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est pas parlé dans la correspondance de Geoffroi, mais une charte du cartulaire de l'abbaye en a conservé la mention : on y apprend qu'en 1112 la ratification d'un don d'Abbon de Briolay au monastère dut être faite par Lisiard de Sablé dans un lieu ouvert entre Briolay et Dammarie. Geoffroi, n'osant point se rendre à Angers à cause de la guerre où il était alors engagé avec le comte, avait demandé ce rendez-vous pour y rencontrer les chevaliers*. On ne sait d'ailleurs rien sur les causes et les événements de cette lutte ouverte.
Ces faits n'empêchèrent pas les relations entre le pouvoir comtal et le monastère d'être bonnes dans leur ensemble. De part et d'autre on sentait l'intérêt qu'on avait à vivre en bonne intelligence. Aux liens de patronage s'ajoutait le souvenir de l'origine de la congrégation vendômoise, créée par un comte d'Anjou ^ En 1105, l'abbé Geoffroi soumit ses réclamations contre le chevalier Maurice de Craon au jugement de Geoffroi Martel II. Ce Geoffroi Martel était fils de Foulques Rechin et mourut jeune peu après cette époque, de sorte que ce fut son frère cadet Foulques V qui hérita de la succession paternelle. L'abbé sollicitait l'intervention de Geoffroi Martel, non seulement à cause du droit de suzeraineté que le fils de Foulques Rechin exerçait sur le spoliateur Maurice de Craon, mais encore à cause de l'intérêt qu'un héritier des comtes d'Anjou avait à défendre une fondation provenant de la munificence de ses prédécesseurs'*. Le comte d'Anjou ne resta pas seul protecteur de la Trinité, puisqu'en 1093 Urbain II établit trois défenseurs en titre de l'abbave, mais il fut toujours parmi les laïques l'homme que les- moines avaient le plus de profit à ménager et dont ils se réclamaient le plus volontiers
1. Coll. Baluze, XLVII, f. 261, v*. « In quodam campoquo domnus Goffridus abba propter hoc sibi obviam perrexit, quia tune Andegavim venisse non audebat propter guerram quam cum comité habebat. »
2. V. dans le chapitre sur les rapports avec l'Aquitaine la nature de ces liens.
3. V. les considérants de la sentence de Geoffroi Martel II, publiée par Launoi, III, 382, et par Bodard, Chroniques croonnaises, p. 576, sqq. — Launoi a vivement critiqué l'authenticité de ce document et il est bien certain que l'acte, tel qu'il nous est parvenu, n'a pu être rédigé en 1109, mais la pièce semble bien être une forme remaniéed'un procès- verbal antérieur, et le récit qui y est contenu digne de foi.