‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 489 sur 509 · G. Vind. ep., I, 8, I · texte numérisé non relu

G. Vind. ep., I, 8, I

Calixte IP et HonoriusII*. On peut s*étonner qu'aucun autre écrivain n'ait mentionné un fait que Geoffroi qualifie de très célèbre', et que Tauteur même de l'action crut néanmoins devoir raconter dans ses moindres circonstances, apparemment comme chose inconnue, au successeur d'Urbain II. Il est regrettable qu'on n'ait point d'autre témoignage sur un événement aussi important. Cependant, la précision des renseignements fournis par Geoffroi, et surtout la facilité qu'il y avait à Rome de contrôler la véracité de ses aflSrmations, font qu'on peut accepter le récit de l'abbé. Ce qui est très certain, c'est que dès cette première entrevue, il y eut entre Urbain et Geoffroi une grande intimité de relations qui profita à la congrégation de Vendôme et échauffa le zèle de son chef pour le Saint-Siège. L'abbé en eut tellement le sentiment qu'il voulut que les successeurs d'Urbain II connussent tous le service que ce pontife avait reçu ; les tenant pour solidaires de leur devancier, il pouvait réclamer d'eux les bienfaits qu'il avait obtenus de son obligé.

L'honneur de baiser les pieds du souverain pontife ne fut point la seule récompense de Geoffroi ; il fut encore ordonné prêtre par Urbain et se vit confirmer les privilèges du monastère de Vendôme avec la possession de l'église Sainte-Prisque. Un avantage plus grand encore fut celui d'être relevé de la promesse d'obéissance que Geoffroi avait faite à l'évêque de Chartres; mais l'abbé ne l'obtint que plus tard*, lors du séjour qu'Urbain, parcourant la France en 1096, fit à la Trinité*. Le pape, que ses ennemis représentaient comme en tournée à la recherche de l'argent des églises de France*, fut reçu à Vendôme avec tout le respect convenable par l'abbé et les

Page 1