient point entièrement alimentées par des ressources dues à ses propres fonds ou à Thabileté de son administration. Les finances du monastère n'étaient donc point tout à fait mauvaises lorsque Geoffroi en prit la direction.

Bien qu'il se soit à la fois accordé de dénigrer la gestion de ses devanciers, et de se lamenter sur les persécutions qui le poursuivaient et dont résultait l'appauvrissement de son abbaye, Geoffroi pouvait à d'autres moments se rendre un témoignage véritable sur la prospérité de sa maison. L'état de la Trinité était florissant tant par la dotation première du monastère et ses privilèges spirituels que par le génie de l'administration abbatiale. « Nous avons des émules, mais qui sont animés contre nous d'une émulation diabolique. Leurs calomnies m'obligent de dire ouvertement ce que volontiers j'aurais tenu caché ; c'est qu'aucun de ces envieux n'osera aôirmer qu'il y ait dans toute la France un monastère mieux dirigé que le mien. Grâce à Dieu, mon administration a vu l'abbaye s'accroître de plus encore que ce que lui avait accordé la piété de ses fondateurs ; cependant, je n'ai jamais acquis ni église, ni dîme d'église, ni aucune possession ecclésiastique, comme le font quelques-uns ^ » Geoffroi parle à Calixte comme à Paschal : « Personne ne saurait avancer que d'une mer à l'autre il y ait un monastère aussi bien administré que le mien^ » Les chartes qui nous restent de l'époque de la prélature de Geoffroi portent en effet un assez grand nombre d'acquisitions territoriales faites par l'abbé, dont il sera parlé selon l'occasion : aucune d'ailleurs ne paraît assez importante pour qu'il en soit fait ici mention particulière.

L'importance de l'organisation des prieurés était un résultat

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