Rec. Mist. Fr., XIV
2. V. sur les comtes Foulques IV et V, les articles de rexcellent Dictionnaire de Maine-et-Loire, par M. Célestin Port, t. II, p. 192,
uniquement de Dieu. Ces œuvres de justice et de piété, je les loue en toi. Mais il y a autre chose dont je ne saurais t'applaudir, quoique par respect je taise le blâme. Comment, toi qui essuies les larmes de toutes les douleurs, qui enrichis généreusement tant d'églises, nous frappes-tu d'un douloureux étonnement ? Nous te voyons négliger l'église dans laquelle ton vénérable père a choisi d'être enseveli, et qui pour cela devrait être chérie et honorée par toi entre toutes. Oublier de combler cette église des largesses auxquelles elle a droit, c'est montrer trop peu Taffection que tu avais pour ton père. Jadis les princes de mérite et de piété avaient toujours un attachement particulier pour les lieux où reposaient leurs ancêtres; ils s'appliquaient de tout leur pouvoir à les enrichir et à les rendre plus beaux. Moi, qui n'avais avec le comte d'Anjou, de pieuse mémoire, aucun lien de parenté et à qui il n*a laissé ni grandes richesses ni bien quelconque, j'aime et j'honore davantage pour l'amour de lui l'église où il est enseveli. J'ai augmenté le nombre des moines qui tous les jours y célèbrent la messe et j'ai affecté à leur entretien la plus grande partie des biens de mon abbaye. J'ai voulu t'écrire ceci touchant ton père défunt (mort pour le monde, car plaise à Dieu qu'il vive en Lui), ne sachant qui se préoccupera de son souvenir, si tu ne le fais. Puisque le souci de son salut te pousse à répandre ailleurs tes bienfaits, n'oublie pas plus longtemps l'endroit où repose cet illustre prince. Adieu. Pardonne-moi si j'ai mal parlé, et si j'ai bien dit, agis en conséquence*. »
Les éloges accordés à Ermengarde par l'abbé de Vendôme sont confirmés par Marbod, évêque de Rennes : « Avoir nourri les pauvres, lui écrivit-il dans une pièce de vers adressés à la comtesse, les avoir vêtus, voilà ta vraie gloire devant Dieu, et ni la mort ni la vieillesse ne te l'enlèveront*. » La mort (le son père n'avait pu qu'augmenter les sentiments charitables d'Ermengarde. En 1112 on la voit s'associer à son frère Foulques pour affranchir un* serf au profit de