Iv. Carnot. Ep., 195. Cf Launoi, 0pp. III
avertir Geoffroi qu'il lui retirait aide et conseil. C'était créer à l'ambitieux abbé assez de difficultés pour que ses affaires en fussent entravées ; Tabstention épiscopale assurait aux en nemis de la Trinité un temps d'impunité. Privé de l'appui d'Ives, Geoffroi se débattit longtemps dans une impuissance que ne cachaient ni ses accès de colère, ni ses menaces contre l'église de Chartres, ni ses appels à Rome*. Il reprochait à Ives de ne point seulement lui refuser toute justice, mais d'exciter contre lui la cupidité des laïques. Il répétait, a la vérité, que tout cela lui était très indifférent, à lui le serviteur fidèle et privilégié de Téglise romaine*. « Appelezmoi, si vous le voulez, le sujet de votre église ; nul ne s'interpose entre le pontife romain et moi pécheur ; cependant, pourvu que l'autorité pontificale soit respectée, je veux bien me déclarer non seulement le sujet soumis de toutes les églises, mais encore leur serviteur inutile^.. Vous nous prodiguez, à moi et à mon monastère, les injures et les ennuis, vous nous créez des embarras en nous attaquant auprès des laïques, et néanmoins, plein d'une charité divine, je veux continuer à vous aimer, vous qui m'aimez si peu*. » Ainsi écrivait Geoffroi à Ives ; mais il n'adoucissait pas pour cela l'amertume de ses reproches, et n'en rappelait pas moins tous les cas où l'intervention de l'évêque lui eût été utile^
La conduite abbatiale répondait donc de la protection épiscopale. Quelquefois cependant l'intervention diocésaine s'exerçait par délégation pontificale. Le Saint-Siège chargeait plus volontiers l'épiscopat de la défense que de la correction des exempts : la besogne, le plus souvent, profitait peu aux évêques, aussi cherchaient-ils souvent à s'y soustraire*. Dans