JJ
30 CHRONIQUE d'eVRARD.
duché de Aquitaine, y convenaient et s'y assemblaient au jour de la festè, comme Ton fait à présant es lieux où il y a jubilés et pardons; or la bonne renommée de cette grande feste de cette idole Bérécinthia, comme la princîpalle, étoit épanduepar toutte la région et jusqu^à notre Marche Limousine, tellement que beaucoupt de peuple de notre ville Agedune se préparoit pour y aller et assister à la dite solemnité. Et avecques quelques habitants de ladite ville se mist en chemain le jeune et adolescent Silvain, aucuns extiment que sa mère y éstoit faisant ledit voilage aus luy, parceque Fauste, son dit père, estoit déjà mort(l). L'intention de ce saint et adolescent Silvien et de sa bonne et vertueuse mère Silvie ad ce vouage faire n^estoit que par curiosité de voir le passetemps qui se pouvoit fayre en cette grande solemnité, comme aucuns fonts de présent, faisant leurs vœux plus par curiosités de voir les régions, villes, pais et chouses étrangères d'iceux que d'un bon zèle de sainteté et dévotte pérégrination, ne aussy n'avoient Tintcntion de fayre l'adoration à ce simulachre falacieux, ains pour du tout abattre cete folle erreur et manifester la parolle de Dieu sans aucune crainte humayne. Etans parvenus à cette fameuse et antique citté de Limoges au jour de la dite feste, et voyant l'afluance et multitude de peuple qui acouroit après d'une faulce et adulée religion pour suivre l'idole de Bérécinthie qui estoit portée dans un chariot en grande magnificence, le long d'une rue, acompagnée de gardes et de gens armés, ad ce commis et deputtés, et par un capitayne romain, qui Ihors résidait audit lieu pour tenir toutte la région soubs la puissance et domination de l'empereur romain. Ce capitayne était nommé Héraclius, et ayant parfait et accomply le lour de la conduilto de cette idole, fut
(1) Le voyage à Limoges que l'auteur fait faire à saint Sylvaio me semble très problématique. La vie de ce Saint, donnée par Collin {Histoire sacrée de la vie des Saints du diocèse de Limoges, 1672, p. 48S), et celle donnée par La Biche de Reignefort {Six mois de la vie des Saints du Limousin, 1828, p. 239j, n*y font aucune allusion. H est à croire qu'Evrard aura traduit l'expressioii in orbe Lemovicinio comme s'il y avait m urbe, confondant ainsi la province du Limousin avec la ville qui en est la capitale.
CHRONIQUE d'EVRARD. 31
mis et eslevé sur un haut théâtre éminent à la veue de tout le peuple, pour icelle vénérer et lui faire oblation chascun en son rangt, car telle estoit la coustume de cette damnée abusion. Et voiant le saint et adolessant Silvien ce tout pernicieux et nephande sacrifice, non seulleraent refusa publiquement ladite adoration, mais aussy empescha plusieurs icelle faire, leur remontrant le détestable péché et crime qu'ilz commettoient envers Dieu de adorer et faire oblation à un esprit diabolique. Ceci venut à la connoissance de Héraclius, par le tumulte et bruit populaire, fi.t incontinent prendre et mener par devers luy ce jeune et adolessant Silvien remply de grâce divine, et illec enfant fut accusé par aucuns d'avoir commis une sédition publique contre la lèzemajesté impérialle; e* estant assis Héraclius au tribunal et siège magistral, luy demanda qu'il estoit et de quelle contrée et comment estoit son nom, auquel il répondit d'un propos assuré qu'il estoit chestien et se nommail Silvain. Héraclius l'interrogea quel Tavoit esmue de faire cette cédition et pourquoy il avoit refusé de faire oblation et sacrifice à la mère des dieux Bérécinthie, en mesprisant sa haute majesté céleste par un abus et prophanation; à quoy le constant et vertueux adolessant Silvien fit réponse qu'il luy avoit déjà dit qu'il estoit chrestien et qu'il adourait le Dieu vivant qui règne ez cieux, et non les simulachres et idoles des payens qui estoient malins et maudits esprits cachés dedans pour séduire et décevoir le peuple, et qu'il ne feroit aucune oblation ny sacrifice à Bérécinthie, cette idoUe diabolique, par aucun commandement qu'il luy pouroit faire, mais d'authoritté s'il luy estoit permis, d'un maillet il la briseroit devant tous et la mettroit en pièces.
