G. Vind. ep., III
3. Charte de Thierry, Migne, CLVII, col 291. « ...nallamdominationem in eo loco, sive in habitatoribus loci retinontes, sed eis fraternae charitatis consilium annuentes, et in sua necessitate nostrae auctorîtatis auxilium. »
que s'expliquent la plupart des relations qu'ont eues Ives de Chartres et son successeur avec Geoffroi de Vendôme. C'est par là que l'abbaye, qui, s'en fût-elle tenue à la théorie immunitaire pure et simple, eût, en tout et pour tout, dû recourir au pape, en appelait journellement à l'intervention épiscopale contre ceux dont elle pensait avoir à se plaindre. C'est par là que l'évêque citçiit l'abbé à son tribunal, prononçait des sentences en sa faveur ou contre lui*. L'excommunication abbatiale ne devenait valide que par confirmation épiscopale ; assurément l'exempt pouvait la demander directement au pape, mais Rome était loin et n'était pas toujours obéie. Le plus aisé était souvent de s'adresser à l'évêque, qui pouvait étendre la force de cette sorte de sentence hors des limites du monastère ^ Que le prélat fût indisposé contre la congrégation, et il pouvait faire difficulté à en appuyer les plaintes ou les passions. Ainsi l'abbé de la Trinité qui, comme on l'a vu, avait obtenu d'Ives de Chartres la mise en interdit de la ville de Vendôme et l'excommunication du comte, s'indigna que l'évêque n'étendit point sa sentence au comté tout entier'. Le monastère pouvait donc invoquer à son profit la défense épiscopale, sa protection, sa main secourable*. Mais il s'ensuivait que l'évêque désirait se payer de retour et en trouvait quelquefois le moyen. Il se mêlait aux afiaires intérieures de la congrégation ; il menaçait de lui retirer sa protection, si, ayant à s'en plaindre, il n'en obtenait satisfaction. « Fais ce qui est tien, écrivit Ives de Chartres à l'abbé Geoffroi dans la discussion sur la profession', et je ferai ce qui est mien : aussi longtemps que tu remets de faire ton devoir, ne t'étonne pas que je remette de faire ce qui t'est agréable. » — C'était
1. Le diocésain de Chartres avait pris un engagement particulier, mais tous les évèques avaient une charge générale de protection qui faisait qu'il en pouvait être pareillement appelé à leur intervention.
2. Cf. Pétigny. Hist, archéol, du Vendômois^ 2* édit., p. 407.