A Alexandre 1er
EMPEREUR DE RUSSIE Paris, 2 février 1 808.
. . . Votre Majesté et moi aurions préféré la douceur de la
paix et de passer notre vie au milieu de nos vastes empires
occupés de les vivifier et de les rendre heureux par les arts et
les bienfaits de l'administration ; les ennemis du monde ne le
veulent pas. Il faut être plus grands, malgré nous. Il est de la sagesse et de la politique de faire ce que le destin ordonne et d'aller où la marche irrésistible des événements nous conduit. Alors cette nuée de pygmées, qui ne veulent pas voir que les événements actuels sont tels qu 'il faut en chercher la comparaison dans l'histoire et non dans les gazettes du dernier siècle, fléchiront et suivront le mouvement que Votre Majesté et moi aurons ordonné; et les peuples russes seront contents de la gloire, des richesses et de la fortune qui seront le résultat de ces grands événements. . . .