G. Vind. ep., I
2. « Pontifex Romanus... qui soli coelo innocentiam débet. » V. I, 20, II, 27, II, 30.
4. Cf. I, 5 : praecepta apostolica » ; I, 10 : « obedientiae vestrae servavi mandatum » ; I, 6 : « vestrae auctoritatis decreto » ; II, 30 : « loges Romanorum pontifîcum, » etc.
5. II, 2 : « B. Petrum ne sentiat iratum débet non mediocriter fonnidare. » Cf. II, 11.
les termes de respect. Il s'adresse au pape en lui disant : Votre Majesté* ; il lui écrit que les missives de Rome sont conservées à Vendôme avec la vénération qu'on porte à des reliques ^ Tout cela est utile. L'abbé sait bien que tant de dévouement profitera à ceux qui le montrent, car l'Église romaine « a toujours cherché à favoriser ceux qui lui sont obéissants, et à châtier ceux qui lui sont rebelles^ ». Assuré de la bonne volonté du Saint-Siège, l'abbé n'aura rien à craindre ; sa théorie s'augmente donc de deux armes pour l'avantage de l'omnipotence pontificale. Les empiétements de Rome n'étaient pas toujours du goût des membres de la hiérarchie ecclésiastique ; Geoflfroi a prévu, combattu et déclaré impuissante Topposition de l'épiscopat, en réputant les dignitaires de cet ordre créatures de la papauté*, et tout à la merci de la correction du Saint-Siège* ; c'est ce qu'on a déjà vu, les légats eux-mêmes n'étant pas autrement considérés parTabbé. L'autre attaque de Geoflfroi a été contre la portée des décisions conciliaires non ratifiées par le souverain pontife ; il ne tient pour valable aucun synode qui n'ait été confirmé par le Saint-Siège*. Par ces deux opinions l'abbé exempt ouvre la voie à la toute-puissance pontificale; déjà la défaite des vieilles libertés ecclésiastiques était presque consommée ; la question de l'autorité des conciles se débattra longtemps encore dans l'Eglise, mais dès ce moment les auxiliaires du pape l'ont posée et résolue pour lui.
Voilà ce qui touchait le pouvoir du Saint-Siège sur le clergé. Ce pouvoir spirituel ne devait être que plus entier sur les laïques, éloignés par état de toute apparence d'autorité
1. 1, 1 : « Valeat majestas vestra. » — Cette expression était courante ; saint Anselme, par exemple, la donne pareillement à Urbain II (Migne, P, lai,, CLVIII, p. 1184, ep. 33).