‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 353 sur 509 · III · texte numérisé non relu

III

3. Le recueil, Ilistoriae cardinal is ahbatiaé compendium (Lat., 11819, p. 459, sqq.) cite un acte de Geoffroi Martel interdisant toute juridiction aux fonctionnaires comtaux sur le territoire du monastère, et établissant un ballivus spécialement chargé de régler les différends entre Tabbé et le comte. « Judicibus Vindocinensibus in abbatiam... jurisdictionem interdixit, instUulo ballivo qui inter comitem vel quemlibcl hominem ejus subditum et abbatem, si querela oriretur judex esset et jus vocationis vinculorum ad necis exerceret in dominiis et villis monasterii. » Peut-être, comme le feraient penser les derniers mots de la phrase, les fonctions de ce personnage étaient-elles bornées à certains cas de justice criminelle. Dans le cas présent il ne paraît pas, et je n'ai trouvé aucune autre mention de son rôle.

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monie analogue à celle de Tan 1100 eut lieu : Grisegonelle marqua sa soumission à Tabbé en déposant un couteau sur Tautel de la Trinité, reconnut l'autorité du tribunal abbatial, fît évacuer le Bourg-Neuf et déclara vouloir être désormais « le protecteur du monastère et son défenseur contre tous les hommes* ». Ce rôle avait déjà été* assigné aux comtes de Vendôme par les papes*, mais le protecteur avait trop peu d'intérêt à voir s'agrandir encore la congrégation protégée pour qu'il portât un grand zèle dans Taccomplissement de ses fonctions'.

En 1124, un conflit analogue à celui de 1108 fut causé par la prétention des comtes de s'opposer à un affranchissement fait par Tabbé*. Geoffroi Grisegonelle arracha même de la tête de l'affranchi, nommé Popinel, le diplôme qui lui donnait la liberté. L'abbé prouva aisément que le comte avait outrepassé ses droits. Vers cette époque, d'ailleurs, Geoffroi de Vendôme et Grisegonelle durent être en assez mauvais termes, car on a une lettre du pape Calixte II à l'évêque de Chartres où il lui enjoint d'excommunier le comte de Vendôme s'il tente quelque entreprise sur les biens de la Trinité*.

La femme de Geoffroi Grisegonelle, Mathilde de Châteaudun, fut presque aussi hostile à l'abbé que la comtesse Euphrosine. Il est vrai qu'elle fit en 1119 une donation au monastère*; mais par la suite, profitant d'une absence de l'abbé en Anjou, elle se saisit d'une terre relevant de la Trinité et brûla, dit Geoffroi, les écorces d'arbre que les sujets de l'abbaye avaient amassées pour leur propre usage". L'abbé s'adressa à l'archevêque de Chartres pour obtenir satisfaction *. A en

1. Lat. 17049, f. 716, 717: « adjutorem ejus loci et contra omnes homines defensorem. »

2. Urbain H, en 1093; Pascal II, en 1103 {Inventaire des Chartes de la Trinilé f. IV, vo, n. Ij, et VI ro, n» Kj.

3. Cf. sur cet incident, Pétigny, Histoire archéologique du Vendô^ mois, 2« éd., 422, 3.

4. Lat. 12700, f. 270. Cf. Pétigny (2" éd., p. 434, 4) et Ann. Ben. II, C. 74, p. 87.

5. Bouchet, Bullet. Soc. Arch, du Vendômois, XXIII, 1884, p. 29.

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