‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 369 sur 509 · G. Vind. ep.,V · texte numérisé non relu

G. Vind. ep.,V

quelque temps déjà les moines eussent été forcés de les payer \ On a vu que l'abbé s'adressa à Guillaume VII, puis ne recevant aucune réponse, il se tourna vers le Saint-Siège. Auparavant il s'était déjà adressé à Tévêque de Saintes et avait vainement usé de l'interdit contre les coupables. Si tant de mouvement donna à l'abbé le résultat qu'il recherchait, sa correspondance ne le dit pas. Une autre affaire avec un chevalier protégé par le duc ne fut pas moins longue. Ebles de Châtelaillon avait secouru son suzerain menacé d^un soulèvement général dès son arrivée au pouvoir. Guillaume VII, selon une pratique assez ordinaire aux défenseurs ecclésiastiques, paya les services de son vassal aux dépens de ses protégés monastiques ; il lui céda l'église de Saint- Georges d'Oléron qui appartenait aux Vendômois depuis quarante ans. « Ebles me demanda de lui conférer cette terre, affirmant qu'une partie en avait été cédée à ses aïeux bien avant qu'elle ne fût occupée par les moines de Vendôme. Chacun savait son assertion fausse, mais Ebles l'avançait pour couvrir son manque de foi et sa tyrannie. Et moi, la jeunesse étant portée à suivre le conseil des hommes plutôt que celui de Dieu, je craignis plus les hommes que Dieu ; je me rendis à la demande d'Ebles, et malgré moi, il est vrai, contraint par la nécessité, j'enlevai cette terre aux moines et je la lui donnai^ » Ainsi s'exprime Guillaume dans la pièce qui rapporte la reddition de Saint-Georges d'Oléron au monastère. L'abbé de Vendôme agit en effet auprès d'Amat, archevêque de Bordeaux et légat pontifical, de Ranulf, évêque de Saintes, puis auprès d'Urbain II lui-même pour obtenir satisfaction '. Le pape s'en prit d'abord à Guillaume VII qui avait sanctionné la spoliation de la Trinité et lui enjoignit de faire restituer aux moines leur possession. Le pape exprimait le regret qu'un prince, doué d'excellentes qualités comme

1. I, 2. Il est vrai que Geoffroi prétend (III, 38) que ces charges étaient nouvelles et inconnues à ses prédécesseurs, malgré ce qu'il avait écrit à Pascal II, perversas quasdam exactiones sive consuetudînes cxlorquere laborant. quas praedecessores eorum longe ante per violentiam rébus ipsis impresserant,

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