A M. FOUCHÉ Valladolid, 13 janvier
INous sommes en 1809. Je pense qu'il serait utile de faire quelques articles, bien faits, qui comparent les malheurs qui ont affligé la France en 1709 avec la situation si prospère de l'Empire en 1809. Il faut considérer la question sous le point
de vue du territoire et de la population, sous le point de vue de la prospérité intérieure, sous le point de vue de la gloire extérieure, sous le point de vue des finances, etc. Vous avez des hommes capables de faire, sur cette matière fort importante, cinq à six bons articles qui donnent une bonne direction à l'opinion. Louis XIV s'est occupé de faire bâtir Versailles et des maisons de chasse. On s'est occupé d'améliorer Paris, depuis des eaux jusqu'aux palais, depuis les marchés jusqu*au temple de la Victoire, jusqu'à la Bourse. Tout était à faire, tout se fait. On peut partir de là pour parler de la perfection qu'ont acquise nos institutions, leur simplicité et l'heureux cours des idées en 1809. En 1709, on révoquait l'édit de Nantes ; le maréchal de Villars perdait ses talents dans les Cévennes; le Père Lachaise tyrannisait la conscience du vieux roi En 1809, on rétablit les autels; les religions sont tolérées. Par rapport aux mœurs, les évêques ne vont ni au ... ni dans les antichambres, mais restent dans leur diocèses. Il y a là de beaux articles à faire ! Mais il ne faut pas entreprendre un long ouvrage qu'on ne finirait pas. On peut faire un article tous les mois, sous les mêmes titres : 1 709 et 1 809.