D'Esplnay, les Cartulaires Angevins, p
2. Cf. Fp. GofT. Vind., I, 6. Le récit de l'affaire, qui est de l'année 1106. se trouve dans les Ann. bened.y V, 675; cf. Uangeard, Histoire de ICniversiU' (V Angers, II, 72. Pascal II s'exprime comme il suit à l'arrhevèquc de Tours : « Fraternitatem vestram monemus ut ex parte nostra dilecto filio nostro Fulconi comiti Andegavensium injungatis quod eum (Paganum) cumsuis omnibus officii munimine tueatur. »
parce que leur objet était de ravir Saint-Clément à ses moines de Vendôme et qu'il disait que l'abbaye de la Trinité était sienne et possédait beaucoup d'obédiences dans son comté. D'après les menaces du comte, ajoute l'auteur, on peut conjecturer que c'est à la prière des religieux de Vendôme que l'abbé de Saint-Aubin et ses gens furent pris et obligés de rentrer chez eux. La congrégation de Saint-Aubin eutgrand'peine à faire parvenir à Bordeaux quatre des siens qui, prenant par des chemins différents, firent route secrètement à travers bois. Au reste, ils n'obtinrent point gain de cause à Bordeaux, quoiqu'ils dévoilassent comment leur abbé avait été pris et que leur témoignage fût confirmé par un moine de Saint- Florent. Le légat s'en tint aux impudentes négations des Vendômois*.
Ces événements se passèrent en 1092. Arrivé à la direction de l'abbaye, Geoffroi chercha de son mieux à conserver la bonne volonté et l'intervention active des défenseurs de la congrégation ; il espérait que Foulques V lui serait aussi utile et favorable que son père^ Lorsque Foulques IV mourut en 1109 après avoir remis certains droits qu'il percevait sur la Trinité d'Angers, Geoffroi voulut montrer qu'il n'était point ingrat, et, de son plein gré, il consentit à ce que le comte fût enseveli dans l'église d'Evière. A la vérité, l'abbé avait espéré quelque récompense de cette démarche ; n'en obtenant aucune, il prit sur lui d'écrire à Erraengarde, comtesse de Bretagne et fille de Foulques IV ; il espérait la trouver plus accessible que son frère Foulques V alors en brouille avec la congrégation de Vendôme : « J'ai appris sur toi, princesse, écrivit Geoffroi à Ermengarde, ce qui ne saurait déplaire ni à moi ni à qui que ce soit, puisque c'est une chose qui plaît à Dieu. J'ai ouï dire que dans ton gouvernement terrestre tu rends la justice, tu assures la paix, tu fais le bien, nourrissant le pauvre qui a faim, donnant à boire à celui qui a soif, vêtissant ceux qui sont nus. Plus illustre encore par la noblesse de tes^mœurs que par ta race, tu semblés t'occuper