III
3. La lettre III, 40 pouvait cependant être comme les précédentes adressée à Pierre de Soubise ; le titulaire y est pareillement traité de praecordialis amiicus.
par Tautorité qu'il avait sur les officiants des paroisses et dont il pouvait user d'une manière désagréable aux congrégations monastiques. C'est ce qui était arrivé à Tévêque de Saintes \ et on a ici un exemple de plus de la dépendance involontaire, mais inévitable, dans laquelle, malgré ses privilèges, le clergé exempt se trouvait souvent à Tégard do répiscopat. Pierre avait disposé des oblations de la confession dans l'église Sainte-Mariede-Surgères en faveur du desservant, malgré les protestations de l'abbé de Vendôme. Geoffroi n'admettait point cette décision de Tévêque. « Si c'est là, lui écrivit-il, votre manière d'obliger vos amis, il faut avouer que vous avez trouvé un genre tout nouveau d'amitié. » L'abbé ne s'en tenait pas aux reproches seuls ; il entreprenait de démontrer que l'arrêt de l'évêque était absurde. (( Si vous prétendez, ajoutait-il, que celui qui confesse a droit aux oblations de la confession, pourquoi ne donneriez-vous pas celles de l'autel au prêtre qui dit la messe, et les oblations des funérailles à celui qui ensevelit les morts. De cette manière, rien ne nous serait laissé dans les églises pour lesquelles jour et nuit nous faisons un service ^). L'abbé entendait par ces derniers mots l'office des prières, et pensait apparemment que le projet qu'il proposait donnait, par l'impossibilité de l'appliquer, raison aux réclamations qu'il faisait. Ce qu'il y avait de plus certain, c'étaient les inconvénients qui s'ensuivaient pour le bon état de l'Église de la possession de cures paroissiales par le clergé régulier. Cet état de choses fit naître entre les abbés et les évêques ou desservants séculiers des luttes dont le nombre alla toujours augmentant.
Un autre sujet de contestation avec l'évêque de Saintes fut l'enlèvement des dimes de salines, possédées par la Trinité, en Saintonge'. L'abbaye jouissait d'un revenu considérable de ce chef. Mais les salines étaient la propriété de l'église cathédrale de Saintes, et Pierre prétendit s'afi'ranchir de cette redevance, sous le prétexte qu'une église ne