Héraclius le persuadant de douces parolles à se divertir de sa folle opinion luy disant : « Silvien, que tu ferois mieux et plus heureusement pour toi et tes parens, de te sousmettre à l'obéissance et sacrifice des dieux immortels; et si ainsy le veux faire et te détourner de ta folle opinion, je t'assure de te faire émunérer du trésor publicq et te retenir en mon service au splendide état de noblesse de chevallier. * A quoy ce bon saint d'un courage et ardiesse pro
cèdent de la vertu divine, fit cette réponse : < Héraclius. que tes dons et présens sont fardés, et tes propos délibérés et entremeslles de douceur de miel sous lequel est le venin mortel caché. Tu cuiddes et estimes gagner les pensées des Romains par tes beaux sermons d^adulation ; je ne suis de ceux là qui se légièrement laissent envelopper en tes falasses, car ma pensée ne se changera jamais de souffrir me imposer autre nom plus salutaire que de chrestien et faire autre adoration et sacrifice que à Dieul seul, esternel, créateur du ciel et de la terre, et que ses idolles à qui tu me persuades faire oblation, ne sont que mallins esprits qui n'ont aucune puissance, en Terreur desquels tu es abusé et abuse les autres. » Héraclius, oyant ces propos, indigné de grande fureur et de la honte qu'il recevait en publiq, proféra cette mortelle sentance contre le saint et juste adolessant Silvien, en disant : < Tu es coupable du crisme de la haute-majesté, qui publiquement as refusé de sacrifier à nos dieux, commettant sacrilège ei transgression des cérémonies et institutions publiques observées et gardées aux sacrifices de nos dieux, pour la réparation de laquelle offence la loy de la haute-majesté impérialle commande qu'incontinent tu sois frappé de glaive et la teste séparée de ton corps. »
Cette sautance fut prononcée publiquement, et ordonné qu'un bourreau la mettroit à exécution , lequel ayant pris et saisy au corps ce jeune adolessant luy liant les mains de cordes comme une brebis simple estant entre les mains d'un bouchier ayant le cousteau à la main pour la tuer, le tira à un lieu de supplice, outre un mur estans aux champs communs, et ainsy les yeux bandés, mis et prosterné à genoux, eslevant la face envers le ciel, le saint martyr proféra telle ou semblable oraison :
€ Créateur de toutes créatures, roy des anges, dominateur des choses célestes et terrestres, qui as permis, par ta providence remplie de miséricorde et infinie bonté, de qui ton seul et unique fils Jésus-Christ ait été en ce misérable monde, pris, démoqué, baptu, flagellé et persécutté de tant de divers tourmens et finalement souffert
la deroière destresse de la mort sur une croix, eslevée et plantée en une montagne à la veue de tous ses adveraaîreB pour rachepter les pauvres créatures destinées aux iarernabtes peyDes éternellement par la transgression de nos premiers parents faitte contre son saint et divin commandedément, à la persuasion d'un diabolique serpent, qui les déceupt, le méritte desquelles passions et sanguinolentes iluctions de la sainte et sacrée humanité de ton benist enfant Jésus nous a depuis lavés et purgés de cette tant grande offence et mis a pleyne délivrance hors de la puissance infernalle et nous a faits consorts et participans de ton royaume céleste, gardans et observans tes justes et saints commandements et vivana selon sa loy évangélique qu'il nous a délaissée, recevant le lavement du sacrement du baptesme. Tu as aussy défendut, 6 Dieu éternel ! par exprès commandement à nos anciens pères de ne adorer et faire aucun sacrifice