‹ Documents, discours, lettresChapitre 182 sur 268 · A l'impératrice Joséphine · texte numérisé non relu

A l'impératrice Joséphine

Berlin, le 6 novembre 1806, neuf heures du soir. J 'Ai reçu la lettre où tu me parais fâchée du mal que je dis des femmes : il est vrai que je hais les femmes intrigantes, au-delà de tout. Je suis accoutumé à des femmes bonnes, douces et conciliantes: ce sont celles que j'aime. Si elles m'ont gâté, ce n'est pas ma faute, mais la tienne. Au reste, tu verras que j'ai été fort bon pour une qui s'est montrée sensible et bonne,

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Madame Hatzfeld1. Lorsque je lui montrai la lettre de son mari, elle me dit en sanglotant, avec une profonde sensibilité et naïvement: «Ah! c'est bien là son écriture!» Lorsqu'elle lisait, son accent allait à l'âme; elle me fit peine. Je lui dis: «Eh bien, Madame, jetez cette lettre au feu; je ne serai pas assez puissant pour faire punir votre mari.» Elle brûla la lettre, et me parut bien heureuse. Son mari est depuis fort tranquille; deux heures plus tard, il était perdu. Tu vois donc que j'aime les femmes bonnes, naïves et douces ; mais c'est que celles-là seules te ressemblent. Adieu, mon amie, je me porte bien.

1 96. Au P R I N C E D'ORANGE Berlin, 8 novembre 1 806.

IVloN Cousin, je ne suis pas le juge de la conduite de Votre Altesse. Il ne me convient pas de balancer la nature de ses obligations. Votre Altesse me dit dans sa lettre qu'elle n'était pas le maître de ne pas me faire la guerre ; elle ne trouvera donc pas mauvais que je désire avoir à Fulda un prince qui soit maître de rester en paix avec moi.

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