Id., I
Tabbaye de la Trinité *. L'abbé de Vendôme, il est vrai, paya ce service, lorsqu'on 1117 Foulques V fut excommunié par Girard, en déclarant que le légat s'était laissé acheter cette sentence par le roi d'Angleterre ^ Enfin, en 1119, le comte donna aux moines une prébende dont il s'était réservé la libre disposition à l'église Saint-Julien du Mans^
Croire cependant qu'entre protégés et protecteur aucune difficulté ne survint jamais serait une erreur. Les successeurs de Geoffroi Martel oublièrent parfois la clause de la charte de fondation, en vertu de laquelle le comte d'Anjou qui violerait un privilège de Tabbaye serait condamné à la déchéance ou au paiement de cent livres d'or à la Trinité*. L'abbéa accusé le comte Foulques V d'attenter à la liberté du monastère en cherchant à imposer aux religieux des redevances injustes : « Votre comte, écrit-il assez dédaigneusement en parlant de Foulques V à Renaud, évêque d'Angers, veut assujettir la sainte Église, si j'en crois un bruit sinistre. Par ses nouvelles et exécrables coutumes il veut lui arracher cette charte de liberté écrite et scellée des mains mêmes du Sauveur S). Il est vraisemblable que c'était pour empêcher ces entreprises du comte que l'abbé se rendait à Angers avec un grand train, lorsqu'il écrivit au prieur de Craon d'apprêter des ressources, a préférant, disait-il, dépenser tout ce que nous possédons à Craon que de permettre à un homme insensé et prétentieux d'imposer par violence aux biens de l'Église de Dieu des coutumes injustes et iniques, sans que je m'y oppose* ». A la comtesse de Bretagne, sœur de Foulques V, il se plaignit que son frère ne ressemblât guère à leur père Foulques IV'. Les relations de patronage n'empêchèrent même pas une guerre ouverte entre le jeune comte et l'abbé de Vendôme II n'en
3. Archives de Blois.— Prieuré du château. « Donum Fulconis comitis et Aremburgis comitisse de ^rebenda Sancti Juliani. »
4. Charte de fondation : « Siquis vero inposterumexheredibus nostris, quelibet porsona hanc noslram donacionem, apostolica sanctione firmatnin, (|ii(>lib,^t modo quassare temptavorit, aut potestatis honorisquesui digiiilatocnr('at,aiitmonasterioauriiibrasC,judiciocogente,persolvat.»