‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 384 sur 509 · G. Vind. Epist., II · texte numérisé non relu

G. Vind. Epist., II

l'abbé blâme cette désobéissance pour des motifs canoniques, et invoque sur ce sujet les décrets de deux conciles*. La congrégation immunitaire de Marmoutiers excite sa colère par sa conduite envers Tévêque de Chartres et l'archevêque de Tours*. Le clergé de cette dernière ville ajant voulu interdire à Téveque du Mans de créer un cimetière dans des conditions particulières, GeofFroi se récrie sur la présomption de ces prêtres qui cherchent contre tout droit à s'assujettir la conduite d'un évêque\ Il formule en cet endroit la règle qu'on doit suivre dans les rapports avec le pouvoir diocésain, s'exprimant comme il suit : « Si ce n'est lorsqu'il s'écarte de la foi catholique, un évêque ne doit être repris en rien, lors même qu'il agirait mal. »

Lui-même, abbé exempt, affecte une merveilleuse estime personnelle pour l'épiscopat. « Je ne veux point vous contredire, écrit-il à Tévêque d'Angers, parce que vous êtes évêque*. » Il s'intitule le serviteur des serviteurs du même prélat ^ Il avoue qu'il serait présomptueux à un abbé de vouloir faire la leçon à un évêque ^ Il s'excuse de recommander l'humilité à un évêque sur l'amitié qu'il lui porte et qui autorise cette liberté \ Il parle de l'excellence de la dignité épiscopale*. L'évêque est « prince de l'Eglise® ». L'abbé l'appelle même « seigneur et empereur des chrétiens ". » Mais on ne trouve pas dans ces formules le fond delà pensée de Geoffroi de Vendôme. Quand l'abbé croit avoir à se plaindre de cette même dignité, il oublie ce respect. Pour mieux dire, c'est une pensée intéressée qui lui a suggéré les sentiments qu'on vient de voir et qui semblent pleins de bienveillance pour l'autorité diocésaine.

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