‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 386 sur 509 · G. Vind., ep. III · texte numérisé non relu

G. Vind., ep. III

En effet, Geoffroi, en toute occasion, s'efforçait de s'identifier le plus possible avec TÉglise romaine. Y réussir, c'était devenir supérieur au pouvoir épiscopal. L'abbé n'était luimême qu'un personnage de rang secondaire. Un chef de diocèse, à de rares exceptions près, possédait une dignité autrement considérable qu'un chef de congrégation. Pour n'avoir rien à redouter de Tautorité diocésaine, il fallait en amoindrir le plus possible Torigine et le caractère fondamental. Pour Geoffroi, la tache était rendue facile par son opinion touchant la puissance pontificale. Geoffroi a insisté sur cette théorie, acceptée plus tard par beaucoup de prélats, que les évêques occupaient leurs sièges par la grâce de Rome. « Ne combattez point, écrivit-il à Ives de Chartres, la sainte Église romaine, dont la pieuse grâce, autant que votre religion, vous a créé évèqueV » Il a parlé ailleurs d'un certain homme de rien tiré de sa nullité par l'Eglise romaine et fait évéque par elle^ Il ne s'est pas adressé autrement à Girard, évêque d'Angoulême et légat du Saint-Siège: « Ce n'est pas, lui dit-il, par vos propres mérites, mais par la seule grâce de l'Eglise de Rome que votre petitesse a pu atteindre la haute situation oii elle se trouve, tellement que votre petit doigt semble plus gros que ne Tétait tout le corps de votre père'. »

Cette doctrine ne ressemblait guère à l'ancienne tradition catholique qui faisait de l'épiscopat une institution d'origine divine. Mais elle avait ce grand avantage que, les évoques n'étant plus que les créatures de la papauté, et celle-ci pouvant favoriser à son gré ceux qui lui étaient dévoués, Geoffroi de Vendôme et le clergé régulier ne craignaient point de s'égaler aux représentants de l'épiscopat. Cette prétention avait des effets dans la pratique, comme on le verra par la suite, et les abbés voulurent s'arroger la plupart des droits épiscopaux.

Une manifestation de cette nouvelle égalité entre prélats séculiers et réguliers était particulièrement odieuse aux

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