que à toy seul, qui as toute puissance, et touttes choses sont en ton obéissance et gouvernement, et, ainsy que en tous ces hauts et salutaires enseignements, j'ay esté instruit par ma mère et autres mes parens vivana sous la loi que depuis y ont estes enseignés par les saintes prédications de ton bon dissiple Martial, estant venut en ce terroir, et en touttes ces choses je te suis fidèlte et te crois fermement, je te suplie, mon Dieu ! qui as permis de profonds respets de ta déïté m'estre transporté en ce lieu pour soustenir ta loy et avoir rejette l'adoration et sacrifices de ses idolles et esprits diaboliques, dont je suis condamné à souffrir aujourd'huy; je te prie qu'il te plaise par l'amplitude des ruisseaux de ta grasse et abondante miséricorde, et aussy par les mérites ^ ces tant douloureuses et austères passions qu'a enduré ton doux enfant Jésus, notre rédempteur, recevoir mon ame en ta céleste région et la colloquer en ta société de ses bénis saints martirs et consoUer ma piloiable mère en ses tristes afflictions et la confirmer et tous mes autres parents de la secte chrestienne, constamment en ta sainte loy, et que mon martire que je vais a présant souffrir puisse porter salutaire profât aux assistants et à ces pauvres payens enveloupés et couvers des umbrage» d'infidélitté. * 3
34 CHRONIQUE D'eVRARD.
Ayant achevé son oraison, sa désolée mère, Silvie du Mur, resplendissant d'une magnanime vertu, esmue d'une merveilleuse pitié, les larmes décolantes continuellement de ses yeux, par sa face vénérable, le cœur lui battant et touttes ses entifailles esmues dans son corps par un assault merveilleux, voyant le boureau tenir d^une main une reluisante et tranchante épée, et Fautre main mettant sur la teste de son jeune et tendre enfant, les yeux couvers et bendés, estendant son col blanc et deliguat, profera d'une triste et lamentable A'oix pleyne de gros soupirs ces mots :
ce mon doux et bénin enfant, mon fils, mon fils, ma chère nourriture, prends courage et constance à cet heure, aye ta pensée tournée envers Dieu ! ne crains et redoute, par ta tendre jeunesse, le furebond et mortel coupt de cette espée tranchante. Je te prie, mon cher fils, que ton esprit domine ta tendre chaire, et ne sois rebelle à Tassault de la mort qui t'est préparé, car tu es assé certain que la mort est certaine à tous, et par cela ne la fault craindre et redoubter, car sans icelle l'àme immortelle ne peut parvenir à la gloire pardurable, et ce jour d'huy , la vie ne te peut être tollue parcequ'elle seramuée en une meilleure et plus assurée. *
Oïant le bon enfant les consolations et exortances tant salutaires de sa piteuse mère, reçu d'unt grand désir le coupt mortel du bourreau qui^ ayant fait tumber la teste à terre, bailla un coupt de pied au saint corps qui encorre estoit à genoux les mains jointes.
Lors les anges, chantans en l'air, rapvirent l'àme qui fut par eux présentée au throsne divin, pour y habiter éternel* lement en toutes consolations et joie. Le sang du saint corps découlant par ruisseaux parmy la terre et du saint chief, a cette veue sa désolée mère tumbant à terre pasmée, laquelle après ses douloureuses complaintes fut conduitte et menée hors du lieu, par ses amis. A l'exécution cruelle de ce saint adolessant Silvien, ayant reçu la couronne du martire si constantement le thiers jour des ides du mois d'octobre (1),
(1) Le Propre da Bréviaire dit : Extremum subiii êupplicium decimosepUmo kaUndas novemtris. Le 17 des calendes de novembre (16 octobre) est le lendemain des ides d'octobre.
