Au SÉNAT DE GÊNES
Quartier général, Tortone, 27 prairial an IV <15 juin 1796). IVIessieurs, la ville de Gênes est le foyer d'où partent les scélérats qui infestent les grandes routes, assassinent les Français et interceptent, autant qu'il est en eux, nos convois. C'est dans Gênes qu'on a soufflé et que l'on souffle encore l'esprit de rébellion dans les fiefs impériaux. M. Girola, qui demeure dans cette ville, leur a publiquement envoyé des munitions de guerre et accueille tous les jours les chefs des assassins encore dégouttants du sang français . . . . . . Pour l'avenir, je vous demande une explication catégorique. Pouvez- vous ou non purger le territoire de la République des assassins qui le remplissent? Si vous ne prenez pas des mesures, j'en prendrai. Je ferai brûler les villes et les villages où sera commis l'assassinat d'un seul Français. Je ferai brûler les maisons qui donneraient refuge aux assassins. Je punirai le magistrat négligent qui aurait transgressé le premier les principes de la neutralité en accordant asile aux brigands.