‹ Documents, discours, lettresChapitre 181 sur 268 · ie BULLETIN DE LA GRANDE ARMÉE · texte numérisé non relu

ie BULLETIN DE LA GRANDE ARMÉE

Berlin, 28 octobre 1 806.

... M. le comte de Neale s 'étant présenté dans les salons de l'Empereur, Sa Majesté lui a dit: «Eh bien, Monsieur, vos femmes ont voulu la guerre ; en voici le résultat. Vous devriez mieux contenir votre famille.» Des lettres de sa fille avaient été interceptées: «Napoléon, disaient ces lettres, ne veut pas faire la guerre; il faut la lui faire.» — «Non, dit Sa Majesté à M. de Neale, je ne veux pas la guerre; non pas que je me méfie de ma puissance, comme vous le pensez, mais parce que le sang de mon peuple m'est précieux, et que mon premier devoir est de ne le répandre que pour sa sûreté et son honneur. Mais ce bon peuple de Berlin est victime de la guerre, tandis que ceux qui l'ont attirée se sont sauvés. Je rendrai cette noblesse de cour si petite, qu'elle sera obligée de mendier son pain.»

En faisant connaître ses intentions au corps municipal: «J'entends, dit l'Empereur, qu'on ne casse les fenêtres à personne. Mon frère le roi de Prusse a cessé d'être roi le jour où il n'a pas fait pendre le prince Louis-Ferdinand, lorsqu'il a été assez osé pour aller casser les fenêtres de ses ministres.»

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