CHRONIQUE d'eVRARD. 35
assistoit une mullitude de peuple, tant payens que chrestiens, et plusieurs chevailliers romains sous la charge de Héraclius, dont le nombre de quarante d'iceux chevailliers, ayant contemplé la sainteté de ce saint martir et ouy les voies des anges se réjoissans en Tair, portant son âme au céleste palais, rejettèrent soubdaynement leur fauce loy païenne, se déclarans chrestiens. furent incontinent après avoir esté interrogés, constantementetvirillementpercisté en leur bon propos et ferme foy, furent finablement condamnés à souffrir mesme suplice et par ledit exécuteur décolés, recevant martire en la foy chrestienne, lavés et baptisés de leur propre sangt, leurs âmes reçeues par les anges et conduites ez éternelles consolations. Les corps et chief du bénit saint Silvien, sur les umbrages de la nuit subséquente furent secretteitient pris par aucuns hommes de la religion chrestienne et ensevelis honorablement en une petite celule ou caverne estant illec près et jokte une fontaine, aux champs communs. Bientost après sa mort, la sainteté de sa vie fut manifestée, par vertu divine plusieurs miracles furent faits et démonstrés à. la sainte guérisdn de plusieurs malades, dont il fust reçu de gens de ce temps en très grand honneur.
Sa vie sainte nous a enseigné la voie salutaire que nous devons tenir pour trouver la miséricorde divine et heureuse entrée de la plénitude de tous vœux. Voilà les jestés de la salutaire vie de saint Silvien ou de Silvain, selon qu'U est trouvé par sa légende au sanctoral de Téglise catholique de Rome.
Nos antiens pères, originaires de notre ville, sont demourés en un dobte balancé. d'ambiguités sur la certitude ou incertitude du lieu du martire^ suplice et' sépulture de ce glorieux saint Silvien, notre patron, par là trop grande diseontinuation des années de ce temps, qui ont aboly la mémoire, par plusieurs sinistres adventures qui ontempesché la vérité d*estre sue; touttes fois ils se sont obstinés en leur opinion, tant pour raison du raport à eux fait par leurs antécesseurs, de lignée en lignée successivement, que aussy pour avoir vu les écritures antiennes, ils ont tretous jugé
36 CBKOXKfCE t'CVKJiED.
que les lien de «m martinp et sépQhine s«t as lemir de OftAre rille, en an lieu apelé ralgaimiftent BugnoolU qui e»l joignaot les rpînes de la Tîeîlie rille, que rearritiire omouie riens Agedoog, et qoi estoit où â présent est ce petit village nommé Aricrfe, distant de noire n^Dorelle vflle d'e n r if on on jet de pierre, auprès d*on beao «K^loire dédié i sMrte Catherine, comme noos avons en antres lienx pfem amplement dmtript ; et pour bailler solut»» de Targument toochant ee qoe sa légende fait mention, qo*il fut jugé à Limoges par Héraclios, ce qoe peut être TrajsemUahie, mais qoe en ce temps là M comme encorre de présant Ton le Toit faire en plusieurs lieu) quand il y afoit quelque personnage insigne et extrait de noblesse et de qudqoe 'prosopie antienne jugé par aucuns crimes à mort, Ton le faisoit transporter an Meu originaire de sa naissance, pour illec faire l'exécution en la pré se nce de nn paréos par renétflttenr de la haute j n stice , accompagné de sergens et autres ^ens en armes pour tenir la main forte, adon ses crismas et maléfices, ce que nous pouvons inférer de notre saint SilTien, car ayant été certioré Hémdins de la généalogie et noUe prosopie de sa parenté et Iqjnage, après sa neoteoce donnée, commanda Texécution tttre faitte au lieu de m gtnéiaii an^ nt ponr se faire^ le fit conduire jusques à notre viUe par |;enn «n aimes , où sa mère se trouva parce que son père estoit desjà mort, comme dit est; car sa léf<ende ne lait aucune mention que