Lettre citée
2. Plusieurs faits analysés dans le présent chapitre servent à démontrer ce qui a déjà été dit sur les limites que les circonstances imposaient nécessairement à l'affranchissement monastique. Cependant on a cru, au risque de quelques répétitions, devoir d'abord grouper toutes les raisons qui altéraient la plénitude de l'exemption, et les placer immédiatement en regard de l'annulation de la profession abbatiale, avant de rappeler les diverses relations entre Geoffroi et Tévéque de Chartres, n'ayant point eu directement trait à l'affaire de la profession. La situation de Geoffroi à l'égard de son diocésain devait être bien établie. Quand une fois on l'a comprise, on en saisit la portée pour les moindres événements survenus entre les deux prélats.
GoMPAiN. Geoffroi de Vendante, i%
une ou deuxcirconstancesdisposeaservirreveque.il lui offrit, probablement vers Tannée 1105, de le représenter à Rome*. Ives n'eut point besoin de recourir à ce service; mais peut-être est-ce au retour du voyage que l'abbé lit à cette occasion, qu*il chercha à faire rendre au diocésain de Chartres les bonnes grâces de l'archevêque de Lyon, qu'lves avait perdues par la part qu'il prit à la contestation entre Sens et Lyon touchant la primatie^ Mais Geoffroi excellait surtout à tirer parti de Tautorité ébréchée du diocésain pour son avantage propre, et s'il lui rappelait sa Curam episcopalem, c'était pour demander qu'elle s'exerçât en faveur de la Trinité. L'évêque s'avisait-il au contraire de parler moins des devoirs que des droits de sa charge, l'abbé s'efforçait de se représenter comme victime de sa fidélité à Rome ^ etaccusait Ives de le décrier et de l'injurier devant tout le peuple*. Rien ne fut plus amer que la longue querelle au sujet de la profession. Aussi, moins miséricordieux que leur supérieur ecclésiastique, les prêtres de Chartres étaient-ils fort indignés contre l'abbé de Vendôme. Ils se vengeaient de lui en endommageant les propriétés que le monastère possédait à Chartres ; il est vrai que Geoffroi ripostait en demandant que, transformés en maçons, les clercs fussent forcés à réparer eux-mêmes les dégâts commis*. On traitait l'abbé d'homme aux paroles amères*, et véritablement son humeur n'était point accommodante.
En ce qui touche Ives de Chartres, on peut ajouter que ce fut assez vraisemblablement à Vendôme que survint à l'évêque une petite mésaventure très caractéristique. Le prélat était en voyage ; à la nuit tombante il se présente devant une riche et grande abbaye, mais il y frappe vainement' les moines refusent de le recevoir. Personne ne se rencontrant au château voisin pour l'accueillir, l'évêque est contraint de continuer sa route, malgré la nuit et l'orage. C'est Hildebert,