‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 358 sur 509 · V. le chapitre sur Forigine de Tabbaye · texte numérisé non relu

V. le chapitre sur Forigine de Tabbaye

2. Cf. Simon, I, 45. — Il y avait déjà eu un rapprochement entre le Vendômois et l'Anjou. Adèle, pelite-fille du premier comte de Vendôme, Bv)uchard le Vieux, s'était établie en Bourgogne avec son mari Eudes le Bourguignon. Ils avaient confié leur fils aîné, Bouchard, à son grand-père Foulques Nerra, comte d*Anjou, qui, comme tuteur de son petit-fils, exerça longtemps son autorité dans le Vendômois dont le jeune Bouchard avait été investi du vivant même de son père Eudes.

3. Cf. Goffridi Martelli comitis praeceptum de txUela monasterii Vindocinensis (Sirmond, n. 6, à la lettre I, 2).

lorsqu'il confirma la fondation de Geofiroî en 1045 : « Le comte d'Anjou sera toujours et contre tous l'auxiliaire et le défenseur du monastère de Vendôme pour rhonneur de Dieu et du siège apostolique. Ni lui, néanmoins, ni aucun de ses successeurs n'imposeront des redevances ou des coutumes au préjudice du monastère et de ses biens. Ils n'y pourront rien revendiquer si ce n'est le seul patronage qu'il leur est permis d'exercer en l'honneur du bienheureux Pierre * ». La réserve de patronage faite par Geoffroi n'avait rien d'extraordinaire. Ce qui lui donna un caractère particulier, ce fut que la réintégration de Foulques l'Oison dans son comté, grâce à la faveur du roi Henri P', ne la modifia en rien. Foulques recouvra le Vendômois comme fief de l'Anjou, mais il renonça à exercer quelque droit que ce fut, même celui de protection, sur l'abbaye de la Trinité. Le monastère et toutes ses dépendances, présentes et à venir, ne devaient reconnaître d'autre seigneur, fondateur ni protecteur que le comte d'Anjou. « J'ai retenu, disait Geofi'roi Martel dans la charte d'accord, l'abbaye avec toutes ses dépendances. Mon neveu a approuvé cette mesure et il a été diligemment averti par moi d'avoir à aimer et respecter ce monastère pour l'amour de Dieu et de moi, et de se garder de jamais chercher à l'enlever au pouvoir des comtes d'Anjou ». Foulques, en conséquence, jura <( de faire respecter de son mieux l'abbaye avec toutes ses dépendances pour l'honneur de Dieu et de S. Pierre*, de ne jamais molester sciemment l'abbé ou ses moines, de n'imposer aucune redevance aux prieurés du monastère, de ne point s'en rendre maître par la force. Jamais il ne chercherait à faire disparaître l'autorité que le comte d'Anjou possédait sur la Trinité, même s'il était en guerre avec le comte' ». Ainsi la Trinité restait directement rattachée aux maîtres de l'Anjou, quoique ceux-ci n'exerçassent plus directement leur autorité sur le comté de Vendôme. Le monastère ne relevait plus du seigneur immédiat de la terre au milieu de laquelle

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