‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 439 sur 509 · Jaffé. Reg. Pontif. rom., n · texte numérisé non relu

Jaffé. Reg. Pontif. rom., n

8. Le récit de toute cette affaire est dans la lettre III, 37, de Geoffroi.

ne fut donc point enseveli en terre sainte. A la vérité, touché par les prières de la veuve du chevalier, Ranulf consentit après quelque temps à rendre le corps du défunt à la sépulture chrétienne, malgré l'opposition des moines vendômois, qui, présents à cette cérémonie, n'avaient cessé de rappeler à Tévêque les forfaits de l'excommunié. C'était une matière qu'ils n'avaient point oubliée, de plus sûre mémoire en cela que pour les bienfaits du mort ; jadis, en effet, avant de se brouiller avec l'abbaye de la Trinité, Aimery de Rançon lui avait fait don d'une église *. — C'est sur cet acte épiscopal que Tabbé Geoffroi revenait ; il insinuait que Ranulf, en agissant comme il le fit, avait été gagné moins peut-être par la compassion que par la cupidité^ ; il établissait que le transfert d'Aimery constituait une communication avec un excommunié ^ , c'est-à-dire un péché grave, entraînant pour les ecclésiastiques de quelque ordre qu'ils fussent, la dégradation ; il menaçait enfin l'évêque, au cas où il refuserait de le mettre en possession de la terre en litige, de lancer contre lui la dénonciation de ce fait, comme contre un persécuteur de l'abbaye *. La lettre de Geoffroi se terminait par ces mots : « Adieu, et réfléchissez bien à ce que je viens de vous dire. »

11 serait malaisé de trouver une réunion de plus de vilaines choses que celle qui s'offre dans cette lettre de l'abbé de Vendôme. La menace d'une dénonciation, la perfidie de l'accusation de corruption, pretio ut quidam dicunt; la haine persistante des moines et une lutte ignoble autour d'un cadavre, voilà des traits qui ne sont pas à l'avantage des mœurs ecclésiastiques de cette époque. Mais le parti que Geoffroi a voulu tirer de ces circonstances contre l'évêque

1. Bibl. Nat. Côllect. Baluze, t. XLVII, f. 244 r« « ...Aimericus miles de Rancone villam quam vocant Blasmeriaco cum ecclesia pro remedio animas suae... donari voluit. » — Cf. Cartul. de la Trinité de Vendôme, transcription de la Bibl. Nat., f. 60, n. 74 et 75 modernes.

2. III, 37. a Postea vero precibus uxoris illius, et pretio ut quidam dicunt corruptus, » etc.

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