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Proclamation à l «armée

Quartier impérial de ScKônbrunn, 13 mai 1809. Ooldats! Un mois après que l'ennemi passa l'Inn, au même jour, à la même heure, nous sommes entrés dans Vienne. Ses landwehrs, ses levées en masse, ses remparts créés par la rage impuissante des princes de la maison de Lorraine, n'ont point soutenu vos regards. Les princes de cette Maison ont abandonné leur capitale, non comme des soldats d'honneur qui cèdent aux circonstances et aux revers de la guerre, mais comme des parjures que poursuivent leurs propres remords. En fuyant de Vienne, leurs adieux à ses habitants ont été le meurtre et l'incendie: comme Médée, ils ont de leurs propres mains égorgé leurs enfants.

Soldats! Le peuple de Vienne, selon l'expression de la députation de ses faubourgs, délaissé, abandonné, veuf, sera l'objets de vos égards. Je prends les bons habitants sous ma spéciale protection. Quant aux hommes turbulents et méchants, j'en ferai une justice exemplaire.

Soldats ! Soyons bons pour les pauvres paysans et pour ce bon peuple qui a tant de droits à notre estime. Ne conservons

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aucun orgueil de nos succès: voyons-y une preuve de cette justice divine qui punit l'ingrat et le parjure.

238. Note pour le général armstrong, ministre des e'tas-unis D'AMERIQUE À PARIS . Schônbrunn, le 18 mai 1809.

. . . Les mers appartiennent à toutes les nations. Tout bâtiment naviguant sous le pavillon d'une nation quelconque, reconnu et avoué par elle, doit être au milieu des mers comme s'il était dans ses propres ports. Le pavillon arboré au mât d'un vaisseau marchand doit être respecté comme s'il était au haut d'un clocher dans un village.

En cas de guerre entre deux puissances maritimes, les neutres ne doivent suivre la législation ni de l'une ni de l'autre. Tout bâtiment doit être garanti par son pavillon, et toute puissance qui le viole se met en état de guerre avec la puissance à laquelle il appartient. Insulter un vaisseau marchand qui porte le pavillon d'une puissance, c'est faire une incursion dans un village ou dans une colonie appartenant à cette puissance. Sa Majesté déclare qu'elle considère les bâtiments de toutes les nations comme des colonies flottantes appartenant auxdites nations. Par une suite de ce principe, la souveraineté et l'indépendance d'une nation est une propriété de ses voisins. Si un citoyen français était insulté dans un port ou dans une colonie américaine, le gouvernement des Etats-Unis ne nierait pas qu'il en est responsable; de même, le gouvernement des Etats-Unis doit être responsable de la violation d'une propriété française à bord d'un bâtiment ou colonie flottante américaine ; ou, ce gouvernement ne pouvant point garantir l'intégrité de ses droits et l'indépendance de son pavillon, Sa Majesté ne peut considérer les bâtiments américains violés par des visites,

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par des contributions ou autres actes arbitraires, que comme n'appartenant plus aux Etats-Unis et dénationalisés. Mais, toutes les fois que le gouvernement des Etats-Unis d'Amérique ordonnera que ses bâtiments marchands soient armés pour repousser l'injuste aggression de l'Angleterre, pour soutenir son droit et sa souveraineté contre le refus que fait cette puissance de reconnaître ce grand principe que le pavillon couvre la marchandise, et contre son injuste prétention de soumettre à sa législation les pavillons neutres, Sa Majesté est prête à les reconnaître et à les traiter comme neutres.

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