‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 415 sur 509 · Id. : hominem amari sermonis · texte numérisé non relu

Id. : hominem amari sermonis

évéque du Mans, qui raconte le fait dans une lettre adressée aux moines qui ont refusé de recevoir chez eux Févêque de Chartres^: « Il eût mieux valu, dit-il, engager les trésors de votre église que laisser votre diocésain à la pluie. » La mention des grandes richesses de Tabbaye, et surtout du voisinage du château qui, à Vendôme, touchait presque au monastère, donne à penser que la congrégation blâmée par Hildebert était celle de la Trinité, jalouse de maintenir l'intégrité de ses privilèges, même aux dépens des devoirs de charité et d'hospitalité ^

En 1115, Ives fut remplacé par l'évêque Geoffroi de Lèves. Ce prélat était un ancien chanoine de l'église de Chartres; son avènement ne se ât pas sans quelque difficulté, et il eut à lutter contxe la mauvaise volonté du comte de Chartres, Thibaut. Ce ne fut que grâce à l'intervention de Robert d'Arbrissel que Geoffroi put jouir paisiblement de son pouvoir. En échange de ses bons services, Robert avait obtenu qu'il fut procédé à une réforme dans l'église de Chartres, qu'il accusait d'être envahie par la simonie. Cette guerre à la simonie mit l'évêque en faveur auprès du Saint- Siège. Par la suite, on décerna à Geoffroi de Lèves le titre de porte-drapeau de la cour de Rome '. Peut-être l'épithète était-elle exagérée; à l'égard des plus fermes soutiens du Saint-Siège, les congrégations religieuses, l'évêque de Chartres suivit la politique assez généralement pratiquée par les diocésains de son temps, mélange de concessions et de résistance aux empiétements des moines. L'avènement du nouveau prélat ne changea d'ailleurs rien aux rapports de l'abbé de Vendôme avec le chef du diocèse chartrain. Ainsi ce fut à lui que Geoffroi s'adressa pour obtenir justice de la comtesse de Vendôme, lorsqu'elle eut enlevé une terre appartenant au monastère^ qu'il exposa ses plaintes de ce que

1. Hildeb. Epist., I, 1 1 : « Monachis qui carnotensem episcopum r^cipere noluerunt. » — La lettre est écrite entre les années 1112 et lllS.

2. C'est l'hypothèse de Beaugendre, éditeur des œuvres d'Hildebert (note à la lettre I, 11).

3. Maxime pontificum, Romanae signifer aulae^ dans l'épîtaphe composée pour Geoffroi II, par Mathieu de Vendôme, citée par GalL ChrisUana, t. Vil, p. 1134.

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