Simon, Histoire de Vendôme^ I
obtenir la reconnaissance de leurs droits sur le prieuré de Yilledieu, la cession d*un psautier de dix sous contribua à leur procurer le désistement du chevalier*. Les premiers abbés de Vendôme n'ont laissé aucune renommée de science particulière. D'autre part, à peine vingt-quatre ans après la mort de Geoffroi, la bibliothèque des religieux de la Trinité était tombée dans un détestable désordre ; le cellerier et le chambrier du monastère devaient se partager le soin de l'entretien des livres ; Tun et l'autre de ces fonctionnaires se déchargeait de son obligation, cherchant à en rejeter la dépense sur son collègue ; l'abbé Robert, devant cette situation assez fréquente dans les communautés religieuses, y remédia par une taxe imposée à tous les prieurés de l'abbaye et perçue annuellement par le bibliothécaire de Vendôme *.
Geoffroi voulut donner de la vie intellectuelle à sa congrégation. L'œuvre dut présenter des difficultés ; les recrues monastiques arrivaient souvent mal préparées. L'abbé parle d'un moine de Saint-Nicolas d'Angers qu'il a interrogé en français, le religieux ne sachant point le latin ; il est vrai que ce n'était qu'un frère lai'. Les religieux bretons expédiés à Vendôme par le solitaire Hervé étaient tellement incultes qu'ils faisaient honte à quelques-ims de leurs confrères*. Une inondation du Loir causa la perte d'une partie des livres du monastère et obligea Geoffroi à envoyer les documents les plus précieux de son abbaye au prieuré de l'Évière, ou ils restèrent plusieurs années*. La congrégation de la Trinité ne s'est pas distinguée dans des occasions qui étaient réputées donner la mesure de la culture littéraire d'une communauté : c'étaient les joutes auxquelles on se livrait dans les inscrip-