G. Vind. ep
Co&iPAiN. Geoffroi de Vendante. 9
guerrier, fût si peu soucieux des intérêts de TÉglise; « Tuas dégénéré de la probité de ton père », lui disait-il \ Pendant son voyage en France, Urbain, tout en faisant renouveler par le légat ses avertissements au duc, s'occupa aussi de condamner Ebles de Chàtelaillon. Guillaume VII crut bon de céder devant les menaces ecclésiastiques et retira la confirmation qu*il avait accordée à son vassal. Ebles chercha alors à s'entendre avec Tabbé de Vendôme et convint de lui rendre le bien disputé moyennant cent cinquante livres d'argent*, gnice à l'intervention de Tévêque Ranulf de Saintes; mais les efforts de la famille du chevalier amenèrent la rupture de ce pacte". Il semble que l'affaire traîna fort longtemps et que les Vendômois n'obtinrent d'être reconnus légitimes propriétaires de Saint-Georges d'Oléron que sous le successeur de Geoffroi, l'abbé Robert'.
D'autre part, si Guillaume en agissait parfois librement avec les moines, les dépouillant pour payer ses dettes, il n'entendait point que la congrégation se conduisît comme indépendante à son égard. Lorsqu'on 11121e duc, souvent en brouille avec l'Église, fut excommunié pour avoir contracté un mariage illégitime, l'abbé de Vendôme dut maintenir ses relations avec lui, malgré l'isolement que comportait la situation du coupable frappé de cette peine. Pascal II fit des remontrances à l'abbé à ce sujet ; Geoffroi s'excusa en alléguant que les faits avaient été mal représentés à Rome et qu'il ne communiquait avec Guillaume que pour les choses permises, c'est-à-dire qu'il n'entretenait avec lui que des relations sans caractère spirituel ou religieux. L'abbé ajoutait d'ailleurs qu'il lui était impossible d'interrompre ses rapports directs avec l'excommunié, dans l'intérêt même du monastère de la Trinité, car c'était sur les terres de Guillaume VII que
1. Mi^ne, CLl (p. 384) ep. 110, an. 1094. La lettre est reproduite par Sirmond, n. 368 (G. Vind. op., V, 19).
2. B. Nat., ms. lat., 18402, p. 753. (Collect. Fonteneau, t. XXVIl). La reddition faite « ut interpredictos fratres et Eblonem et uxorem suam eorumque successores pax, aniicitia. omnibus diebus firmis, seposito omni rancore, haberetur, p]blo et uxor sua ab abbate et a monachis centum quinquaginta libras Pictavensis monete gratanter accepere. »