‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 492 sur 509 · Migne, P. lat., CLI, ep · texte numérisé non relu

Migne, P. lat., CLI, ep

les enrichir et qui en construisait de nouvelles. Mais toi, tu nous étonnes ; si tu as acquis une gloire méritée par tes vertus militaires, tuas dégénéré des qualités paternelles en ceci que tu n'as point d'égards pour les droits du clergé et que tu dépouilles les fondations de ton père... Ces terres que tu as saisies sont l'aumône de les parents et Talleu du siège apostolique \ » Le prince était menacé d'excommunication s'il ne rendait les biens usurpés sur la Trinité. « Le monastère de Vendôme et ses possessions dépendent de l'autorité apostolique tellement que nos devanciers ont voulu excommunier celui qui leur ferait tort, quelle que fût sa dignité^ »

Urbain montra donc un souci constant pour la prospérité de l'abbaye de la Trinité. Geoffroi a souvent fait appel aux décisions et à l'autorité de ce pape ; surtout, il a gardé un vif souvenir du concile de Clermont où il avait vu Urbain II au plus haut point de puissance '\ « J'étais à ce concile et vous n'y étiez pas* », écrit-il à un de ses adversaires. Non seulement sa congrégation avait obtenu à Clermont une solennelle confirmation de ses privilèges, mais GeoflFroi, qui s'intéressait aux discussions théologiques, avait vu Urbain II y présider des débats d'une grande importance pour l'histoire de l'Église. La proclamation delà croisade semble avoir intéressé l'abbé infiniment moins que quelques autres décisions dont il attendait des efi'ets avantageux pour ses intérêts abbatiaux. Prendre le chemin de Jésusalem, c'était l'afiFaire d'un laïque, non d'unclerc^; une question comme celle du rachat des autels était au contraire ecclésiastique par essence; elle intéressait surtout les monastères et leurs revenus.

On n'a pas de marques de brouille entre Geofi'roi et Urbain ; Geofi'roi n'eut pour cela ni goût, ni occasion, ni liberté. Il se défendit cependant d'avoir accusé l'évêque d'Angers auprès du Saint-Siège, mais il le fit avec beaucoup de circonspection et de prudence. « Si c'est le pape qui affirme que j'ai attaqué

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