sa dite mère se transporta audit Limoges aus luy. Joint que pour ce jourd'huy il ne se trouve aucun enseigne ny marque auprès dudit Limoges du lieu dudit martîre, ny de ladite fontaine, ni sépulchre ou cellule ; mais au contraire, au terroir de notre ditte ville, près le dit village Ariola et loratoire de Sainte Catherine, il y a des champs publiqs et communs en notre dite ville et illec près dans un pré, une belle fontaine d'eaue vive décourant & grand source, et. dans le dit pré y avoit autrefois une caverne faite en forme d*une petite chapelle youltée, et de mon temps Ton a trouvé Taparence de ruines qui estoient près ladite fontaine et que bien que près du lieu a une abaye de gens de religion de Tordre de Saint
ATWTC^^::'
BenoiBt, fort antique qui peut être érigée de ce temps là, parce qu'il est fait mention que aucuns vivans religieusement lUec près, sur la nuit, encevelirent son corps en une petite celule près une fontaine aux champs publiqs (1), qui sont touttes enseignes pour juger indifferament que c'est le propre lieu de son martire et de sa sépulture, suivant le teste de sa légende, et aussy d'autant qu'il fait mention qu'il fut mené hors un mur, parlant en nombre singulier, qui pouvoit être à l'entrée de ce bourgt ou rue appellée vieux Ageduny, qui avoit une porte pour sortir aux champs publiqs, car n'est vraysemblable qu'il y eut muraille tout autour; possible que les rangt des maisons faisoient clousture; et aussy n'en fait mention ladite histoire, si ce eut été murailles de cloustures entières elle heut fait mention en plurier nombre de murailles et non en singulier, joint qu'il s'est trouvé en notre ville aucuns vieux livres écrits à la main; car alhors les moles n'estoient pas encorre inventés, faisant mention de la légende et histoire de Saint Silvain martir et au lieu qu'il fait mention de son suplice en ces mots : juxta fontem Baignaudy^ parceque cete fontaine est nommée vulgairement la fontaine Baignaud.
Je ne vois si aucuns y ont adjouté ce mot par curiositté, et c'est tout ce que j'ay exactement peu cueillir et assembler de touttes vieilles histoyres quand à îa vie et gestes de ce bienheureux saint, qui se passent assé légèrement quand à la description des lieux du martire et sépulture, et ne s'en peut rien trouver par certaines preuves, combien que aucuns anciens de notre ville disoyent que sa sépulture estoit à quelque distance du pied du lieu où vouloit être antiennement ce grand vas de pierre qui est en notre église ordonné pour recevoir Teau lustralle.
Aucuns autres disoient avoir veu dans notre ditte église en un grand tombeau de pierre que Ton avoit ouvert pour
(i) Geax qni eosevelirenî le corps de saint Sylvain ne peuvent pas être les religieux du Moutier-d'Ahun, vu que cette abbaye n*a été fondée qu*en 077, par Bozon, comte de la Marche.
mettre quelque corps d'un trépassé, aucuns ossemens d'un corps saint, plies en drapts de soye que Ton ne voulut toucher, ains fut le sépnlchre de rechief clos. Toutes ces choses me semblent être songières et tenues pour fables, car il ne s'en trouve aucun enseignement par écrit ny autre témoignage certain.
Pendant que je préméditois à poursuivre la traduction de rbistoire de Saint Silvain, un pauvre misérable pourtant ce nom estoit sur un théâtre au milieu de la place de notre ville, tenut par deux boureaux, par ses démérites, pour le rompre et mettre sur une roue, et voiant tel spectacle tragique et piteux, esmeu de compassion de ce pauvre patient, fis ma prière instantanément (1) à ce bénit Saint Silvain estre son intercesseur envers Dieu pour luy faire secours à -ses tourments et iceux alléger et (inallement consoler son àme éternellement.